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Se sentir inutile est un sentiment horrible

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À la retraite depuis deux ans, ma vie a pris un drôle de tournant. Le décès de mon mari il y a cinq ans avait créé un vide mais je m’étais raccrochée à mon cercle d’amies de travail et de couple, et à mes enfants. Je surnageais sans trop de séquelles, du moins apparentes. Une fois la succession réglée je me sentais prête pour donner ma démission au bureau. Le début de ma retraite s’est bien passé, si ce n’est qu’un de mes enfants a été promu à un poste supérieur et qu’avec sa famille il est parti vivre dans le nord de la province. Ça a créé un vide même si mon autre fils et sa femme n’habitent qu’à quelques milles de chez moi et que je les vois relativement souvent. Mais ils ont leur vie à eux et je respecte ça.

Depuis quelque temps je sens que je perds confiance en moi. Un peu comme si je n’avais plus rien à quoi me raccrocher pour me sentir utile. Je tourne en rond et même si je ne suis pas folle, le fantôme de mon mari m’apparaît à l’occasion. Je m’isole de mes amies et je n’ose parler de ça avec mes enfants de peur qu’ils ne me voient comme un poids pour eux. J’aimerais tant retrouver ma qualité de vie d’avant alors que chaque matin s’annonçait comme un nouveau bonheur.

Marie-Michèle

L’idée de vous isoler est la pire réaction qui soit dans les circonstances. Il faut exprimer ce que vous ressentez pour en prendre pleinement conscience et faire savoir à vos proches à quel point ils son importants pour vous. Entre devenir un poids et faire savoir aux gens qu’on aime leur présence, il y a une marge. Proposez- vous pour garder les enfants de votre fils qui habite près de chez vous et munissez-vous d’un ordinateur pour converser en image avec le plus éloigné et ses enfants. Une autre chose me frappe. Se pourrait-il que vous ayez bien réglé techniquement la succession de votre mari mais qu’il n’en soit pas de même avec la partie émotive de l’évènement? Peut-être devriez-vous fouiller cela avec un groupe de soutien. Finalement je vous suggère de faire un inventaire des organismes d’entraide de votre coin pour vous impliquer dans l’un d’eux. Voir de près la détresse des autres et participer à la juguler permet de relativiser la sienne.

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