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Santé | Prescriptions

L’ère de la performance rapide

antidépresseurs
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Qu’ils le veuillent ou non, les travailleurs en « burn-out » se voient souvent prescrire des antidépresseurs afin de recevoir leurs prestations d’assurance.

« Dans les cas d’épuisement professionnel, il n’est pas rare que les assureurs exigent la prise d’une médication », formule Renée Ouimet, directrice générale de l’Association canadienne pour la santé mentale, division du Québec.

L’an dernier, au Québec, un nombre record de 14,2 millions d’ordonnances d’antidépresseurs ont été délivrées en pharmacie.

La dépression et l’anxiété font partie des motifs les plus fréquents de consultations médicales, a rapporté Le Journal mercredi.

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), les problèmes de santé mentale seraient en cause dans 35 % à 45 % des journées d’absentéisme dans les pays développés.

Milieux toxiques

Autant le travail peut être stimulant et susciter un sentiment d’appartenance, autant certains milieux de travail génèrent un stress permanent, signale Mme Ouimet.

« Dans certains milieux, on voit des taux d’absentéisme tellement importants qu’il est évident que l’organisation est en cause », constate Mme Ouimet.

« L’épuisement professionnel peut être lié au mode de gestion, aux exigences de performance, au manque de reconnaissance », explique-t-elle.

Le manque de reconnaissance au travail multiplie par quatre le risque de vivre une détresse psychologique élevée.

Un exemple parmi d’autres, celui de cette préposée en centre d’hébergement qui exprime son désarroi : « Avant, j’avais du temps pour m’occuper des personnes âgées. Aujourd’hui, avant que je n’arrive à changer la couche d’un résident, l’avant-midi peut être avancé... »

Tout va vite

« La perte de sens et l’opposition des valeurs sont très difficiles à vivre. Par ailleurs, on vit dans une société où tout va rapidement et où il faut être productif tout le temps », fait ressortir Mme Ouimet.

Lors d’un décès, auparavant, on passait trois jours au salon funéraire, comparativement à trois heures aujourd’hui, note-t-elle.

« On n’a plus le temps de vivre les épreuves. Cela crée des prescriptions plus rapides. »

Passer à l’action

L’OMS prédit qu’en 2020, les troubles de santé mentale seront les deuxièmes problèmes de santé en importance dans le monde.

« Socialement, on doit réagir dès maintenant. La dépression, le stress et l’anxiété sont des problèmes sur lesquels on peut agir », souligne Mme Ouimet.

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