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Mascouche | Maire Marcotte

Expulsé sous les huées

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« Dehors, Marcotte, dehors ! » Le maire de Mascouche a été expulsé hier soir de son propre conseil municipal par des centaines de citoyens en colère, lui qui tentait un retour en public pour la première fois depuis sa mise en accusation pour fraude.

La présence de Richard Marcotte à l'hôtel de ville, trois mois après son arrestation par la Sûreté du Québec, n'a duré que cinq petites minutes.

Dès son entrée dans la salle du conseil, il a été accueilli par des huées nourries. « L'enveloppe, l'enveloppe, l'enveloppe ! », scandaient plusieurs citoyens avec sarcasme.

Ils faisaient référence au stratagème de pots-de-vin auquel la police soupçonne Marcotte d'avoir participé, en compagnie notamment de l'ancien directeur général de la ville Luc Tremblay, des entrepreneurs Tony Accurso et Normand Trudel et de l'organisateur libéral Louis-Georges Boudreault.

Escorte policière

Sous le vacarme des tapements de pied et des sifflets, le maire a même essayé de faire une déclaration au micro, sans succès. Même la mairesse suppléante, Lise Gagnon, a demandé au maire de quitter les lieux sur-le-champ pour que la séance puisse avoir lieu.

Il a fallu que Marcotte marche vers la sortie escorté par des policiers, sous les applaudissements, pour que la séance du conseil puisse commencer.

Le maire s'est engouffré dans un immeuble adjacent sans accorder d'entrevue.

Richard Marcotte avait choisi de se présenter hier parce qu'il ne voulait pas risquer de perdre son poste à la suite d'une absence de plus de 90 jours au conseil municipal, comme le prévoit la loi provinciale.

Bien qu'il ne se présente plus au travail depuis trois mois, il continue de toucher son plein salaire d'élu, qui s'élève à près de 110 000 $.

Et puisqu'il a fait acte de présence hier soir, il pourrait choisir de ne plus se présenter jusqu'à la séance du 9 octobre, sans que son poste de maire ne soit en jeu.

Petite salle

Entre-temps, Marcotte, 65 ans, doit se préparer à revenir en cour le 10 octobre prochain pour faire face aux six chefs d'accusations criminelles qui pèsent contre lui.

Curieusement, la ville de Mascouche avait pris la décision de tenir l'assemblée dans la très petite salle du Conseil de l'Hôtel de Ville, beaucoup moins vaste que le pavillon du Grand-Coteau, où sont normalement organisées les séances susceptibles d'attirer beaucoup de gens.

Plusieurs dizaines de citoyens ont donc été tenus à l'extérieur par les policiers.

« J'ai demandé la grande salle, et vous avez répondu que vous aviez un meilleur contrôle (des débordements) ici », a reproché le conseiller Jacques Tremblay à quelques-uns de ses collègues.

 

Au fil des mois...
3 novembre 2010
Une enquête de Radio-Canada montre des liens étroits entre Richard Marcotte et l'entrepreneur Normand Trudel, à qui la ville de Mascouche accorde des dizaines de millions $ en contrats.
5 novembre 2010
Le ministère des Affaires municipales décide d'enquêter sur les allégations de conflits d'intérêts à Mascouche.
8 novembre 2010
Richard Marcotte se retire temporairement du conseil municipal pour " se consacrer à sa défense et à la restauration de sa réputation ". Il reviendra en janvier 2011, comme maire indépendant.
12 juillet 2011
Au cours d'une assemblée du conseil, le maire Marcotte est assailli par un citoyen qui l'asperge de ketchup.
16 décembre 2011
Le ministère des Affaires municipales publie un rapport qui blâme la régie d'assainissement des eaux Terrebonne-Mascouche en identifiant plusieurs lacunes dans l'attribution des contrats.
17 avril 2012
L'Unité permanente anticorruption (UPAC) et la Sûreté du Québec mènent l'opération Gravier pour démanteler un réseau de fraude. Ils arrêtent 14 personnes dont les hommes d'affaires Tony Accurso et Normand Trudel. Richard Marcotte échappe aux policiers, car il est en vacances dans un luxueux complexe hôtelier de Varadero, à Cuba.
20 avril 2012
De retour de voyage en compagnie de sa conjointe, Marcotte est arrêté en pleine nuit à l'aéroport Montréal-Trudeau. Il fait face à 6 chefs d'accusation criminels. Le maire est libéré 9 heures plus tard avec promesse de comparaître.
5 juillet 2012
Dans un autre rapport, le ministère des Affaires municipales relève de nombreuses pratiques illégales dans l'attribution des contrats publics de la ville de Mascouche, entre janvier 2009 et octobre 2010.

«
Va-t’en, on a plus besoin de toi ! Il n’y aura pas de réunion à soir. »
- Un citoyen en colère s’adressant au maire Marcotte
«
Monsieur Marcotte, on vous demande de quitter pour qu’on puisse continuer notre travail. »
- Lise Gagnon,
mairesse suppléante
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