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Caisse occulte au Parti québécois ?

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L’avocate du Parti québécois, Me Estelle Tremblay, a mené la semaine dernière le contre-interrogatoire le plus cinglant contre Jacques Duchesneau. Elle l’accusait même d’avoir « compromis l’impartialité et l’indépendance de sa fonction ».

La chef péquiste, Pauline Marois, ajoutait : « Je ne peux absolument pas admettre ce que dit M. Duchesneau comme étant véridique. »

Cette attaque en règle du PQ contre ce témoin de la commission Charbonneau choque, mais ne surprend pas.

Le PQ fait preuve d’hypocrisie lorsqu’il utilisait, en septembre, le rapport de l’Unité anticollusion de Duchesneau pour réclamer la destitution de Jean Charest alors qu’aujourd’hui, il soulève des doutes sur le professionnalisme du même Duchesneau.

LE PLACARD PÉQUISTE

Le PQ a-t-il des choses à cacher ? Le deuxième rapport Duchesneau, celui qui est encore secret, s’intéresse-t-il aux pratiques douteuses péquistes ?

N’oublions pas que même le scandale des commandites à Ottawa avait éclaboussé le PQ. L’ancien patron de Groupaction, Jean Brault, avouait devant la commission Gomery avoir reçu un cours de « contribution 101 » de la part d’une employée péquiste en vue de contourner la Loi sur le financement des partis politiques.

Pris la main dans le sac, le PQ dut rembourser 96 500 $ au Directeur général des élections après que le juge Jean Moisan eut retracé la route de l’argent sale.

Le PQ a depuis aboli son unité de financement (« milieu de vie ») qui sollicitait directement les grandes firmes à la recherche de juteux contrats gouvernementaux.

FINANCEMENT SYNDICAL

La commission Charbonneau pourrait aussi nous montrer une autre facette du financement du parti souverainiste que le PQ aimerait mieux qu’on ne voie jamais.

Le 24 mai 1998, le président du PQ de Mégantic-Compton, Roger Garant, envoyait une lettre à des contributeurs libéraux. Il mentionnait aux hommes d’affaires que : « Votre entreprise a su profiter il y a quelques années d’une relance grâce à un investissement substantiel de la part du Fonds de solidarité de la FTQ. Avons-nous besoin de rappeler que les dirigeants du Fonds qui ont permis cet investissement ne sont pas apparentés au Parti libéral, mais qu’ils ont plutôt des affinités avec le Parti québécois. »

À la fin, la même lettre précise même que le PQ compte sur le soutien des dirigeants de l’entreprise pour sa campagne de financement et que les chèques doivent être accompagnés des coordonnées des donateurs.

Ai-je besoin de souligner que Claude Blanchet, époux de Mme Marois, fut PDG du Fonds de solidarité de 1983 à 1997 ?

AUTOMNE CHAUD

Au cours des derniers jours, on apprenait que des employés ou des proches des cinq plus importantes firmes de génie-conseil ont versé plus de 5 millions $ aux partis politiques québécois entre 2001 et 2010; 62 % de ces contributions sont allées au PLQ, 34 % au PQ et 4 % à l’ADQ.

Combien d’entrepreneurs québécois se sont aussi fait tordre le bras pour donner au PQ en échange d’un « investissement » du Fonds de solidarité de la FTQ ?

Mme Marois peut bien souhaiter des élections au plus vite et vouloir faire taire Duchesneau. On risque d’en apprendre prochainement beaucoup sur les liens qui unissent son parti aux grandes centrales syndicales...

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