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L’heure de la réconciliation

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Les négociations reprennent vraisemblablement lundi entre les associations étudiantes et le gouvernement en vue de dénouer l’impasse.

C’est bien beau chialer (certains d’entre nous en faisons même une profession), mais il faudra très bientôt en arriver à une solution en vue de retrouver la quiétude.

L’enjeu dépasse désormais la simple question des droits de scolarité. Depuis les dernières concessions faites par le gouvernement sur les prêts et bourses, il serait en effet gênant de prétendre le contraire. Le fiscaliste Luc Godbout a démontré noir sur blanc que les étudiants dont les parents gagnent moins de 70 000 $ par année auront plus d’argent dans leurs poches après la hausse qu’avant. La gauche québécoise ne fait certes pas tout ce tapage présentement juste par compassion pour les mieux nantis.

SOURCE DU MAL

Le véritable malaise se trouve ailleurs.

La semaine dernière, le président de la Fédération étudiante collégiale du Québec, Léo Bureau-Blouin, résumait bien le sentiment qui en habite plusieurs : « On n’a pas la chance du baby-boom d’être démographiquement ou électoralement payant. Donc on est une génération qui se sent oppressée au jour le jour. On sait regarder dans l’avenir. On sait que c’est nous qui devrons assumer les caisses de retraite. Qui devrons assumer les fiascos environnementaux. Qui devrons assumer la dette publique du Québec qui est croissante. Et je pense que ce qu’on veut démontrer aujourd’hui et qu’on va continuer de démontrer, c’est qu’on ne peut pas nous faire payer toute la facture des générations précédentes. »

SORTIE DE CRISE

Cette frustration légitime d’être gouverné par une gérontocratie égoïste doit maintenant être canalisée. Il faut l’inviter à la table des négos.

Il sera évidemment impossible d’en arriver à une entente avec les anarcho-communistes en quête de révolution.

Ceux qui se croient cependant investis de la mission de représenter tous les jeunes feraient œuvre utile s’ils réussissent à imposer une réflexion à nos élus sur l’iniquité dont ils sont victimes.

Ils uniraient ainsi l’ensemble des moins de 40 ans, travailleurs comme étudiants, universitaires comme cégepiens en technique, X, Y et Z, de gauche à droite.

SO-SO-SO SOLIDARITÉ INTERGÉNÉRATIONNELLE!

Le première étape en vue de faire avancer la cause de cette génération serait d’abord d’obtenir l’engagement du gouvernement de reconnaître et de chiffrer officiellement l’injustice dont ils sont victimes. Des caisses de retraite au système de santé, en passant par la pollution environnementale ou la dette publique. Combien, en moyenne, va devoir payer en trop chaque jeune québécois pour renflouer les irresponsables décisions prises par le passé?

Travaillons à mesurer le fardeau que s’apprêtent à pelleter les baby-boomers sur le dos de leurs enfants et de leurs petits-enfants et explorons les mesures qui peuvent amenuiser ce lourd transfert.

À la veille d’une élection, cette admission gouvernementale aurait le mérite de forcer tous les partis politiques à mettre cartes sur table pour expliquer comment ils comptent faire pour rebâtir les ponts entre les générations.

Léo, Martine et Gabriel, débarrassez-vous de la main syndical qui tente de vous manipuler et négociez plutôt un élément tangible de développement durable pour le Québec.

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