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Le bon usage des antidépresseurs

Le bon usage des antidépresseurs
photo d’archives Les Québécois ont longtemps été reconnus comme de très grands utilisateurs de médicaments contre l’anxiété et de pilules pour dormir.

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Devant des statistiques qui font état de l’augmentation de l’usage des antidépresseurs, quelques réflexions s’imposent. En quoi consiste le bon usage des antidépresseurs ? Combien de temps en prendre ? Quand les arrêter ?

Ce n’est pas parce qu’on a de la peine qu’on a besoin d’un antidépresseur. Le décès d’une personne qu’on aime, la perte d’un emploi, l’annonce d’une maladie grave ou incurable ainsi que des préoccupations familiales pour le conjoint, les enfants ou les petits-enfants sont des sources de tristesse tout à fait justifiées.

Certaines personnes traversent ces épreuves avec plus de facilité que d’autres. D’autres se sentent déprimées sans avoir aucune de ces causes. Il existe donc des critères qui permettent au médecin de poser un diagnostic de dépression. La dépression est une maladie qui touche certaines substances produites au niveau du cerveau. Certaines personnes semblent donc prédisposées à en souffrir alors que d’autres ne le sont pas. La bonne volonté ne suffit souvent pas à contrôler les symptômes d’une dépression.

Dépression ou anxiété ?

Les Québécois ont longtemps été reconnus comme de très grands utilisateurs de médicaments contre l’anxiété et de pilules pour dormir. Ces médicaments cachaient souvent une dépression qui était alors non soignée et qui pouvait même être amplifiée par l’usage de ces médicaments comme le lorazépam ou Ativan®, l’oxazépam, le flurazépam, etc.

On a alors mis l’emphase sur l’importance de diagnostiquer mieux et plus tôt les épisodes de dépression afin de les traiter avec des médicaments susceptibles de mieux contrôler la dépression.

Certaines nouvelles familles d’antidépresseurs sont alors arrivées sur le marché comme le Prozac® et le Paxil®, suivies entre autres par Effexor®, Celexa®, Cipralex® et Cymbalta®. Ces antidépresseurs influencent la dopamine, la noradrénaline ou la sérotonine au niveau du cerveau.

Dépression mineure, modérée ou grave

On sait maintenant que pour un premier épisode de dépression, il faut poursuivre le traitement pendant plusieurs mois même après que la personne ne ressent plus aucun symptôme. On sait aussi que si la personne a déjà eu deux épisodes de dépression, il faudra qu’elle prenne des médicaments pendant toute sa vie, car le dérèglement, un peu comme pour la glande thyroïde, est persistant et ne pourra être stabilisé seul.

Pas de dépendance

Contrairement à ce que l’on pense, les personnes qui prennent un antidépresseur peuvent le cesser sans en être dépendantes. On recommande toutefois de diminuer l’usage de ces médicaments sur une base progressive en quelques semaines.

Il y a deux raisons :

1. la diminution progressive permet de voir si l’état dépressif revient à l’arrêt des médicaments,

2. certains antidépresseurs causent des réactions lors d’un arrêt brusque, ce qui n’est pas le cas si on diminue sur quelques semaines.

Des antidépresseurs contre les bouffées de chaleur

Plusieurs antidépresseurs ont d’autres effets. Par exemple, la venlafaxine (Effexor) est aussi utilisée pour diminuer les bouffées de chaleur chez les femmes en ménopause. Ceci a pu gonfler faussement les statistiques sur le nombre de personnes qui présentaient une dépression.

Le même médicament est aussi utilisé contre la fibromyalgie, en prévention des migraines et contre certains types de douleur. Les banques de données actuelles ne sont généralement pas assez précises pour nous indiquer de façon exacte la raison pour laquelle un médicament a été spécifiquement prescrit.

Encore beaucoup à apprendre

La dépression comporte une dimension sociale, psychologique et biologique. Une approche avec un psychologue et des suivis fréquents avec un médecin de famille améliorent le succès de la thérapie et la guérison de la maladie. Trop souvent, on se réfugie rapidement dans les médicaments alors qu’on pourrait améliorer sa situation par d’autres mesures. Toutefois, pour les patients qui ont une dépression modérée à grave, les médicaments sont essentiels.

On doit rechercher un équilibre de vie, mais lorsque la vie nous fait perdre cet équilibre, il faut parfois accepter que ce soit difficile temporairement. Si notre estime de soi, notre volonté à agir ne sont plus là, il faut d’abord avoir un diagnostic confirmé par un médecin, puis respecter le traitement prescrit. Dans tous les cas, des mesures non médicamenteuses comme la psychothérapie et le soutien de l’entourage sont bénéfiques.

 

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