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100e jour

Une marée humaine à Montréal

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Plusieurs dizaines de milliers de manifestants ont défilé pacifiquement dans les rues de Montréal, mardi après-midi, afin de dénoncer la hausse des droits de scolarité ainsi que l’adoption de la loi 78 à l’occasion du 100e jour de la grève étudiante.

Selon les estimations de l’Agence QMI, ils étaient environ 150 000 manifestants à prendre part à ce grand rassemblement, qui a commencé à la Place des Festivals vers 14h.

Peu avant 15h, la Coalition large de l’Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE) a donné le coup d’envoi de la manifestation nationale en ne respectant pas le trajet établi par la FECQ et la FEUQ.

La CLASSE a d’abord guidé une partie de la foule sur la rue Jeanne-Mance pour ensuite tourner sur la rue Sherbrooke en direction ouest alors que le trajet initial prévoyait une marche vers l'Est. Plusieurs manifestants ont finalement décidé d’emboîter le pas au premier groupe et de se diriger vers l’ouest dans une ambiance festive et familiale.

Malgré le non-respect du parcours, le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a décidé de tolérer cette manifestation puisqu’aucun méfait n’a été commis.

Une seconde marche a toutefois été entamée quelques instants plus tard et a respecté le trajet prévu au départ selon le porte-parole de la police de Montréal, Ian Lafrenière.

Après avoir marché dans le calme durant près de deux heures, les deux principaux groupes ont commencé à affluer au parc Lafontaine vers 17h, soit le point de rencontre final de la marche.

Quelques méfaits commis

À la même heure, un troisième groupe d’environ 500 personnes, qui a dès le départ décidé de ne pas suivre les deux autres marches et d’emprunter un parcours différent, approchait de la queue de la manifestation principale. Plus tôt, vers 16h30, cette marche marginale, à laquelle plusieurs personnes masquées et vêtues de noir prenaient part, a cependant été déclarée illégale notamment en raison de projectiles lancés aux policiers.

La marche s’est poursuivie malgré tout et les vitrines de trois banques ont été fracassées à l’intersection des rues Sainte-Catherine et Bishop ainsi que du boulevard De Maisonneuve et de la rue Stanley. Des méfaits ont également été commis sur des voitures de police.

La pluie s’est mise de la partie peu avant 18h. Au même moment, plusieurs personnes ont commencé à quitter le parc Lafontaine, où des discours étaient prononcés. Un groupe composé de plusieurs centaines de personnes a toutefois repris une marche à partir du parc Lafontaine.

Peu après 19h30, ces mêmes manifestants ont tenté d’emprunter le pont Jacques-Cartier à partir de l’avenue De Lorimier. Après quelques avis de dispersion donnés aux quelque 600 manifestants présents, la manifestation a été déclarée illégale. La plupart des marcheurs se sont finalement dirigés vers la place Émilie-Gamelin afin de prendre part à la 29e manifestation nocturne en autant de soirs.

Évidemment, les différents trajets entrepris par les manifestants mardi ont créé une certaine confusion dans le centre-ville de Montréal. Bien que le bilan de cette journée de manifestation soit majoritairement positif, le porte-parole du SPVM a déploré le fait que certains groupes aient décidé de ne pas suivre l’itinéraire prévu « surtout pour les citoyens et les automobilistes qui ont été pris dans tout ça », a-t-il indiqué.

La CLASSE désobéit

Contrairement à la FECQ et la FEUQ, la CLASSE avait décidé de ne pas remettre son itinéraire aux autorités avant le début de la marche, symbole de désobéissance face à la loi 78.

«Le geste que posent ces dizaines de milliers de personnes aujourd’hui, c’est un geste collectif, un geste massif de désobéissance civile», a soutenu le coporte-parole de la CLASSE Gabriel Nadeau-Dubois, lors d’un point de presse tenu au début de l’événement.

«On déplore que le gouvernement Charest ait choisi la voie de la répression plutôt que celle de la négociation, a pour sa part affirmé le président de la FECQ, Léo Bureau-Blouin. [...] Le gouvernement est en train de reconnaître lui-même que sa loi, elle va trop loin.»

Outre les trois grandes associations étudiantes, plusieurs grandes centrales syndicales, divers mouvements sociaux et des groupes communautaires ont pris part à l’événement.

 

 

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