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La classe de l’avenir

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Il faut être de son temps. Pierre Poulin illustre à merveille cette maxime. Pupitres et manuels scolaires au rancart! Vive l’ère des technologies de l’information et des communications (TIC).

L’iClasse a maintenant sa place dans la terminologie numérique. Après 10 ans de recherche, le concept élaboré par l’enseignant de 6e année de l’école Wilfrid-Bastien, dans l’arrondissement de Saint-Léonard, à Montréal, fait l’envie de plusieurs écoles.

Depuis 2009, M. Poulin enseigne dans une salle Wi-Fi entièrement équipée d’ordinateurs à la fine pointe de la technologie.

« Les élèves ont des outils et ma tâche, c’est de leur montrer à quoi ça peut servir pour être meilleur à l’école. On n’a plus du tout de manuels scolaires. On exploite à fond le matériel que la commission scolaire nous met entre les mains », a-t-il confié.

D’autres enseignants de l’école Wilfrid-Bastien ont emboîté le pas.

« Il y a aussi des écoles qui nous sollicitent pour pouvoir créer leur propre iClasse. Ça commence à prendre de l’ampleur. Je ne pense pas avoir LA solution, mais je pense qu’on a une solution viable aux problèmes d’éducation. »

Il en a écrit une thèse de doctorat

Le concept imaginé par M. Poulin fait l’objet de sa thèse de doctorat dont le but consiste à évaluer l’impact de l’intégration des TIC sur les compétences des élèves.

« Ma classe me sert un peu de cobaye dans cette aventure-là. »

L’un des bienfaits de cette nouvelle approche est le développement de l’autonomie chez les jeunes.

« Je ne connais pas d’enseignant qui prend plaisir à voir un élève échouer. Moi, j’offre des outils pour ne pas que ça arrive. »

Le modèle béhavioriste, qui caractérise le système d’éducation au Québec, refroidit la prise d’initiatives.

Présentement, « on fait peur aux élèves »

« C’est à outrance. Il n’y a que ça! On fait peur aux élèves. Tout est déterminé à l’avance. Il n’y a pas de choix. C’est triste, en 2012, de voir qu’on est encore assis sur des chaises placées en rang d’oignon et qu’on s’emmerde! Il y a des élèves pour qui la principale motivation, c’est de ne pas être en retard à l’école. Quand on est rendu à mettre en place des mesures répressives pour enseigner, c’est parce qu’il y a quelque chose qui cloche. »

Selon lui, le système d’éducation a un urgent besoin de renouveau. Et ça presse! « Ça prend une volonté de changement. Il faut se défaire du statu quo. Depuis quelques années, les enseignants ont plein d’interlocuteurs qui parlent à leur place (ministère, syndicat, direction d’école, etc.). C’est le temps qu’on laisse parler les professeurs. »

Après 10 ans dans l’enseignement, M. Poulin en a eu assez. Soit il entreprenait une nouvelle carrière, soit il trouvait le moyen d’innover.

« C’était étouffant! Il a fallu que je sois têtu et curieux. »

Volet communautaire

En plus de la matière scolaire, le concept iClasse comprend également un volet communautaire. Cette année, les élèves de M. Poulin ont enseigné Internet aux personnes âgées.

« L’idée, c’est de développer l’empathie chez les jeunes. Ils comprennent l’utilité de l’école. Déjà, en 6e année, ils connaissent des choses qu’ils sont capables de partager. » Démocratie, entraide et autonomie sont autant de valeurs qui revêtent de l’importance aux yeux de l’enseignant.

En définitive, M. Poulin fait partie de cette classe à part de professeurs qui laissent leur marque et dont on se souvient toute sa vie.

 

Nom : Pierre Poulin
Âge : 46 ans
Années d’expérience : 19
À l’école Wilfrid-Bastien depuis 12 ans
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