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Où vont vos impôts?

49 000 $ aux poubelles

Une pub du gouvernement sur les droits de scolarité tournée inutilement

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Photo d'archives, Jean-François Desgagnés Mercredi dernier, le député du PQ Bertrand St-Arnaud avait dénoncé la campagne de pub du gouvernement justifiant les hausses des droits de scolarité.

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Pour sa campagne de publicité justifiant les hausses des droits de scolarité, le gouvernement du Québec a déboursé 49 000 $ pour un tournage qu’il n’a finalement pas utilisé.

La semaine dernière, le Journal révélait que le gouvernement Charest a injecté 866 000 $ dans une importante campagne faisant la promotion de sa position sur la hausse des droits de scolarité.

Or, pour produire le message destiné à la télévision et au Web, le gouvernement a dépensé 49 000 $ dans une journée de tournage qui a eu lieu le 2 juin.

Une maison de production mandatée a alors déployé tout l’arsenal pour le tournage, allant de l’utilisation d’un studio, de l’équipement requis et des ressources humaines.

Rejetée

Non seulement une comédienne a été embauchée pour expliquer à l’écran les statistiques que souhaitait mettre en valeur le gouvernement, mais le dossier de production fait état de frais de 1 600 $ pour un styliste, de 300 $ pour une maquilleuse et de 300 $ pour location de costumes. La facture indique aussi des frais de 3 000 $ pour un directeur photo.

Finalement, après visionnement, les responsables du gouvernement ont préféré ne pas utiliser les images tournées, en retenant plutôt un message constitué d’un simple enchaînement de graphiques et d’une narration.

Décision rapide

Questionnée à ce sujet, la secrétaire du Comité exécutif du gouvernement, Marie-Claire Ouellet, a d’abord affirmé que la décision s’est prise rapidement de procéder à l’enregistrement d’une publicité pour faire connaître la position du gouvernement à l’égard des droits de scolarité.

« C’est un dossier que nous avons travaillé rapidement », a-t-elle indiqué, avant de préciser que certains frais de production auraient été déboursés même s’il n’y avait pas eu de tournage proprement dit.

« Il fallait quand même avoir un studio. Ça ne se fait pas dans un bureau ordinaire, au niveau du mixage du son et tout, puis la comédienne était aussi requise », a-t-elle affirmé.

« Il y a des qualités broadcast dont il faut tenir compte; alors, dans ce sens-là, il y avait des coûts qui étaient là peu importe l’option, mais au moment du visionnement, on a retenu l’idée finalement d’y aller en voix hors champ », a défendu Mme Ouellet.

Le député péquiste Bertrand Saint-Arnaud, qui avait qualifié l’opération médiatique du gouvernement de « gaspillage » et de « propagande électorale », s’est dit sans mot devant cette nouvelle information.

« 49 000 $, c’est l’impôt annuel que va payer un couple, et tout ça a été dépensé pratiquement en pure perte », a-t-il dit.

Selon lui, cette mauvaise décision s’explique par l’obsession du gouvernement pour son image. « Ils nous demandent de nous serrer la ceinture, mais ils font beaucoup de pub, et on voit cette mauvaise décision improvisée, comme s’ils géraient de l’argent de Monopoly. »

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