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Frappé en plein visage

Frappé en plein visage
Photo courtoisie Alexis Painchaud dit avoir été pris en souricière lors d’une manifestation pour dénoncer la loi 78.

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Alexis Painchaud garde un douloureux souvenir de sa première manifestation nocturne, la semaine dernière : douze points de suture et un nez cassé par une matraque.

Le jeune homme de 16 ans avait décidé de prendre la rue après l’annonce du dépôt d’un projet de loi spéciale.

« J’ai décidé de me rendre sur place à la manif de 23 h parce que je trouvais que ça n’avait pas d’allure », explique Alexis.

Tout allait bien au début, raconte-t-il, jusqu’à ce qu’un groupe d’individus, masqués et drapeau noir au poing, commence à fracasser des vitrines.

C’est alors que le groupe d’intervention du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) est intervenu. Selon le jeune homme, ils ont scindé la marche en deux et il s’est retrouvé à la queue du premier segment.

« Ils nous escortaient vers la Place du Canada, dit-il. La manif était illégale, alors c’était fini. Je me suis retourné pour voir ce qui se passait, et le GI (Groupe d’intervention) était rendu à moins de trois mètres de moi. »

Tentant d’éviter la charge, Alexis a tout de même reçu un coup de matraque directement au visage. Le sang s’est mis à couler.

« Inconcevable »

« J’avais mal, mais je criais pour autre chose, je n’en revenais juste pas de m’être fait frapper par un policier alors que je ne faisais absolument rien, c’était inconcevable pour moi », dénonce-t-il.

Après avoir été maîtrisé au sol, il est monté dans une ambulance qui l’a laissé à la porte de l’hôpital. Là, sa plaie a été refermée par douze points de suture.

« J’avais confiance dans les policiers de ma ville, mais maintenant, quand je vois le groupe d’intervention, une petite bouffée de stress monte en moi », avoue Alexis. Il déplore que les interventions ne soient pas ciblées uniquement sur le « groupe d’une vingtaine de personnes qui rendent la manif illégale et que le reste des gens en subissent les conséquences ».

Le commandant Ian Lafrenière, du SPVM, a commenté brièvement, hier. « On n’est pas infaillible, cependant il existe la déontologie policière. »

Avec la collaboration de Cynthia Laflamme