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La relève du Québec veut se faire entendre

La relève du Québec veut se faire entendre
Photo le Journal de Montréal, ben pelosse De gauche à droite, Manu Ste-Croix, Francine Lareau, Vincent Miron et Émilie Ouellette.

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L’humour fonctionne tellement bien au Québec que les jeunes humoristes doivent rivaliser d’originalité pour arriver à percer le marché. C’est le constat qu’a fait le Journal en rencontrant quatre artistes de la relève qui tentent, tant bien que mal, de faire leur chemin dans l’industrie.

Émilie Ouellette, Francine Lareau, Manu Ste-Croix et Vincent Miron ne sont pas connus du grand public. Mais tous rêvent de faire carrière dans l’humour et de remplir les salles aux quatre coins de la province. Un rêve pas évident lorsque les spectateurs n’en ont souvent que pour les Louis-José Houde, Martin Matte et autres Patrick Huard.

Pour se faire connaître, certains ont opté pour le Web. Émilie, 31 ans, mère de famille, a eu l’idée du « DVD au suivant ». Sur une quinzaine de capsules, on peut la voir essayer de convaincre plusieurs vedettes (François Avard, Véronique Cloutier) de regarder un extrait de cinq minutes de son spectacle, Accoucher de rire, avant de le remettre à une autre personne.

« Il y a présentement 200 copies de mon DVD qui se promènent au Québec, dit-elle. Des gens m’écrivent de la Gaspésie, de l’Abitibi, du Saguenay. »

Vision différente

De son côté, Vincent Miron a eu l’idée de faire « une joke par jour », d’octobre 2010 à octobre 2011. « J’avais montré deux jokes à un ami humoriste, qui m’a lancé le défi d’en faire une par jour. J’ai un petit réseau de fans qui s’est formé. »

Tous âgés dans la jeune trentaine, sauf Francine qui refuse de dévoiler son âge (« Je pèse 110 lb ! »), les quatre humoristes reconnaissent que leur vision de l’industrie de l’humour a changé au fil des ans.

« C’est sûr que de devenir une mégastar comme Patrick Huard, c’était le but originel, dit Vincent Miron. Mais plus j’en ai fait, plus que me suis rendu compte que c’était d’abord le parcours qui était intéressant. L’humour m’a changé. »

Originaire de Gatineau, Manu Ste-Croix a été refusé deux fois à l’École nationale de l’humour. « Chaque année, ils avaient un Noir, donc ils avaient atteint leur quota ! », blague-t-il.

Malgré tout, le fait de ne pas avoir fait l’école a compliqué sa recherche de gérant. « Les gérants et producteurs demandent tous si j’ai fait l’école. Quand tu veux faire des soirées d’humour dans les bars, c’est aussi plus difficile. Il faut faire des open mic. »

Ancienne comédienne, Francine Lareau a quitté le milieu il y a quelques années.

« Mais je m’ennuyais de jouer, alors j’ai écrit un show. Je ne pensais pas que ce serait comique ! »

Le côté précaire du milieu les inquiète aussi. « J’ai commencé à me poser des questions en ayant 30 ans, dit Émilie. Je me demande jusqu’à quand je n’aurai pas de salaire, pas de stabilité. »

Faire son propre chemin

L’arrivée d’un premier enfant dans la vie d’Émilie lui a inspiré un spectacle qu’elle a présenté dans des organismes d’allaitement. « Je fais mon show pour des parents qui viennent avec leur bébé de 0 à 1 an. J’aime ça être humoriste de jour, je rentre chez moi à 17 h et mon spectacle est fait. »

Même si certains rêvent d’une présence à Juste pour rire, ce n’est pas le cas d’Émilie. « Juste pour rire, c’est une grosse autoroute. Je ne m’y retrouve pas. La tournée des bars n’est pas non plus un milieu pour moi. Je me suis dit que j’allais faire mon propre chemin. »

« L’important, c’est d’avoir ton public à toi, de trouver ta niche », conclut Francine.

► Le spectacle Chus pas connue (encore !), de Francine Lareau, sera présenté du 11 au 14 juillet, au Monument-National.

► Émilie Ouellette fera Accoucher de rire du 12 au 15 et du 19 au 22 juillet, à la Tentacool de la Place des Arts. Elles font toutes les deux partie du Zoofest.

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