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La classe de Dieu

Le séminaire de Montréal forme cette année une quinzaine d’aspirants à la prêtrise

La classe de Dieu
Photo le journal de montréal, ÉMILIE DUBREUIL Roger Leblanc, 50 ans, Mathieu Neni, 22 ans, François Pepin, 30 ans, Claude St-Denis, 27 ans, Claude Ngodi, 35 ans, Jesus Vales, 25 ans, et leur professeur Guy Guindon, 52 ans.

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Avant 1960, chaque famille ou presque comptait dans ses rangs un homme de Dieu. Cinquante ans plus tard, qui sont ces oiseaux rares qui ont encore envie de prononcer des vœux de chasteté, d’obéissance et de pauvreté ?

« Souvent, quand mes étudiants annoncent à leurs amis qu’ils veulent devenir curés, ils se font dire : on va t’amener dans un bar de ­danseuse, on va te payer une fille ou, tu vas voir, on va t’en trouver une blonde » explique en riant Guy Guindon, qui enseigne aux ­aspirants ­prêtres du séminaire de Montréal.

Autour de lui, ses étudiants sourient d’un air entendu. « Dire qu’on a la foi aujourd’hui est considéré comme bizarre », ajoute le ­professeur en soupirant.

« Nous vivons dans un monde très centré sur le matériel et ceux qui prennent un autre chemin, ça suscite des questions », de dire Roger Leblanc, qui, à 50 ans, a décidé d’embrasser la vocation sur le tard et suivre ce cours exigeant.

Les séminaristes doivent faire sept ans d’études. Une majeure en philosophie, un ­baccalauréat en théologie et une maîtrise en pastorale.

« C’est autant de scolarité qu’un médecin, mais on est certains qu’on va faire pas mal moins d’argent », s’exclame Mathieu en ­souriant avant d’ajouter : « On ne devient pas prêtre pour soi, mais pour se mettre au service l’autre. »

« Notre rôle sera d’apporter l’espérance face aux grandes questions, le sens de la vie, la mort », précise Claude.

Formation moderne

Comme autrefois, les séminaristes vivent sur place. « On mange ensemble, on étudie ­ensemble, on joue au soccer ensemble... mais il y des choses qu’on ne fait pas ensemble », lance Mathieu en ­rigolant. Clairement, il vient de faire une ­boutade incisive à propos des préjugés à l’égard de l’homosexualité des prêtres.

D’ailleurs, ici, la sexualité n’est pas un ­tabou.

« On ne renonce pas à la sexualité, mais à l’expression génitale de la sexualité », raconte Mathieu.

Outre l’enseignement théorique, les jeunes prêtres travaillent avec deux psychothérapeutes pour apprivoiser ces renoncements. « C’est tout un pan de notre formation : se ­comprendre et comprendre les autres », ­explique Roger.

Malgré la pénurie d’aspirants prêtres, le ­professeur Pépin assure que le séminaire ne garde que les meilleurs étudiants. « On leur fait faire des stages et il y en a qui ne réussissent pas. Nous, on forme des leaders. »

En moyenne, le diocèse de Montréal ordonne deux nouveaux prêtres par année alors que bon an mal an,15 prêtres meurent dans la région de Montréal. « Le déficit est clair, il en manque 13 par année pour assurer les services, mais en même temps, c’est difficile à évaluer parce que les besoins baissent », de dire Bertrand ­Montpetit, du diocèse de Montréal.

Lourde tâche

Les étudiants du séminaire se sentent-ils écrasés de constituer la relève dans ce contexte ? « Y a-t-il quelqu’un qui est tombé ? » répond Claude en riant, dédramatisant ainsi le déclin de l’Église.

« Au Québec, beaucoup de jeunes arrivent dans nos églises. Ils ne sont pas baptisés et n’ont aucune culture religieuse. En plus, de nos tâches, il faudra donc éduquer les gens à la foi », conclut François Pépin.

 

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