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Les vraies questions

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Après les cônes orange, les carrés rouges, c’est maintenant au tour des enveloppes brunes. C’est le début des audiences publiques de la Commission Charbonneau qui tentera de faire la lumière sur les méthodes douteuses dans l’industrie de la construction du Québec.

Une juge crédible

Jusqu’à maintenant la juge France Charbonneau, présidente de la Commission, est impressionnante par sa droiture, par la clarté de ses positions et par la justesse de ces décisions. D’ailleurs, 55 % des Québécois lui font confiance alors que seulement 11 % sont méfiants et 34 % attendent avant de se faire une opinion. Elle est déjà plus crédible que les politiciens, les fonctionnaires, les ingénieurs et les entrepreneurs en construction réunis.

Une commission inutile ?

85 % de la population croient que le problème de la corruption entre les élus et les entrepreneurs privés est un problème répandu au Québec. Malgré tout, les gens demeurent sceptiques quant à l’efficacité des travaux de la Commission. La majorité ne croit pas que la Commission, l’UPAC ou la police réussiront à faire véritablement la lumière sur la corruption dans le système des contrats publics.

La population pense que les vrais coupables ne viendront pas témoigner, que la Commission ne dispose pas d’assez de pouvoirs et que les travaux de la Commission Charbonneau ne déboucheront pas sur des accusations criminelles.

Et les politiciens

Les gens se souviennent de la Commission Gomery sur le scandale des commandites. Cette Commission a travaillé deux ans et a coûté 35 millions de dollars pour, finalement, condamner seulement six personnes, dont un seul fonctionnaire. Certains politiciens ont été blâmés, mais pas un politicien n’aura été condamné. Mais le prix politique payé par le parti libéral fédéral aura été bien plus élevé que le prix judiciaire.

Les questions clés

La population se pose les sept questions suivantes :

Est-ce qu’il y a un lien entre les contrats obtenus et le financement politique ?

Est-ce un système qui profite à l’un ou l’autre des partis politiques ?

Pourquoi les contrats publics coûtent-ils plus cher au Québec qu’ailleurs au pays ?

Pourquoi certaines entreprises remportent-elles la plupart des grands appels d’offres ?

Pourquoi y a-t-il autant de coûts supplémentaires ?

Est-ce que la mafia est impliquée dans l’industrie de la construction ?

Combien d’argent public a-t-on gaspillé au cours des dernières années ?

Mais la grande question à laquelle la Commission ne pourra pas répondre est la suivante : les politiciens sont-ils incompétents ou sont-ils corrompus ? Peut-être est-ce les deux en même temps.

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