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Gilbert Rozon refuse de se taire

Gilbert Rozon refuse de se taire
Photo d’Archives Malgré les attaques, Gilbert Rozon reste serein : « Ça ne m’empêchera pas de dormir, dit-il. On ne peut pas plaire à tout le monde. »

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Même s’il a été victime de menaces et d’insultes sur Twitter et qu’il craint un boycott du Festival Juste pour rire, Gilbert Rozon refuse de se taire et continue de défendre la Loi 78, les hausses de frais de scolarité et la classe politique.

Ce qui semblait au départ, un sain échange d’opinions a viré à la folie furieuse sur Twitter pour Gilbert Rozon, alors qu’il prenait depuis deux jours position en faveur de la Loi 78 et la hausse des frais de scolarité. En tentant d’expliquer son point de vue, il s’est fait traiter de tous les noms et accusé de malhonnêteté.

« Beaucoup de gens de grande notoriété prennent la parole sur les réseaux sociaux, alors que le commun des mortels se tait, dit-il. Moi, j’ai seulement dit que je pensais autrement. J’ai simplement posé la question, levé la main, parce que je ne veux pas mourir idiot. »

Insultes

Au fil des Tweet Gilbert Rozon est toutefois devenu malgré lui le porte-parole d’une minorité silencieuse et le grand patron de Juste pour rire a reçu beaucoup d’appuis et de « merci ». Mais il a aussi reçu une tonne d’insultes personnelles et certains ont menacé de boycotter le prochain Festival Juste pour rire.

« C’est certain que ces menaces de boycott me préoccupent, mais que puis-je faire ? se questionne Gilbert Rozon, déçu. Je ferais mieux de me taire ? De me ranger dans le rang ? De quoi on parle au juste ? Parce que Gilbert Rozon, comme homme, exprime son sentiment, alors que des milliers de jeunes expriment le leur dans la rue, on voudrait boycotter le Festival Juste pour rire ? »

S’habituer à débattre

Certains ont aussi dit que Gilbert Rozon prenait la part du gouvernement Charest, par intérêts économiques, en raison des subventions.

« Si j’avais des intérêts économiques, je me tairais, assure-t-il. Je m’exprime quand je pense que c’est important d’apporter mon jugement citoyen. Je l’ai déjà fait pour l’administration Tremblay et je le fais même si on n’est pas tous d’accord dans ma famille et dans la boîte Juste pour rire. Ce n’est pas dans ma nature de me taire.

« On me fait un procès d’intention, mais je ne suis pourtant pas un pantin. J’ai montré depuis longtemps que je n’ai pas la langue de bois. Ce n’est pas normal qu’on me condamne parce que je m’exprime. On doit comme société s’habituer à débattre, sans aucune attaque personnelle. »

Démocratie

Gilbert Rozon dit qu’il serait le premier à se battre pour la démocratie, si elle ne nous était pas déjà acquise.

« Si on évoque la démocratie, il faut la respecter, dit-il. Si on veut contester les décisions prises par le gouvernement, si le but est d’écraser le gouvernement, de le mettre à la porte, de faire la séparation, dites-le haut et fort, précise-t-il. Il y a les élections pour ça.

« Mais si on parle de frais de scolarité, est-ce justifié d’être depuis cent jours dans la rue, d’empêcher les étudiants de faire leurs cours, d’être violents. Cherchons des solutions dans une négo. »

Se taire

Gilbert Rozon déplore le manque d’éthique et de bienséance en ce qui concerne le droit de parole, lui qui sur Twitter est resté poli. Il croit que les insultes surviennent quand les gens sont à court d’arguments.

« En France, dit-il, j’ai souvent des débats sérieux avec les gens. On s’engueule, on s’obstine et après on va prendre un verre ensemble.

« Ici, c’est drôlement tentant de se taire, dit-il. On est en train de faire une société qui a peur de se prononcer. J’ai le respect de ceux qui manifestent pacifiquement, mais j’ai un vrai problème avec la violence. La violence n’est pas un argument.

Quant à Jean Charest qu’il défend, comme toute la classe politique d’ailleurs, Gilbert Rozon leur lève son chapeau.

« Ces gens-là consacrent leur vie à leur pays, pour des salaires de misère, dit-il. On ne peut pas tous les mettre dans le même paquet. Il y a sans doute deux trois bandits, et on arrêtera les coupables. Mais grâce à Dieu, il y a aussi beaucoup de gens honnêtes. »

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