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Les besoins sont grands

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Smaedi, c’est notre dernier jour sur la terre ferme. Les équipiers du Océan Phénix sont souriants et nerveux tout à la fois, c’est palpable. Rien de plus normal, l’ambiance électrisante qui règne sur les pontons contribue à faire réaliser que bientôt nous larguerons les amarres.

C’est à ne pas y croire, nous sommes déjà le 21 juillet, le compteur sur la page d’accueil de notre site www.georgesleblanc.com n’indiquera bientôt plus les jours, mais bien la vingtaine d’heures avant que soit donné le signal du départ de la Transat Québec−Saint-Malo 2012.

Inutile de s’inquiéter pour le temps qui file à vue d’œil, le départ est prévu demain, à 11 h 35, pour les bateaux de la classe Open. Il nous faut plutôt être conscients que la seule manière d’y arriver est de relever nos manches et d’embarquer l’avitaillement nécessaire afin de nourrir 12 personnes.

Les besoins à combler sont nombreux lorsqu’il s’agit de partir en mer en course, au large sur un voilier de 65 pi tel que le Océan Phénix. Il nous faut alimenter tout ce beau monde, et cette responsabilité revient à notre équipière Sonia, qui a cherché et trouvé les réponses à ses interrogations, à savoir : comment nourrir 12 bouches durant de 12 à 15 jours tout en minimisant le poids, les déchets et les efforts à faire en mer?

Tout un défi

Voilà qui n’est pas une mince affaire! Ses premiers calculs lui ont vite fait prendre conscience qu’elle venait de s’embarquer dans toute une galère! Imaginez : 12 personnes x 3 repas par jour x 15 jours = 540 repas; ajoutez à cela les collations qui sont presque aussi importantes que les repas : 12 personnes x 2 collations par jour x 15 jours = 360 collations.

Je la voyais épuisée rien que d’y penser, mais elle savait que plusieurs solutions viendraient d’elles-mêmes si elle se laissait le temps de cogiter sur tout cela. Et, à force de planifier, de planifier et de replanifier, de poser des questions à plusieurs personnes sur les façons d’équilibrer les repas, de déterminer les meilleures méthodes de conservation et de faire plaisir à la gang, elle entrevoyait déjà cette tâche avec beaucoup plus d’enthousiasme et de plaisir.

Il faut dire également qu’elle a la chance d’avoir des coéquipiers dont les goûts ne sont pas trop capricieux pour contrebalancer les appétits plutôt insatiables, voire même gourmands!

Astuces pratiques

Des trucs... Pour la conservation des plats mijotés, elle a hésité entre deux techniques : la mise en boîtes de conserve ou la stérilisation de 110 pots Mason. Les précieux conseils de certaines personnes l’ont amenée à choisir la stérilisation.

Il faut dire que les risques de botulisme étaient plus élevés avec la méthode de mise en conserve. Cette question étant réglée, elle a pu commencer à réfléchir au menu des dîners et des soupers. À son plus grand plaisir, plusieurs de ses proches ont décidé de contribuer à cette grosse opération bouffe!

Par exemple, son ami Pat a fait de la sauce à spaghetti et fait stériliser les pots par Mimi. Sa mère et ses copines se sont affairées à préparer des soupes et du poulet. Ses amies des Îles-de-la-Madeleine et sa collègue Rachel ont aussi mis la main à la pâte! Elle a rédigé le menu à partir de leur générosité et elle a complété avec ses recettes personnelles, y compris sa très appréciée bouillabaisse, demande spéciale de la gang!

Elle a poursuivi également sa réflexion pour les collations, elle a calculé et recalculé combien il nous faudrait de barres tendres, de compote de pommes, de salade de fruits, de mélanges de noix et de charcuterie.

Les circulaires sont devenus au cours des semaines précédentes sa principale lecture, à la recherche d’aubaines et de bas prix! À présent, tout est préparé, un travail colossal a été accompli. Maintenant, il suffit d’embarquer cet avitaillement sans oublier les 30 pains de mer, les 400 litres d’eau et tout le nécessaire pour l’hygiène personnelle.

Nul doute, l’équipage va se délecter tout au long de la traversée.

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