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Vidéo à l'école

La police enquête sur l’enseignant

Luka Rocco Magnotta
Photo Courtoisie La police affirme qu'elle vérifie si Magnotta pourrait être relié à d'autres crimes.

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Un enseignant de l'école secondaire Cavelier-De LaSalle, à Montréal, a présenté à ses élèves de larges extraits de la tristement célèbre vidéo de Luka Rocco Magnotta, dans laquelle le présumé dépeceur tue et démembre sa victime.

La section des crimes majeurs du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a d’ailleurs déclenché une enquête sur l'enseignant Philippe Trahan, mercredi.

Le porte-parole du SPVM, Yannick Ouimet, n’était cependant pas en mesure de donner plus de détails sur l’enquête en début de soirée, mercredi.

La Commission scolaire Marguerite-Bourgeoys et la direction de l'école secondaire en question ont condamné le geste de l’enseignant et soulignent que le contenu de la vidéo est « aussi inapproprié qu'offensant ».

Pour la présidente de la Fédération québécoise des directions d'établissements d'enseignement, Chantal Longpré, il s'agit d'un geste « épouvantable ». « C'est un manque de jugement professionnel flagrant, c'est inacceptable, inexplicable même, a-t-elle dit. On vient de désorganiser des élèves pour plusieurs semaines. »

L'événement s'est produit dans la matinée du 4 juin. L'enseignant avait été suspendu dans les heures qui ont suivi, avec salaire comme le prévoit la convention collective.

Il a exprimé ses regrets dans un courriel envoyé à la direction de l'établissement scolaire.

Les élèves n'étaient pas en sécurité avec cet enseignant, a soutenu Mme Longpré.

« On a des experts, qui nous ont dit et qui nous ont démontré qu'il ne fallait pas écouter cette vidéo et on va présenter ça à des élèves du secondaire. Je suis déboussolée complètement », a-t-elle déploré.

L'homme n'est pas un employé régulier de l'école Cavelier-De LaSalle. Il enseigne l'histoire et l'éducation à la citoyenneté.

Des dommages importants

« J'ai eu mal au cœur, ça m'a donné le goût de vomir », a raconté une élève qui a visionné la vidéo du meurtre de Jun Lin dans sa salle de classe, la semaine dernière.

La jeune fille a expliqué que plusieurs de ses camarades avaient insisté auprès de leur enseignant pour voir la fameuse vidéo, et qu’il avait fini par accéder à leur demande.

« On ne l'a pas vu intégralement, mais on en a vu de très bonnes parties. C'était rough », a dit l'adolescente.

À la suite du visionnement, les élèves seraient restés muets. L'enseignant les pressait de questions pour connaître leurs impressions sur ce qu'ils venaient de voir, mais rares sont ceux qui ont répondu. Plusieurs seraient alors allés se plaindre à la direction en quittant la salle de classe.

Des psychologues et des psychoéducateurs ont été mis à la disposition des élèves à la suite de l'événement. Mais selon le psychologue et expert psycholégal Hubert Van Gijseghem, il s'agit d'une expérience profondément traumatisante. « Ce sont des étudiants qui vont avoir des “flash-back” de cela, qui vont être anxieux dans les semaines, peut-être les mois à venir, qui vont faire des cauchemars, a-t-il prévenu. Ils auront été confrontés à l'horreur à son état le plus pur. »

Un autre élève de l'école, qui n'a pas assisté au visionnement, a dit que l’enseignant était très aimé, et ne comprend pas qu’il ait pu diffuser cette vidéo en classe.

Ce dernier devait donner mercredi sa version des faits au secteur des relations de travail de la Commission scolaire. Cette dernière rendra par la suite sa décision.

Mme Longpré espère que « le syndicat ne va pas défendre l'indéfendable. Si on reconnaît une faute importante à cette personne-là, j'espère qu'on va reconnaître qu'il est incompétent à faire ce travail-là et qu'on va le rediriger vers autre chose. »



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