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Deux recteurs bien gâtés

Ils bénéficient d’une voiture de fonction de luxe conduite par un chauffeur privé

Chauffeur fourni
Photo Le Journal de Montréal, Chantal Poirier Alors que le recteur de Concordia se voit octroyer une superbe Lexus, ses homologues de Laval et de l'Université de Montréal ont le chauffeur fourni.

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Les recteurs de deux universités québécoises circulent dans de luxueuses voitures conduites par des chauffeurs privés, une situation qui provoque l’indignation tant des étudiants que des contribuables.

Le Journal a appris que les recteurs de l’Université Laval et de l’Université de Montréal ont à leur disposition une voiture de fonction conduite par un chauffeur privé, un avantage qui s’ajoute à leur salaire annuel de plus de 300 000 $.

L’Université de Montréal loue une luxueuse voiture Lexus RX 450 Hybride à 750 $ par mois, pour les allers et venues du recteur Guy Breton.

Les vice-recteurs de l’Université peuvent également profiter de ce privilège, malgré qu’on leur verse déjà une allocation de 1 666 $ par année pour leurs déplacements.

Alors que le débat sur le sous-financement chronique des universités défraye la manchette depuis plusieurs mois, l’Université Laval débourse de son côté 22,97 $ de l’heure pour un chauffeur qui est à l’entière disposition du recteur Denis Brière et du vice-rectorat.

L’Université Laval n’a pas voulu accorder d’entrevue au Journal sur la question, tout comme elle a refusé de dévoiler la marque de la voiture utilisée par le recteur.

En 2005, dans le cadre d’un article interne sur les 25 ans de service de membres du personnel de l’université, le chauffeur Ghislain Plamondon avait levé le voile sur quelques aspects de son métier, notamment les « qualités essentielles » que requiert sa fonction : « disponibilité, résistance au stress et la discrétion ».

« J'ai dû m'adapter à un horaire variable, expliquait-il. Dans mon travail, le 9 à 5 n'existe pas. »

Loin d’être la norme

Ces avantages sont loin d’être la norme dans le milieu universitaire québécois.

La semaine dernière, le Journal révélait que les universités McGill et Concordia versent de généreuses primes à leurs hauts dirigeants pour la location de voitures.

Cependant, elles n’offrent pas un service de voiture de fonction et de chauffeur à leurs recteurs.

La situation est identique du côté des universités francophones. À Sherbrooke, une fourgonnette a toutefois été achetée pour les transports interurbains des employés.

Scandaleux

La situation scandalise les associations étudiantes.

« C’est extrêmement choquant, affirme la présidente de la FECQ, Éliane Laberge. Les sommes dépensées par les universités pour des biens de luxe devraient plutôt être investies dans l’enseignement. »

« Nous comprenons que les recteurs ont des déplacements à faire, fait valoir le porte-parole de la FEUQ, Yanick Grégoire. Mais ce ne sont pas des rockstars. Ils n’ont pas besoin d’une voiture de fonction avec chauffeur. »

De son côté, la porte-parole de la Ligue des contribuables, Claire Joly, affirme que ces dépenses sont « renversantes » et « injustifiables ».

« Comme contribuable, je demande que cette pratique cesse immédiatement et qu’on nous donne des explications. Ça dépasse les bornes et on a fini de payer pour ça. »

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