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Tel était le montant de la dette du Québec au moment où j’ai commencé à rédiger cette chronique. Je sais, je reviens encore vous hanter avec la taille de notre « maudite » dette, comme dirait Pierre Fortin. C’est une de mes obsessions.

En fait, c’est surtout sa vitesse de croissance qui m’obsède autant. La santé, les services sociaux, l’éducation et tout ce que nous chérissons dans les transferts gouvernementaux vers les citoyens dépendent du fardeau de notre dette. Si on doublait l’impôt des « riches » comme le suggèrent certains irresponsables, ce ne serait jamais qu’une goutte d’eau dans le budget du Québec.

Il y a 100 000 « riches » chez nous, pour une population de 8 000 000 d’habitants...

UN COMPTEUR DE CROISSANCE DE LA DETTE

L’Institut économique de Montréal (IEDM) vient de mettre en ligne (iedm.org) un compteur de croissance de la dette du Québec en temps réel. C’est de là que je tiens le chiffre qui apparaît en titre.

Allez voir ça, ça donne le vertige d’observer les millions s’additionner à une telle allure ! Et encore, l’économiste David Descôteaux, mandaté par l’IEDM pour produire la note d’où est issu le compteur, y est allé avec prudence.

M. Descôteaux s’est basé sur les données du ministère des Finances lui-même dans son Plan budgétaire 2009-2010, faisant fi, donc, de la récession qui s’achève et qui ne manquera pas de coûter quelques milliards de plus.

Bref, selon cet estimé conservateur, la dette s’accroît de plus de 9 milliards par année − ou de 25 millions par jour, ou de 17 000 $ par minute ou encore, si vous préférez, de 287 $ par seconde ! Je vous rappelle que ces chiffres n’incluent pas la dette fédérale, qui devrait se gonfler de 56 beaux milliards au moins cette année. Le fédéral prévoit revenir à l’équilibre budgétaire en deux ans.

Espérons qu’il ne le fera pas sur le dos des provinces comme il l’a fait dans les années 1990-2000. Ça glace le sang rien que d’y penser...

PRÊCHER DANS LE DÉSERT

Chaque fois que j’écris au sujet de la dette ou du déficit, j’ai l’impression que personne ne me lit.

Les chroniques sur les finances publiques sont celles qui génèrent le moins de commentaires. Peut-être que ce débat vous semble hermétique et trop technique, mais vous feriez mieux de vous en préoccuper avant que la réalité vous frappe avec un 2 x 4 derrière la tête.

L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), où siège le Canada, vient de publier une note constatant que la plupart de ses membres n’auront d’autre choix que d’augmenter − sous une forme ou sous une autre − les impôts, les taxes et les tarifs. Croyez-moi, nous ne serons pas épargnés, petits contribuables que nous sommes.

Le Québec est l’un des États les plus endettés et les plus taxés d’Amérique. Si vous soustrayez les 40 % qui payent peu ou pas d’impôt ni de taxes et la quasi-absence chez nous de ce qu’on appelle aux États-Unis les « superriches », on a quoi ?

On a une grosse classe moyenne dont le revenu disponible risque de rétrécir encore plus. Votre grosse télé au plasma, oubliez ça ! À moins de vous endetter à votre tour, vous devrez vous convertir à la simplicité « involontaire ».

Au fait, la dette est maintenant rendue à 212 417 578 794,45 $...

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