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Drôles d’oiseaux

L'ombrette africaine

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C’est un oiseau africain au comportement et à l’aspect surprenants. Depuis longtemps, son anatomie et ses habitudes bizarres, pour un oiseau aquatique, ont inspiré les pires inquiétudes aux tribus.

Pour bien des peuples, un plumage aussi sombre et triste ne pouvait que porter malheur. À Madagascar, par exemple, on l’accusait de répandre la lèpre, rien de moins. En Afrique du Sud, un membre de la tribu des Bushmans qui osait voler des matériaux d’un des nombreux et volumineux nids construits par ces couples infatigables allait fatalement être tué par la foudre.

En réalité, pourquoi les dieux du ciel auraient affublé un oiseau d’un costume aussi laid et effrayant sinon pour transmettre aux humains leur colère et provoquer la crainte et la méfiance ?

Et surtout, pourquoi un profil aussi étrange qui le fait ressembler à un grand marteau ou à une enclume. En anglais, cette forme spéciale ne lui a-t-il pas valu le nom peu enviable de « hamerkop » ou de « hammerhead » ?

Construire sans arrêt des nids totalement inutiles

Et pourquoi construire tant de nids (certains couples en bâtissent de 3 à 5 durant une même saison) qu’ils n’utiliseront jamais ? D’énormes nids abandonnés qui feront le bonheur de multiples squatteurs de la brousse, comme des serpents, des rapaces ou de petits mammifères. Ces habitations sont parmi les plus robustes construites par des oiseaux. Leurs parois peuvent atteindre plus de 30 cm d’épaisseur.

Il faut observer la manœuvre de l’ombrette qui arrive avec une longue branchette de plus de 60 cm. Elle l’enfonce dans l’ouvrage tandis que son partenaire posté de l’autre côté du nid attend son extrémité pour la tirer vers lui de toutes ses forces.

Mimer un accouplement sans vraiment passer à l’acte

Et que dire de ces couples qui font semblant de s’accoupler ? Pour stimuler davantage sa copine, le mâle sautille frénétiquement, de façon plutôt malhabile, autour d’elle jusqu’à ce qu’elle se laisse convaincre. Alors, il la chevauche, puis s’arrête brusquement sans copuler. 

Ces comportements inhabituels chez des êtres venus des cieux, là où les dieux tout puissants décidaient de tout, ont tellement impressionné les tribus qu’elles ont décidé de s’en éloigner et bien entendu de ne pas manger d’une chair aussi suspecte.

Selon nos guides, cela permet d’expliquer, du moins en partie, leur dispersion relativement importante au sud du Sahara, sans oublier Madagascar et le sud-ouest de la péninsule arabique.

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