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Élections 2.0 ? Vraiment ?

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Mercredi soir dernier, les citoyens présents sur Twitter ont eu droit à une discussion impromptue entre François Legault et Martine Desjardins sur les droits de scolarité. Un dialogue de sourds virtuel, vous diront certains.

Il n’en fallait pas plus pour que, le lendemain, les 40 000 consultants en médias sociaux autoproclamés de la province s’exclament que la prochaine campagne électorale sera 2.0 en criant d’une même voix « Obama ». Certains ont même rêvé d’un débat en ligne Twitter entre les chefs.

2.0, la prochaine campagne ? Vraiment ?

Soyons sérieux, ce à quoi nous assistons en ce moment est loin d’être la campagne Internet dont nous rêvons depuis une décennie. Et je doute que les stratégies utilisées par nos voisins du sud traversent enfin la frontière.

Car une véritable campagne en ligne n’est pas qu’une cacophonie de gazouillis partisans. Ce sera amusant soit, folklorique même. Si nous sommes chanceux, peut-être aurons-nous droit à quelques bons échanges. Mais, ce qui fera surtout la nouvelle, c’est ce gazouillis provocateur qui se fera tweeter et re-tweeter ad nauseam en plus de faire l’ouverture des bulletins de nouvelles.

Tout cela sur un réseau sur lequel moins d’un million de Québécois sont branchés et où un nombre important de ses adhérents, les jeunes, ne vote pas.

Un scénario différent de celui de nos amis américains. Là-bas, une campagne électorale en ligne commence à se préparer... le lendemain de l’élection. Les prétendants au trône n’auront de cesse d’utiliser l’arsenal des outils technologiques durant quatre années.

Le crescendo ? La dernière année avant l’élection. Blogue, Facebook, Twitter, applications Web et mobiles, YouTube, géolocalisation et j’en passe, tout sera mis à contribution et lié aux gigantesques bases de données républicaines et démocrates que sont les VoterVault et VoteBuilder. Trois mois avant l’élection, la machine fonctionne à plein régime. Ici, à quelques semaines d’une élection, quelqu’un a vu une quelconque machine se mettre en marche ?

DES MASSES D’INFORMATIONS PERSONNELLES

Et n’oublions pas que le véritable enjeu, outre la conversation continuelle avec l’électeur, est le fric. Et pour ce faire, the name of the game c’est l’exploration de données ou datamining.

Grâce à cette technologie, les stratèges des partis sont en mesure d’extraire des masses d’informations qu’ils recueillent çà et là, des informations spécifiques de votre sujet. Plus vous vous impliquez, plus vous êtes une cible pour les partis. Comprendre l’écologie de l’information afin de vous convaincre de voter et de contribuer à la caisse du parti et/ou du candidat, tel est l’enjeu d’une véritable campagne 2.0.

Évidemment, nous sommes encore à des lunes de voir les partis harnacher toutes ces technologies. N’oublions que les lois sur le financement politique et la protection des données personnelles sont fort différentes au Québec.

Bref, en attendant ce jour où les partis sauront adapter et utiliser à leur plein potentiel ces outils technologiques, contentons-nous de nous asseoir et d’attendre le prochain faux pas sur Twitter. Et qui sait, si nous sommes chanceux, un échange qui ne sera pas une cacophonie. Mais ça, j’en doute.

Quoi qu'en pensent les gourous, les soupers spaghettis ont encore un bel avenir.

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