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Tornade | Mirabel

Mariage dans les ruines

Même si la tornade a soufflé leur église, Lydia et Étienne veulent s’y marier

Mariage dans les ruines
Photo courtoisie La petite église anglicane humble et modeste, attrait historique de la région, a été soufflée par la tornade de vendredi soir.

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La tornade a éventré son église de rêve, à douze jours de son mariage avec Étienne. L’orgue est enseveli sous les décombres du toit et il ne reste qu’un mur. Qu’importe, Lydia caresse une idée un peu folle, un peu romantique : se marier au milieu des ruines.

«Je me suis réveillée ce matin avec cette idée, je vous montre... »

Elle pivote son portable et lance la scène d’ouverture du film La tigre e la neve, de Roberto Benigni.

Un homme, l’air ahuri, s’avance dans l’allée d’une chapelle à ciel ouvert, aux murs ébréchés, pleine à craquer pour son mariage. Il est en caleçons. Tom Waits est au piano. Ce n’est qu’un rêve.

Mais un rêve que Lydia a décidé d’emprunter. « J’ai vu ce film tellement de fois, confie-t-elle. Je me suis dit que je ne voulais pas d’une autre église, que s’il était possible de se marier dans les ruines de cette église, je serais aussi heureuse. »

Sous le choc

Pour ce faire, elle compte sur l’appui du maire de Mirabel, Hubert Meilleur, et sur l’avis d’un inspecteur en bâtiment.

« Le mur restant m’apparaissait solide, mais il faudra s’assurer que c’est sécuritaire », dit l’artiste-peintre.

L’élan d’optimisme qu’elle affichait hier tranchait avec l’abattement de la veille, lorsque sa mère lui a appris la nouvelle.

Sur le coup, elle a éclaté de rire. « C’était inconcevable comme scénario, si près du mariage. Mon principal souci était alors que la robe d’une de mes demoiselles d’honneur enceinte ne lui fasse plus », dit-elle, un large sourire aux lèvres.

Samedi, elle s’est donc rendue sur place, à Saint-Benoît de Mirabel, pour constater les dégâts. De la petite église anglicane dont elle est tombée en amour l’été dernier, de ses murs humbles et blancs et son plafond de plâtre effrité, il ne restait plus grand-chose.

« Je ne savais pas trop quoi faire, j’étais sous le choc. J’ai fait des photos, ça m’a fait du bien, ç’a m’a défoulée.

« C’était un peu le chaos dans ma tête », ajoute-t-elle, en affirmant avoir conscience de ne pas être « la plus à plaindre » parmi les personnes touchées par le passage de la tornade de force F-1, vendredi.

Triste ironie

Tout de même, sa journée de samedi, déjà marquée d’une mauvaise nouvelle, a été ponctuée d’une triste ironie.

« Mes soeurs nous ont traînés au restaurant, moi et Étienne, mon fiancé, pour nous changer les idées », raconte-t-elle.

Le coeur n’y était pas.

Encore moins lorsqu’elle a réalisé que son « bachelorette party » l’y attendait.

« Je suis partie, dit-elle, c’était la cerise sur le sundae. J’ai expliqué à mes soeurs que j’étais désolée, mais que je ne pouvais vraiment pas rester. »

D’ici à son mariage, le 9 juin, Lydia se croise les doigts pour que son scénario rêvé se réalise, n’ayant pas encore de plan B.

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