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Conflit étudiant

Marois abandonne le carré rouge

Pauline Marois
Photo Jean-François Desgagnés

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Après l'avoir fièrement porté tous les jours à l'Assemblée nationale durant tout le conflit étudiant, Pauline Marois abandonne son carré rouge.

 

«Je ne porterai plus le carré rouge. Mais on va continuer à porter la cause étudiante sans aucune réserve, a dit au Journal mercredi la chef péquiste. Nous continuerons de défendre leur dossier et non seulement de le défendre, mais lorsque la population nous fera confiance, nous appliquerons les engagements que nous avons pris».

 

Un gouvernement du Parti québécois proposera l'indexation des frais de scolarité. Pour Mme Marois, l'indexation, de toute façon, ça s'apparente à un gel.

 

La leader souverainiste estime que les Québécois ont compris la position du Parti québécois et qu'elle n'a donc plus à porter le bout de feutre écarlate. «Nous pensons que nous avons envoyé un message clair, sans équivoque, et que maintenant nous voulons passer à l'utilisation du fleur de lysée, revenir à ce qui nous rassemble, à notre projet de pays et à la campagne électorale qui viendra», a-t-elle insisté.

 

Contente d'être associée à la rue

Associée à «la rue» par son adversaire libéral, Pauline Marois ne se dit pas du tout mal à l'aise avec cette étiquette, au contraire. «Pour moi, ça veut dire aussi être près des Québécois», dit-elle.

 

En direct de Rio de Janeiro, le premier ministre Jean Charest ne s'est pas gêné pour ridiculiser la décision de sa vis-à-vis péquiste.

 

«Si elle ne porte pas le carré rouge, franchement elle gagne le championnat de l’hypocrisie. Après avoir porté le carré rouge, après avoir pris dix positions différentes sur la question du financement des universités et des droits de scolarité, au moment où se posent des questions plus difficiles, Mme Marois enlève le carré rouge. Les Québécois jugent assez sévèrement ce genre d’hypocrisie en politique», a-t-il laissé tomber.

 

Pour François Legault, Pauline Marois s'est tout simplement rendu compte qu'elle avait fait une erreur en arborant le symbole. «On ne peut pas prétendre au poste de première ministre et cautionner le non respect d'injonctions qui sont des ordres de la cour. On peut être pour ou contre les frais de scolarité, mais les images avec son carré rouge la voyant taper sur des casseroles, je pense que ça va rester marqué dans la tête des Québécois pour longtemps», a dit au Journal le chef caquiste mercredi.

 

Le député Amir Khadir, lui, n'enlèvera pas son carré rouge. «C'est le symbole porté par des centaines de milliers d'étudiants et de citoyens pour dire non à une hausse injuste des frais de scolarité que le gouvernement n'a pas abandonnée. Le carré rouge signifie également à son origine la lutte à la pauvreté. C'est pour nous un symbole positif porté par de gens qui se tiennent debout pour plus de justice sociale», a-t-il réagi mercredi.

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