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Dossier Coyotes

Une situation critique

L’ennemi, c’est le temps
photo d’archives Plusieurs estiment que la Ville de Glendale est au bord du gouffre, malgré tout, Gary Bettman continue de croire au plan d’affaire de Greg Jamison afin de prolonger, par une coûteuse entente, la durée de vie des Coyotes en Arizona.

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Ça brasse à Glendale. Devant les nombreux bouleversements entourant l’adoption par le conseil de ville d’un budget englobant une entente de gestion permettant à Greg Jamison de toucher une petite fortune, la situation devient de plus en plus critique.

Hier soir, l’avocat de la ville de ­Glendale, Craig Tindall, a confirmé à la presse de l’Arizona, avoir reçu de la Ligue nationale et de ses dirigeants un ultimatum qu’une entente doit être conclue dans les plus brefs délais à défaut de quoi la ligue envisagera la possibilité de transférer l’équipe dans une autre ville (lire Québec).

Au cours de la journée, plusieurs événements, comme il fallait s’y attendre, ce dossier prenant une direction totalement à l’opposé de ce que croyaient Gary ­Bettman et son groupe, ont rendu la tâche très complexe pour les dirigeants de la ville de Glendale.

Tout d’abord, la Goldwater Institute demandera aujourd’hui une injonction contre la ville parce qu’elle n’a pas respecté la loi de l’état de l’Arizona, une loi qui stipule que Glendale devait fournir 24 heures avec qu’on passe la proposition faite à Greg Jamison au vote. Les avocats de Goldwater ont avisé les membres du conseil qu’ils ne peuvent pas demander un vote tant et aussi longtemps que les principaux organismes impliqués dans ce dossier n’auront pas été informés.

La Goldwater avait, la veille, fait parvenir une lettre à la mairesse de Glendale, Mme Elaine Scruggs, l’informant que l’organisme intenterait une poursuite contre la Ville si quatre points importants de l’entente ne sont pas respectés, notamment sur la décision de la Ville d’accorder tous les revenus provenant du terrain de stationnement aux futurs propriétaires des Coyotes.

Manque de fonds

Également, depuis quelques jours, une campagne est en cours afin d’inviter les résidents de la ville à se concerter et à refuser le bail proposé à Greg Jamison. Ceux qui mènent le bal sont le prochain maire de la ville, Walt Opaska, et la Chambre de commerce de Glendale.

Mercredi, la revue Forbes, spécialisée dans le monde des affaires, confirmait ce que bien des gens avaient avancé au cours des derniers mois : Jamison a un mal fou à compléter son financement pour l’achat de l’équipe. En d’autres mots, les investisseurs ne se bousculent pas à la porte, bien au contraire.

Les Coyotes risquent-ils d’aboutir au vieux Colisée Pepsi de Québec ?

La réponse appartient à Gary Bettman, c’est lui qui tient les gouverneurs de la Ligue nationale informés, c’est lui qui tire les ficelles et c’est lui qui surveille de près les démarches de Jamison. Par conséquent, c’est lui qui devra trancher.

Que la Ligue nationale ait fait parvenir un ultimatum à la ville de Glendale démontre que le commissaire de la Ligue nationale réalise, comme tout le monde, que la ville de Glendale ne peut risquer la faillite pour une équipe professionnelle de hockey. C’est illogique et surtout, c’est absolument absurde.

Bettman se retrouve de nouveau confronté à la Goldwater. Pourtant, il s’était moqué du chien de garde des payeurs de taxe de l’Arizona lors de son point de presse en disant qu’il n’y avait plus aucune crainte, que le bail serait à ce point intouchable pour la Goldwater. Il faut croire que la Goldwater lui réservait une petite surprise. Ou, doit-on comprendre que les problèmes éprouvés par Jamison pour obtenir le financement nécessaire à l’achat des Coyotes pèsent lourd.

Dans le doute, on s’abstient

Gary Bettman sait depuis fort longtemps que le processus d’achat des Coyotes n’offre rien de rassurant. Il sait depuis quelques semaines que Jamison ne parvient pas à convaincre les investisseurs d’embarquer dans une aventure qui, avons-le, est vouée à l’échec. Ces investisseurs ne croient pas à la rentabilité de l’entreprise... Donc, dans le doute, on s’abstient.

Jusqu’à aujourd’hui, il a préféré demeurer sur ses positions au point que la ville de Glendale devait donner une réponse cinq jours après le dernier match des Coyotes, il lui a accordé une extension de 30 jours, ce qui doit mener le dossier au 22 juin. Mais là est le problème : le temps devient un rival de taille pour le commissaire. Dans le pire des scénarios, il souhaite que les Coyotes évoluent à Glendale du moins pour une autre année. Il ne veut surtout pas, selon des gens avec qui j’ai eu l’occasion de parler, hier, transférer une autre concession américaine dans un petit marché canadien pour une deuxième année d’affilée. Pour lui, ça nuirait à l’image du hockey professionnel aux États-Unis.

Mais voilà que la situation se détériore. Jamison n’a pas de fric et la Goldwater et les résidents de Glendale montent aux barricades. Les payeurs de taxe posent une question : pourquoi devrions-nous payer pour qu’une équipe évolue dans un amphithéâtre appartenant à la Ville alors que ça devrait être le contraire et que les Coyotes devraient verser un montant pour la location du Jobing.com Arena ?

Je veux bien croire que Bettman est rusé, il a réussi au cours des trois dernières saisons à convaincre les politiciens de Glendale que les Coyotes constituaient une source de revenus très importante pour la ville. Il a fait sortir 50 M$ des coffres de Glendale, obligeant la municipalité à emprunter des sommes colossales pour rembourser cette dette. Plusieurs estiment que la Ville est au bord du gouffre depuis qu’elle a bâti cet amphithéâtre, il y a 10 ans.

Il a donc toutes les raisons de transférer les Coyotes.

Le temps presse

Bettman a joué avec le temps. Maintenant, peut-il toujours parachuter cette équipe au-dessus de la ville de Québec ?

Il peut le faire... mais ça presse.

Les dirigeants de la nouvelle équipe auront-ils le temps de mettre sur pied une structure administrative solide et efficace pour la prochaine saison ? Les Jets de Winnipeg ont obtenu leur concession le 30 mai et ils avaient du personnel en place, celui des Moose du Manitoba, de la Ligue américaine. À Québec, il faudrait rebâtir au grand complet. Un président, un directeur général, un entraineur, des adjoints, des recruteurs, des préposés à l’équipe, un département de marketing, un département de relations publiques et le repêchage des joueurs, sans oublier les nombreux contrats à renégocier avec les joueurs de l’équipe. Ouf...

Mais, malgré les embûches, croyez-vous que les gens de Québecor Média diraient non à l’invitation d’accueillir les Coyotes ? Ce serait un défi de taille, mais ils sont habitués à relever les défis. Ils sont habitués à prendre le taureau par les cornes et à foncer vers des objectifs bien définis.

Même si le temps jouait contre eux, je suis convaincu qu’ils n’attendent que le moment de sauter sur une occasion d’affaires qu’ils convoitent depuis longtemps.

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