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Poulet aux prunes

Un audacieux mélange de genres

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Poulet aux prunes  •  3/5

Film de Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud. Avec Mathieu Amalric, Edouard Baer, Maria de Medeiros et Jamel Debbouze.

 

Après le succès de leur film d’animation Persepolis, les cinéastes Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud évitent le piège de la redite et signent un conte poétique qui mélange audacieusement les genres.

Comme Persepolis (prix du jury à Cannes en 2007), Poulet aux prunes puise son inspiration d’une bande dessinée de Marjane Satrapi. On y retrouve le même humour noir, mélangé cette fois à une histoire moins personnelle (Persepolis racontait l’enfance et l’adolescence de cette artiste franco-iranienne).

Poulet aux prunes se déroule en Iran, en 1958. Nasser Ali Khan (Mathieu Amalric), un joueur de tar très talentueux, entreprend de se laisser mourir après que sa femme ait cassé l’instrument qui lui procurait toute son inspiration.

Le film se veut le récit des huit derniers jours du musicien, entremêlé de retours dans le passé évoquant une histoire d’amour impossible avec une femme qu’il a jadis aimée.

Poulet aux prunes surprend d’abord par sa facture visuelle, totalement à l’opposé de l’animation noir et blanc de Persepolis.

Nostalgie

Satrapi et Paronnaud ont opté cette fois pour des prises de vues réelles, tournées en studio, avec un goût assumé pour les décors en carton. Cela procure au film un côté kitsch et nostalgique totalement charmant.

Les deux réalisateurs ne se sont pas gênés non plus pour transgresser les genres, sautant du burlesque au mélo et offrant au passage quelques séquences d’animation.

Autour de Mathieu Amalric (excellent, comme toujours), le tandem Satrapi-Paronnaud a créé une galerie de personnages colorés, mais peu attachants. Jamel Debbouze se révèle quand même amusant en commerçant magicien tandis que la voix nonchalante d’Édouard Baer assure la narration dans le bon ton.

Le résultat final séduit, sans toutefois convaincre autant que Persepolis. Comme trop souvent dans ce genre d’exercice de style, la forme prend le dessus sur le fond.

 

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