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Un avenir incertain

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Pour que la langue française ait un avenir, il faudrait dès à présent commencer par bien l’utiliser.

Le forum mondial sur la langue française, qui s’est déroulé à Québec cette semaine, a permis de constater que les Québécois ne sont pas les seuls à s’inquiéter pour leur langue. Un millier de participants, venus de quelque 110 pays, ont discuté toute la semaine sur ce thème.

Mais on aura beau tracer les plans que l’on voudra, prendre les mesures que l’on pourra ou débattre encore et encore de la question au niveau des élites, la langue française n’a pas d’avenir si les populations francophones ne s’en préoccupent pas davantage. Et malheureusement, le constat qui s’impose au quotidien, c’est que la qualité du français s’amoindrit peu à peu, laissant place à une langue hybride plutôt pauvre.

Qualité médiocre

La télévision, la radio et les médias sociaux ont une influence indéniable sur notre langue française. Or, le français qui y est véhiculé est parfois de qualité plus que médiocre.

Sur les médias sociaux, les gens communiquent entre eux dans un charabia d’anglais, de français et d’abréviations qui ne respecte aucune règle. Surtout chez les jeunes, mais aussi chez les plus vieux.

Comment voulez-vous qu’ensuite, pour des communications plus sérieuses, ces mêmes personnes écrivent en respectant une orthographe aussi complexe que celle de la langue de Molière?

À la radio, de nombreux animateurs s’adressent à leur public en employant un vocabulaire très limité, où les anglicismes côtoient les mots vulgaires, sans aucun souci de bien parler ou de s’exprimer adéquatement et même, parfois, clairement.

Quant à la télévision, la multiplication des téléréalités n’arrange rien. Pour rester poli, disons que le français qui s’y parle n’est pas très académique. Sans oublier l’apport de certains artistes, principalement chez les humoristes qui, pour faire une bonne blague, n’hésitent pas à employer un langage de bas niveau, quand ils ne sombrent pas tout simplement dans la vulgarité.

Inquiétudes

Sans être alarmiste, il y a de quoi s’inquiéter. Si nous continuons à négliger notre langue, nous négligerons bientôt notre culture et nous serons peu à peu absorbés par cet amalgame sans saveur que l’on appelle la mondialisation.

Le 45e Festival d’été de Québec a débuté jeudi avec un spectacle entièrement en français, fort apprécié de tous ceux qui y ont assisté. C’est pour conserver ce type d’événement qu’il faut protéger notre langue sinon, notre Festival d’été ne sera pas différent des nombreux autres festivals américains ou canadiens anglais qui pullulent autour de nous. Et il n’attirera plus autant les foules ou du moins, pas plus que les autres.

Des efforts

Comprenons-nous bien, dans le nouveau contexte mondial, il est devenu nécessaire de parler anglais. Pas question de s’isoler. Mais évitons de communiquer à l’aide d’une bouillie « franglophone » comme celle que l’on entend trop souvent ou que l’on utilise dans les échanges sur les médias sociaux.

Il appartient à chacun et chacune de faire des efforts, en commençant par se corriger mutuellement dans une conversation, en s’adressant aux gens en français d’abord, avant de passer à l’anglais si notre interlocuteur ne comprend pas et, surtout, en exigeant d’être servi en français ici, chez nous.

Je continue de croire qu’il faut se battre au quotidien pour conserver nos différences. Et notre langue est notre principale différence. C’est ce qui fait de nous un peuple unique qui attire les gens d’ailleurs, aucun doute là-dessus.

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