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justice | « le démembreur »

Des premières heures payantes

Les policiers ont trouvé ce qui seraient les armes du crime dès le début de leurs recherches

police car
Photo REUTERS Une voiture de police quitte un établissement judiciaire de Berlin avec Luka Rocco Magnotta à bord. On remarque aussi la photo prise par les autorités allemandes après son arrestation.

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La minutie, la patience et les efforts que les policiers montréalais ont mis durant les premières heures déterminantes de leur enquête ont vraisemblablement permis l’arrestation rapide de Magnotta.

Mais, le fugitif de 29 ans a aussi commis « des erreurs » qui ont fait en sorte que les policiers n’ont jamais été à plus de « 10 ou 12 heures » derrière lui, a dit le commandant Denis Mainville, hier, en conférence de presse.

En plus de laisser le tronc dans une valise, qui a rapidement attiré l’attention, Magnotta a jeté aux ordures des documents affichant son nom.

Comme si ce n’était pas assez, dans l’amas d’ordures, les policiers ont retrouvé un pic à glace et des couteaux, qui pourraient être les armes du crime. Ils ont également découvert des vêtements appartenant au présumé tueur et deux autres membres de la victime : un bras et une jambe.

« Il y a 10 ans, on n’aurait pas vu sur Internet les crimes qu’il a commis. L’instrument qui a servi à diffuser un crime horrible a servi à le rattraper.
— Robert Dutil, ministre de la Sécurité publique

Travail de moine

Hier, M. Mainville a souligné le travail des policiers de l’identité judiciaire et ce n’était pas par politesse.

Les techniciens en scènes de crime et des enquêteurs des crimes majeurs ont en effet passé entre 18 et 20 heures dans les déchets à ouvrir tous les sacs et à passer leur contenu au peigne fin.

« On a fait venir un camion 10 roues et ils ont tout examiné, le moindre kleenex, la moindre couche de bébé », a raconté l’officier, en mimant toute la délicatesse employée par les policiers.

Vrai passeport

C’est avec un passeport au nom de Luka Rocco Magnotta que ce dernier s’est envolé vers Paris. Dans la capitale française, il a retiré ou tenté de retirer à quelques reprises de l’argent de son compte de banque qui contenait moins de 10 000 $, nous a-t-on dit.

Il n’aurait pas beaucoup changé son apparence, se contentant de porter des lunettes soleil, et une perruque.

L’enquête « est terminée à 50 % ». Les policiers recherchent encore la tête, un bras et une jambe de la victime et n’excluent pas qu’ils puissent avoir été emportés par les éboueurs. Ils se questionnent toujours sur le mobile.

« Les deux hommes se connaissaient, mais nous n’avons pas d’information sur le profilage de la victime ou son orientation sexuelle », a-t-il dit.

« Sur une échelle de l’horreur de 1 à 10, je mets dix. En 29 ans de carrière, je n’ai jamais vu un tel crime. Ce sont des images qui vont me demeurer en tête », conclut M. Mainville

Les premières heures de l’enquête
29 mai
10h15 :
La valise contenant le tronc de la victime est découverte près du 5720 Décarie
Dans les heures qui suivent, les policiers découvrent des indices. Ils interrogent le concierge de l’immeuble qui les amène au logement 208 loué par un certain Luka Rocco Magnotta
18h :
Les policiers d’Ottawa annoncent à leurs collègues de Montréal qu’un pied a été trouvé dans un colis.
Des citoyens appellent également la police au sujet d’une vidéo déposée sur Internet dans laquelle une victime est démembrée
Nuit du 29 au 30 mai
Les policiers obtiennent les mandats et entrent dans le logement 208 où ils découvrent des draps et des meubles maculés de sang. Il y en a également dans le frigo et le congélateur.
30 mai
Les limiers visionnent des images tournées par une caméra de surveillance du 5720 Décarie sur laquelle un homme, qui semble nerveux, sort des vidanges à plus d’une reprise.
Grâce aux étampes qui apparaissent sur les colis contenant des membres humains postés à Ottawa, ils apprennent que les envois ont été faits dans un comptoir postal du secteur Côte-des-Neiges.
L’expéditeur a été filmé par des caméras. Ils comparent les images avec celles du 5720 Décarie. C’est le même homme.
L’Agence des services frontaliers annonce au SPVM qu’un certain Luka Rocco Magnotta a pris le vol TS-610 d’Air Transat à destination de Paris à 23h25 le 26 mai à l’aéroport Trudeau.
Le SPVM avise immédiatement Interpol qui alerte à son tour la police nationale française. La Brigade nationale de recherche des fugitifs enverra 30 enquêteurs à la chasse de Magnotta.
Dans la nuit du 30 au 31 mai: les enquêteurs du centre opérationnel Ouest apprennent à leurs collègues des Crimes majeurs qu’un étudiant chinois de 33 ans Jun Lin, est porté disparu depuis le 28 mai.
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