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Le Nord carbure au diesel

Le Nord carbure au diesel
photo courtoisie Un bateau-citerne approvisionne la vieille centrale électrique du village de Whapmagoostui.

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Malgré les promesses de développement durable, les grands chantiers du Plan Nord risquent d’être alimentés par des centrales au diesel à cause du coût très élevé de construction de lignes électriques dans le Nord du Québec.

Chaque année, les villages éloignés du Nord du Québec qui ne sont pas branchés au réseau québécois brûlent 53 millions de litres de diesel pour l’électricité et le chauffage, pour une valeur de près de 84 millions $.

Un projet minier comme celui de Raglan, dans l’extrême Nord du Québec, pourrait quant à lui nécessiter près de 40 millions de litres de diesel par année. Stornoway Diamond a annoncé le mois dernier avoir choisi de brûler ce carburant pour alimenter en énergie sa mine de diamants.

Pas près de bouger

Et la situation n’est pas près de bouger. Le 5 juillet 2011, la Régie de l’énergie autorisait Hydro-Québec à construire une nouvelle centrale thermique à Akulivik, en remplacement de la centrale actuelle, en fin de vie utile, pour la somme de 49,4 M$. La mise en service de la nouvelle centrale est prévue en 2015.

La société d’État avait invoqué la non-rentabilité d’un raccordement au réseau intégré pour défendre le projet. Elle se référait à l’étude du projet de raccordement Kuujjuaq. « Une ligne de transport [...] d’une longueur de 450 kilomètres avait été sommairement étudiée. Le coût de construction d’une telle ligne était alors évalué à environ 700 000 $ par kilomètre, soit environ 348 millions $... », peut-on lire dans le mémoire d’Hydro-Québec déposé à la Régie.

Hydro-Québec avait « clairement établi que le raccordement était de loin moins économique que la construction d’une centrale thermique. »

L’éolienne à la rescousse ?

L’énergie éolienne pourrait toutefois résoudre une partie du problème de l’électrification du Nord québécois. À défaut de subvenir complètement aux besoins des citoyens et des entreprises, elle pourrait permettre de réduire la consommation de combustible fossile. Hydro-Québec avait étudié la question pour le dossier d’Akulivik.

« L’énergie éolienne ne peut à elle seule répondre aux besoins en énergie et en puissance », estimait la société d’État, qui souhaite toutefois réaliser un projet pilote de jumelage éolien-diesel dans le village de 570 habitants situé à près de 1 700 kilomètres de Montréal à vol d’oiseau.

En fait, le gouvernement du Québec estime que le couplage entre éoliennes et génératrices au diesel dans les 14 villages du Nunavik pourrait diminuer « de façon substantielle » la consommation de carburant et réduirait l’émission de Co2 de près de 20 000 tonnes, une baisse de 42 % par rapport à la situation actuelle.

De son côté, la minière Stornoway Diamonds avait admis ne pas avoir étudié le scénario de couplage d’énergie éolienne avec ses génératrices au diesel.

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