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Pas la panacée

Plusieurs prostituées éprouvent des problèmes de santé mentale et de toxicomanie

Pas la panacée
photo le journal de montréal, sébastien st-jean Sur le coin d’une rue dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve (HOMA), une prostituée attend d’être sollicitée par un client.

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Lutter contre la prostitution dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve en ciblant les clients n’est pas la panacée admet la police qui exhorte les responsables de la santé publique à augmenter les ressources dans le quartier.

« Ce n’est pas avec une arme, une matraque ou du poivre de Cayenne qu’on va régler le problème de la prostitution, mais plutôt avec un stéthoscope dans le cou », affirme l’inspecteur François Cayer de la police de Montréal, responsable du secteur Hochelaga-Maisonneuve.

Depuis des années, lui, les policiers du PDQ 23 et leurs collègues de la Moralité de la région Est font tout en leur pouvoir pour lutter contre la prostitution dans leur secteur.

Depuis trois ans, ils ciblent les clients dans des opérations comme celle à laquelle a assisté le Journal et que nous avons décrite dans notre édition d’hier.

Par le biais d’un programme appelé Cyclope, les résidents peuvent également dénoncer sur Internet des automobilistes qui sollicitent les prostituées.

Résultats mitigés

Cette façon de faire a obtenu des résultats. Les clients sont en effet moins nombreux et les résidentes du secteur, qui se faisaient solliciter simplement parce qu’elles marchaient dans la rue, se font moins importuner.

De plus, alors que la prostitution et les piqueries étaient présentes dans 90 % du quartier en 2008, elles le sont dans seulement 20 % aujourd’hui.

Cependant, le nombre de plaintes n’a pas diminué, car les citoyens voient davantage les prostituées qui doivent attendre plus longtemps sur le trottoir en raison de la diminution du nombre de clients.

Et surtout, malgré tous les efforts, environ 250 prostituées, dont 75 actives, sont toujours fichées dans le quartier.

La presque totalité de ces prostituées ont des problèmes de santé mentale ou sont toxicomanes. Aussitôt qu’elles ont été payées pour leurs services, elles courent à la piquerie pour s’acheter ou s’injecter leur maigre paie en crack ou héroïne.

« Dans le quartier, il y a une dynamique particulière. Les filles sont des toxicomanes sans domicile fixe. C’est un problème d’itinérance et de santé mentale avant d’en être un de prostitution », affirme l’inspecteur Cayer.

Malades et désorganisées

Encore, s’il n’y avait que la toxicomanie. Lors d’une tournée du quartier, le Journal a en effet constaté que des filles souffrent de maladies graves, tels l’hépatite et le SIDA.

« Elles sont tellement désorganisées qu’elles n’ont même pas de carte d’assurance-maladie. Elles ne peuvent pas aller au CLSC et entrer dans le système », déplore François Cayer.

« Si on fait trop de répression envers les prostituées, elles vont déménager et on va déplacer le problème. Ici, au moins, il y a des services et des ressources, mais il en faut davantage ».

« Il faut aussi trouver d’autres solutions. On est aux prises avec une problématique sociale qui est bien plus profonde que la prostitution. Il va falloir que les autorités réalisent que ce n’est pas le problème d’Hochelaga-Maisonneuve, c’est un problème montréalais », conclut l’officier.

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