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Francofolies | Conflit étudiant

On fait confiance aux jeunes

Un premier test pour festival au centre-ville en pleine crise

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Les organisateurs des FrancoFolies, qui débuteront dans un peu plus de deux semaines, ont bon espoir que les manifestants laisseront le festival tranquille, en plein centre-ville montréalais. « Les FrancoFolies sont apolitiques et justement destinées d’abord et avant tout aux jeunes », dit Alain Simard, président et fondateur de l’événement.

C’est au Métropolis que se déroulait, hier, la traditionnelle conférence de presse annonçant la programmation extérieure des FrancoFolies. Le moment était pourtant drôlement choisi, puisqu’à l’extérieur, des dizaines de milliers de personnes prenaient part à la marche contre la loi 78.

Un festival pour les jeunes

Malgré le climat inhabituel dans lequel la métropole est plongée depuis des semaines et le fait que les FrancoFolies seront inévitablement perturbées si le conflit étudiant ne se termine pas d’ici le 7 juin, l’organisation du festival n’a aucunement voulu montrer de signes d’inquiétude, hier.

« On n’est pas inquiet pour les FrancoFolies, parce que ça fait 25 ans qu’on présente des centaines de spectacles gratuits ouverts à toutes les générations, toutes les races, toutes les religions, dit Alain Simard. On a donné des dizaines de milliers d’emplois à des étudiants et à des artistes. Je fais confiance au bon jugement des gens. Les FrancoFolies sont destinées d’abord et avant tout aux jeunes. Ils se sont appropriés le festival et vont venir fêter avec nous, j’en suis certain. »

Le lieu d’une trêve

Aussi derrière l’organisation du Festival de jazz, Alain Simard indique avoir vécu plusieurs crises sociales durant les 35 ans de l’événement. « Il y a eu le front commun des syndicats et une autre grève étudiante. Mais un festival, c’est un peu un lieu d’une trêve, c’est un lieu où l’on met de côté tous les préjugés raciaux ou politiques. Ça a toujours été respecté par les syndicats qui n’ont pas voulu prendre en otage le Festival de jazz parce que c’est un symbole. Et je pense que les FrancoFolies le sont encore plus, surtout au niveau des étudiants. C’est encore plus leur festival. »

Ainsi donc, aucun « plan d’attaque » n’a été envisagé pour changer quoi que ce soit à la sécurité de l’événement, par rapport aux années précédentes. « La sécurité est assurée par des étudiants... », dit Alain Simard, en souriant.

Au niveau des artistes, quelques-uns arboraient le carré rouge lors de la conférence d’hier. Laurent Saulnier, vice-président à la programmation, indique qu’aucune directive n’a jamais été donnée aux artistes par rapport à ce qu’ils devaient dire, ou non, sur scène.

« On ne leur a jamais dit quoi chanter, quoi porter ou comment se chausser. La scène appartient aux artistes. Rendus là, ils font ce qu’ils veulent. C’est important. Ils ont le droit de dire et de faire ce qu’ils veulent. »

Sortir du placard

Un groupe qui pourrait mettre le feu aux poudres durant les FrancoFolies est sans contredit Loco Locass, avec son hymne indémodable, Libérez-nous des libéraux. Et c’est exactement ce que souhaitent Biz, Batlam et Chafiik.

« Nous, c’est ce qu’on espère depuis 10 ans, que ça brasse quand on chante cette chanson-là, dit Biz. Dans le fond, cette pièce est un échec complet. Mais c’est une vieille toune qui, à la lumière des récents événements, prend encore du sens. »

« Je pense que cet été, grâce au festival, ça va être la chance pour les artistes de sortir du placard, ajoute Batlam. Le silence des artistes a trop duré. Le contexte est donné pour que les gens prennent la parole et disent où ils se situent dans ce contexte-là. Je ne pense pas que ça va provoquer des perturbations. Je pense que ça va être un été sous le signe du discours, de la solidarité sociale et québécoise. »

« Si ça brasse, c’est parce que les gens vont avoir du plaisir. Nos spectacles sont par essence « manifestifs ». On a toujours appelé les gens à fêter et revendiquer avec le sourire », conclut Biz.


► Les FrancoFolies se tiendront du 7 au 16 juin. Pour la programmation complète : www.francofolies.com.

«
Je ne vois pas d’aucune façon pourquoi les gens voudraient prendre en otage les Francofolies. C’est une manifestation en soi... culturelle. »
– Alain Simard, président
«
ça m’étonnerait qu’il y ait des perturbations estudiantines pendant les francos, parce qu’en général, les gens qui sont pour une justice sociale et la liberté d’expression sont aussi pour la promotion de la langue française en Amérique. »
– Chafiik, Loco Locass

La programmation extérieure dévoilée
C’est à Pierre Lapointe que l’on a offert le grand spectacle d’ouverture extérieur de ces 24es FrancoFolies. La soirée, qui débutera à 18h le 7 juin, mettra aussi en scène Daran, Dionysos et Les Revenants.
Le groupe Kaïn fêtera ses 10 ans en grand, le 10 juin, avec des amis artistes comme Sébastien Plante (Les Respectables), Marc Déry et Bourbon Gautier.
Les autres spectacles-événements gratuits comprennent Diane Tell et invités (8 juin), Groovy Aardvark (9 juin), Collectif Métissé (11 juin), La grande fête multiculturelle, avec Bratsch (12 juin), Robert Charlebois (13 juin), Plume Latraverse (14 juin), Loco Locass (15 juin) et Malajube (16 juin).
En plus des artistes de la relève (Les Sœurs Boulay, Grenadine, Éli et Papillon), les Francos présenteront des artistes établis tels Kevin Parent, Jérôme Minière et Laurence Jalbert.
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