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Le Sud-Ouest sous l’eau

L’eau a monté dans l’arrondissement du Sud-Ouest, hier. Voici quelques récits de la grande crue.

Le Sud-Ouest sous l’eau
photo agence qmi, SYLVAIN DENIS

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Au Foyer hongrois, sur la rue St-Jacques, l’eau entrait à gros bouillons dans le sous-sol.

«On venait juste de rénover et de peinturer, c’était tout beau», dit Catherine Udvarhelyi, gestionnaire de la résidence pour personnes âgées.

Autour d’elle, le concierge et l’homme à tout faire passent la vadrouille sur le plancher strié de vase et emportent des boîtes pleines de livre. La bibliothèque a aussi écopé.

«Il a fallu jeter tous les tapis», ajoute Mme Udvarhelyi. C’est la troisième fois en huit ans que l’eau s’infiltre dans le foyer, dit-elle.

L’eau a également gagné le hall d’entrée et les ascenseurs. Un seul résident a été inondé.

Mélomane mouillé

Pour cet homme habitant sur la rue Workman, l’inondation sonnait le requiem de sa pièce insonorisée, un petit havre musical «d’au moins 20 000 $» qu’il s’apprêtait à inaugurer.

«Ils étaient en train de faire la finition au moment de l’inondation», laisse-t-il tomber, abattu. L’entreprise responsable de sa construction croit pouvoir la sauver, mais il devra allonger à nouveau quelques billets.

Et son instrument? «Il n’était pas encore arrivé !», répond le musicien, les yeux au ciel, en parlant de son piano à queue.

Messager sans vélo

Des hommes habillés en blanc de la tête aux pieds, un masque collé au visage, sortent d’un logement scellé d’une toile, des objets plein les bras. Ils les empilent sur le gazon, devant le bloc de 46 condos. Tout près, un homme parle au téléphone, l’air débordé et excédé.

«Il est messager à vélo, mais son vélo est dans une pièce qui a été condamnée», explique un de ses voisins, Marc.

Selon lui, le plancher de l’homme a été arraché au complet. Sept autres condos auraient subi le même sort, en totalité ou en partie. Une portion des murs seraient aussi à trancher.

Il ajoute qu’un employé d’une compagnie de nettoyage est venu mercredi matin et a commencé à condamner des pièces qu’il jugeait «contaminée». Au bout du fil, le messager tentait de repenser la logistique de ses livraisons, privé de son outil de travail principal.

«Il est un peu en colère», glisse Marc.

Auto noyée

Au coin de la rue St-Jacques et Richmond, l’eau a gonflé au creux d’un petit vallon. Elle engloutissait les véhicules stationnés jusqu’aux miroirs, dont celui de Pauline Richards.

«C’était impossible de la déplacer, il y avait au moins 1 pied d’eau», dit-elle.

Ce matin, son automobile refusait de coopérer après avoir bu la tasse. L’eau coulait par la portière lorsque la remorqueuse l’a inclinée.

Hier, sa fille écopait l’intérieur du véhicule à la chaudière, comme une chaloupe qui aurait pris l’eau.

Mauvaise surprise

Quand Gilberte Moens est revenue à son appartement situé dans un demi sous-sol hier soir, le drain avait déjà ravalé l’eau.

«Ma première réaction a été de me demander qui avait sali les escaliers comme ça, je me préparais à engueuler quelqu’un !», lance la dame.

C’est une fois dans son logis qu’elle a réalisé que quelque chose clochait. L’épais tapis moelleux était (et est encore) gorgé d’eau, les moulures décollaient du mur et ses souliers, soigneusement rangés dans le garde-robe, étaient déplacés.

«Mon assureur va venir demain seulement, il est débordé, il dit avoir reçu plus de 400 appels», raconte Mme Moens.

Entre-temps, il lui aurait demandé de nettoyer les lieux. «Mais je suis une femme toute seule, comment voulez-vous que je déplace tous ces meubles ?», demande-t-elle, un peu désespérée.

 

 

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