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Grand ménage

La police piège les clients dans Hochelaga-Maisonneuve

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Les hommes incapables de contenir leurs pulsions sexuelles et qui auraient envie de satisfaire celles-ci auprès des prostituées du quartier Hochelaga-Maisonneuve seraient mieux de renoncer à leurs projets. Ils pourraient tomber sur une policière et se retrouver avec une histoire à inventer pour éviter les foudres de leur conjointe.

Depuis trois semaines en effet, et durant tout l’été, les policiers du PDQ 23 et les enquêteurs de la Section Moralité de la région est mènent une opération discrète et continuelle contre les clients.

Le Journal les a accompagnés durant toute une journée récemment. Voici comment cela se passe :

À 13 h 46, Nancy (nom fictif), une jeune patrouilleuse de quatre ans d’expérience portant jupe courte et camisole moulante, se poste à l’angle des rues Sainte-Catherine et Dézéry, pendant que quatre enquêteurs, à bord de véhicules banalisés, se garent à proximité, avec vue sur « l’appât ».

À la queue leu leu

Aussitôt le « dispositif » mis en place, des véhicules ralentissent, passent et repassent devant Nancy. Un conducteur effectue même un virage en U sur Sainte-Catherine.

« Tu as vu le VUS, il a failli plugger avec une autre voiture tellement il est pressé », dit un enquêteur sur les ondes.

« Ils passent une première fois, reviennent, repassent, une autre fois. Ils évaluent la marchandise », explique le sergent Claude Lizotte du PDQ 23.

À un certain moment, pas moins de quatre automobilistes attendent en file, au beau milieu de la rue Dézéry, pour aborder Nancy, qui discute déjà avec un client.

Un coin de rue plus loin, une autre policière maquillée en prostituée, Manon (nom fictif), se fait reluquer et aborder allègrement, même par des travailleurs qui conduisent des véhicules lettrés de compagnies et qui lui promettent de revenir la voir après le boulot.

Méfiant

À 13 h 51, cinq minutes après que Nancy se soit postée sur le trottoir, un retraité de 65 ans immobilise sa voiture près d’elle.

Il abaisse sa vitre du côté passager et lui demande « si elle travaille ». Mais le type est méfiant. Nancy est jeune et belle, peut-être un peu trop. Il lui demande plusieurs fois si elle est policière, ce qu’elle nie.

Loin d’être rassuré, il s’éloigne. Mais c’est plus fort que lui. Il gare sa voiture à quelques mètres sur Dézéry et retourne à pied vers Nancy. Nouvelle discussion.

L’homme veut un massage sexuel. Cette fois-ci, une entente est conclue. La policière se dirige vers la voiture du client en faisant discrètement un signe à ses collègues.

Le juge plutôt que sa femme

Ceux-ci arrivent en trombe et tombent de nulle part sur le client, sidéré, pendant que Nancy s’éloigne en courant.

L’homme a déjà été arrêté dans les mêmes circonstances, par le passé. Sa principale crainte : il ne veut pas que sa femme le sache.

« Ça arrive tout le temps, ils disent tous ça », affirme le sergent détective Pierre Rizkallah de la Section Moralité de la région est.

L’homme a reçu en main propre une citation à comparaître. Aucun document ne lui sera envoyé à la maison, mais il devra être présent à sa comparution sinon un mandat d’arrestation sera émis.

Il est passible d’une peine maximale de 6 mois de prison ou de 2 000 $ d’amende.


Six clients ont été arrêtés sous nos yeux durant l’opération qui a dû être écourtée en raison de la canicule.

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