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« Le démembreur »

Chasse à l’homme virtuelle

Le Web pourrait aider les policiers dans leur poursuite contre Luka Rocco Magnotta

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« Qui a vécu par le Web périra par le Web ». La police de Montréal compte beaucoup sur le monde urderground du Net pour l’aider dans sa chasse à l’homme effrénée pour retrouver Luka Rocco Magnotta.

Un océan a beau séparer le psychopathe de ses poursuivants, le Web a la faculté d’abattre les frontières et les distances.

Depuis mercredi, c’est par dizaines que la police de Montréal reçoit des informations d’internautes surtout américains, qui ont été dégoutés par le crime de Magnotta et qui veulent aider la police à le mettre hors d’état de nuire.

« On reçoit beaucoup d’informations de partout. Tout le monde veut collaborer. Jusqu’à maintenant cependant, nous n’avons rien reçu qui nous a permis d’avancer », explique le commandant Ian Lafrenière du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM).

Les photos de Luka Rocco Magnotta circulent déjà partout en France où les médias et la police sont sur un pied d’alerte (voir autre texte).

Si le fugitif a choisi l’Europe dans l’espoir que son image soit moins diffusée qu’en Amérique du Nord, il s’est visiblement trompé.

Le suspect aurait atterri en France dimanche matin. Cinq jours plus tard, il a peut-être déjà quitté ce pays pour un autre, mais les policiers gardent tout de même espoir de le retrouver.

« Ça coûte cher être en cavale et je ne crois pas que ce type ait les moyens de rester en fuite très longtemps », affirme l’ex-policier et chroniqueur du Journal, Robert Poéti.

« Les photos du tueur se propagent partout dans le monde. Le Web l’a glorifié, mais causera aussi sa perte », promet le commandant Ian Lafrenière, selon qui l’envoi d’enquêteurs montréalais en France ne fait pas encore partie des plans.

Mandat d’arrestation

Pendant que la chasse à l’homme se poursuit, un mandat d’arrestation contre Magnotta a été déposé, hier, au palais de justice de Montréal.

Deux accusations apparaissent sur la dénonciation : meurtre au premier degré et outrage à un cadavre. À l’origine, c’était meurtre au second degré qui apparaissait sur le mandat.

« Cette accusation avait été suggérée au début de l’affaire, mais nous l’avons fait changer immédiatement, car si nous l’arrêtons, nous ne pourrons plus modifier l’accusation. C’est clair que cet homme doit être accusé de meurtre prémédité », affirme le commandant Lafrenière.

Le procureur situe les gestes reprochés vers le 25 mai, soit la date à laquelle Magnotta aurait déposé l’horrible vidéo de son crime sur des sites Internet de sensations fortes.

L’accusation de meurtre indique également que le suspect a causé la mort d’une « personne inconnue » puisqu’au moment d’écrire ces lignes, la police de Montréal n’avait toujours pas identifié formellement la victime.

L’homme n’a en effet aucune famille au Québec et au Canada. La personne qui a signalé sa disparition à la police et ses amis ou collègues de travail ne peuvent l’identifier à cause du démembrement de son cadavre.

En revanche, des contacts auraient été faits avec la famille de la victime, hier, en Asie, nous a dit M. Lafrenière qui a bon espoir que l’identité soit confirmée dans la journée.

Certains membres de la victime sont toujours manquants, dont la tête. La police ne croit pas que le tueur en ait envoyé d’autres par la poste, comme il l’a fait avec un pied et une main.

« C’est possible, mais les chances sont infimes. Selon l’enquête, il y a eu deux envois et nous les avons tous les deux », dit l’officier qui a refusé de confirmer l’information voulant que le tueur ait été filmé au moment de poster les colis.

 

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