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Amende de 800 $ pour des restes de poulet cuit

Amende de 800 $ pour des restes de poulet cuit
Photo Le Journal de Montréal, Stéphan Dussault Les restes du repas confisqué aux douanes de l’aéroport Montréal-Trudeau, composé de bouts de poulet cuits et de ce qui ressemble à des dattes ou à des figues séchées.

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Oublier de déclarer au douanier les restes d’un repas peut coûter très cher. Un homme en provenance de Paris l’a appris à ses dépens.

« C’est injuste et méprisant », tonne Toufik Kherrachi.

L’homme a contesté sans succès une amende de 800 $ reçue il y a un an et demi. Son crime ? Avoir oublié de déclarer les restes d’un repas de poulet confisqué dans son bagage à main à son arrivée de Paris.

Un oubli coûteux

Le 2 décembre 2010, l’homme ne se doutait pas que le repas mangé en partie quelques heures plus tôt dans l’avion lui causerait autant d’ennuis.

À son arrivée à l’aéroport de Montréal-Trudeau, il remplit sa fiche de déclaration, mais omet de mentionner les restes de son repas du midi oublié dans son bagage à main.

Ces restes sont composés de bouts de poulet cuits ainsi que ce qui ressemble à des dattes ou des figues séchées.

Le pot aux roses est découvert et la douanière lui remet illico une amende de 800 $ pour avoir importé illégalement un sous-produit animal.

« Selon notre lecture, monsieur a volontairement caché sa nourriture. C’est pour cette absence de bonne foi que l’amende a été émise », soutient Véronique Lalime, conseillère en communication à l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC).

Jugeant de son côté la situation absurde, Toufik Kherrachi décide de contester l’amende.

« En plus, j’étais à l’époque un nouvel arrivant en quête d’emploi et sans possibilité d’obtenir de l’aide sociale, alors je n’avais pas les moyens de payer cette amende. »

Quatre jours plus tard, soit le 6 décembre 2010, M. Kherrachi s’adresse à la Commission de révision agricole du Canada, l’organisme chargé de revoir les décisions de l’ASFC.

Un an plus tard, le 30 décembre 2011, Toufik Kherrachi se fait souhaiter une bonne année 2012 par l’annonce du maintien de la décision de l’ASFC.

Une menace au pays

« Le contenu de ce repas peut représenter une menace pour le Canada. On n’a qu’à penser à la grippe aviaire », justifie Véronique Lalime, de l’ASFC.

« Pour la plupart des Canadiens, le risque de contracter la grippe aviaire est extrêmement faible », explique pourtant Santé Canada sur son site Web.

« À ce jour, presque tous les cas humains ont été liés à un contact étroit avec des volailles domestiques infectées », ajoute l’organisme de santé publique.

La nutritionniste Stéphanie Côté trouve le verdict « exagéré ».

« D’un point de vue sanitaire, on ne parle pas de l’importation d’une production de poulets qui n’a pas été inspectée. Un repas de poulet cuit n’est nocif que s’il est mangé. Dans ce cas, les risques de propagation sont à peu près nuls », dit la spécialiste d’Extenso, le centre de référence en nutrition de l’Université de Montréal.

Dans le document de la Commission, l’Agence n’y va pourtant pas avec le dos de la cuillère.

« La violation alléguée, pour laquelle la sanction imposée est de 800 $, est une violation grave du règlement », peut-on y lire.

Saisies à l’aéroport
Montréal-Trudeau
depuis un an
Produits
d’origine végétale
41
Produits
d’origine animale
356
Total des amendes
113&nbsp200 $
Source : asfc
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