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Sinistres | nettoyage

Cœurs sensibles s’abstenir

Des sinistres qui ont fait des morts peuvent marquer à jamais ceux qui nettoyent

Cœurs sensibles s’abstenir
Photo Journal de Montréal, Cynthia Laflamme Pierre Plouffe, fondateur de l’entreprise Le Barricadeur, a été marqué par plusieurs sinistres au fil des ans. Son travail, tout comme celui de ses confrères en nettoyage après sinistre, n’est pas fait pour tout le monde.

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Les experts qui travaillent sur les lieux d’un sinistre sont amenés à vivre des émotions fortes. Il leur arrive même de retrouver des restes humains.

N’est pas nettoyeur après sinistre qui veut. Éric Pichette, président et chef de la direction de Qualinet, explique avoir une équipe spéciale pour les sinistres plus difficiles.

« On ne peut pas envoyer n’importe quel employé parce que ce n’est pas tout le monde qui a le cœur assez fort pour ça. »

La première histoire qui vient à l’esprit d’Éric Pichette est celle où, lorsqu’il était coureur de feu, il a vu une personne brûler sur un matelas à l’extérieur d’un édifice. Il était arrivé avant les pompiers.

« Ça fait quelques années. Je ne me sentais pas à ma place, vraiment ! Ça m’est arrivé deux fois, dans ma vie, d’arriver avant les pompiers. Dans ce temps-là, on voit un côté plus tragique. »

Il se souvient d’un jour où une locataire, voyant des insectes sortir de son luminaire, a contacté les services d’urgence.

Son voisin du haut était mort depuis sept mois. Son équipe a dû nettoyer les lieux.

Douloureux souvenirs

Certains suicides apportent aussi leurs lots de durs souvenirs.

Il y a en moyenne cinq décès de diverses causes par semaine par succursale de sa compagnie.

« Il y a des affaires qui restent », confie pour sa part Pierre Plouffe, barricadeur.

Il raconte le jour où il a barricadé une maison dans laquelle un père avait mis fin à ses jours par le feu.

« J’attends que les employés arrivent. Vers 19 h, je vois un couple débarquer. Je sors de mon truck pour aller les voir. Tout d’un coup, je vois un petit gars de 9-11 ans et je l’entends crier « Papa ! Papa ! ». Je me suis mis à brailler », se souvient-il.

À ce douloureux souvenir, le barricadeur pleure encore.

Empathie

Il a aussi vu une famille avec de jeunes enfants sauter d’un balcon pour fuir les flammes.

Dans leur métier, ces deux hommes sont amenés à travailler avec des gens qui vivent des moments difficiles.

L’empathie et le respect sont donc les qualités requises, disent-ils.

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