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Sa maison sur l’eau incendiée

Un infirmier montréalais avait élu domicile sur le fleuve pour un deuxième été consécutif

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C’en est fini du mode de vie peu orthodoxe d’un infirmier qui avait installé sa demeure sur le fleuve Saint-Laurent, depuis qu’elle a été la proie des flammes.

« Je cherchais un endroit où être libre, un endroit pour respirer un peu », explique Christian Collard.

Pour un deuxième été, cet infirmier de Montréal a amarré dans les eaux du fleuve le bateau qui lui sert de maison pendant la belle saison.

Il habitait l’embarcation jusqu’à ce qu’un incendie vraisemblablement accidentel s’y déclare, lundi.

Le feu n’a laissé de sa maison qu’une carcasse au large de l’arrondissement Rivières-des-Prairies-Pointe-aux-Trembles, qui depuis a été remorquée.

Projet de vie

Absent lors du feu, M. Collard, 48 ans, est donc de retour dans son condo de Rosemont, mais il est toujours aussi épris de la vie qu’il menait sur les eaux du Saint-Laurent.

« Je voulais le rénover petit à petit pour que je puisse l’habiter pour de bon pendant les quatre saisons », indique-t-il, soulignant qu’il avait déjà entamé de transformer le bateau.

« C’est triste, je ne vais pas mener à terme mon projet de vie. »

Il n’a toutefois pas l’intention de retenter l’expérience. « Je n’en ai pas les moyens », regrette-t-il amèrement. Le bateau, d’une valeur de 35 000 $ selon ses dires, n’était pas assuré.

Si les charmes de ce mode de vie l’ont séduit, M. Collard convient qu’il n’est pas exempt de désagréments.

« Je devais ramener à terre tous mes déchets et mes excréments en traversant l’eau dans une barque », avoue-t-il. Pas question de les jeter par-dessus bord, assure-t-il.

Il changeait également d’habits avant de se rendre au boulot. « Je ne veux pas que les gens croient que je suis loufoque », laisse tomber l’infirmier.

Il souhaiterait que d’autres amants de la nature prennent la relève. « Je voudrais susciter une nouvelle forme de vie, rêve-t-il. Je vois des quartiers sur l’eau. »

« On est débarrassé »

La présence et le style de vie de M. Collard étaient loin de faire l’unanimité chez les riverains. Quelques « prises de bec » étaient d’ailleurs survenues l’été dernier.

« On est débarrassé. Pour nous c’était une nuisance », soupire Maurice Vanier, secrétaire trésorier de l’Association des riverains du Vieux Pointe-aux-Trembles.

Selon lui, il est injuste que M. Collard habite l’endroit sans payer de taxes au même titre que les autres. Sa présence soulève aussi des questions environnementales, poursuit-il.

« Itinérants marins »

« Mais on est dans une espèce de vide juridique. Rien ne dit qu’il (M. Collard) n’a pas le droit d’être là, déplore M. Vanier. Et on ne veut pas qu’il laisse un précédent ».

Le riverain craint que d’autres « itinérants marins » de la sorte viennent jeter l’ancre dans la baie.

« Ce chalet flottant, ce n’est pas quelque chose de particulièrement agréable dans un décor semblable », ajoute un autre voisin.

Il en a contre le « va-et-vient incessant » que causait M. Collard.

Vide réglementaire

En effet, rien n’empêche un individu d’établir sa résidence sur les eaux du fleuve de cette manière, confirme le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM).

Si vide il y a quant à la législation entourant ce style de vie hors normes, il en va de même quand vient le temps de déterminer qui enquête sur l’incident.

Ainsi, ni le Service de sécurité incendie de Montréal, ni le SPVM, ni la Sûreté du Québec, ni la Garde côtière, ni le Bureau de la sécurité du transport n’examinent les causes éventuelles du feu.

 

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