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SONDAGE | LOI SPÉCIALE

Les jeunes ont été exclus

Les jeunes ont été exclus
Photo d’archives Le sondage du 19 mai publié dans le quotidien La Presse, dans lequel on apprenait que 66 % de la population était favorable à la loi 78, a soulevé l’ire de plusieurs étudiants opposés à la hausse des frais de scolarité.

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Deux sondages sur la loi spéciale 78 publiés dans les quotidiens Le Soleil et La Presse ont sous-estimé les 18-24 ans. Cela a eu pour effet de causer une « distorsion importante » dans les résultats.

Certains observateurs et experts en sondage, comme Pierre Drouilly de l’Université du Québec à Montréal (UQAM) et le blogueur de L’actualité Jean-François Lisée, ont tour à tour critiqué les méthodes utilisées par la firme CROP pour sonder la population sur la loi 78.

Dans le sondage, publié le 26 mai, seulement 3 % des 18-24 ans ont été interrogés, alors que ces derniers représentent 11 % de la population selon Statistique Canada. La proportion était semblable lors d’un sondage effectué la semaine précédente, selon M. Lisée.

« Ce n’est pas acceptable, croit Pierre Drouilly. C’est une distorsion importante de la réalité, surtout quand on sait que c’est ce groupe d’âge qui est principalement opposé à la hausse des droits de scolarité et à la loi 78. L’échantillon n’est pas donc pas représentatif. »

Pas d’indécis

Le sondage CROP-Le Soleil-La Presse, publié quelques heures après l’adoption de la loi spéciale, indiquait que 66 % des répondants étaient en faveur de cette mesure imposée par le gouvernement Charest.

Le sondage, qui a été effectué en partie avant l’adoption de la loi, a enflammé plusieurs militants et a fait l’objet de plusieurs critiques sur la Toile. Furieux, le comédien Christian Bégin a même lancé dans une lettre ouverte un appel incitant la population à se désabonner de La Presse.

Depuis, les critiques pleuvent sur la maison de sondage CROP. On reproche également à la firme de ne pas avoir permis aux personnes sondées de ne pas répondre à certaines questions ou de se prononcer comme étant indécis.

« En forçant les gens à avoir une opinion, on ne se retrouve pas avec un échantillon représentatif de la population. Ce n’est plus l’opinion publique que l’on cherche, mais l’opinion de gens intéressés », déplore Guy Lachapelle, professeur au département de science politique de l’Université Concordia.

Rien à se reprocher

En entrevue au Journal, hier, Alain Giguère, président de CROP, a affirmé que sa firme n’avait « rien à se reprocher ».

« Les 18-24 ans ont été inclus dans le groupe des 18-34 ans car leur démographie n’est pas assez importante par rapport au reste de la population pour avoir un impact », explique-t-il.

Il affirme que la maison de sondage a depuis recalculé ses données en modifiant la pondération pour qu’elle soit plus fidèle à la proportion établie par Statistique Canada.

« Malgré tout, les données n’ont pas changé. Même pas de 1% », martèle-t-il.

Quant au fait que les personnes sondées aient été obligées de se prononcer, M. Giguère affirme qu’il s’agit d’un « choix » de son entreprise.

« Autrefois, au téléphone, on ne proposait jamais de ne pas répondre lors d’un sondage. Ça fait partie de nos façons de faire. Certaines personnes ne veulent pas se casser la tête, mais nous on veut qu’elles se branchent. »

Alain Giguère affirme « avoir peur » de l’effet potentiel de ces critiques sur la confiance de la population.

« Nous n’avons jamais caché les limites de nos sondages. Dans n’importe quel sondage, il y a toujours une sous-représentation ou une surreprésentation d’un groupe. Il n’y a pas de résultats parfaits. On s’ajuste en conséquence. »

 

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