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Natation

Missy avait le choix de devenir Canadienne

Melissa «Missy» Franklin
Photo Leon Neal / AFP Melissa «Missy» Franklin

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LONDRES – La nouvelle championne olympique du 100 mètres dos Melissa «Missy» Franklin aurait pu être l’athlète du Canada la plus dominante en natation depuis les beaux jours d’Alex Baumann et Victor Davis, médaillés aux Jeux de Los Angeles en 1984. Tout ce qu’elle avait à dire, c’était «oui».

Missy avait il n’y a pas si longtemps l’occasion de choisir les couleurs qu’elle voulait représenter. Ses parents lui ont demandé de se positionner sur la question. Ils lui ont même suggéré qu’elle aurait probablement moins de pression à subir sous l’unifolié que dans le contexte américain, digne des téléromans avec son mode de qualifications olympiques. Elle a choisi...

La jeune femme de 17 ans possède la double nationalité. En banlieue de Denver, où elle réside, on la surnomme la Michael Phelps féminine.

Ses parents ont connu de belles carrières sportives. Son père Dick, de St Catharines en Ontario, a brillé au football comme joueur de ligne pour l’Université St. Mary’s de Halifax. Il a même disputé une partie hors-concours pour les Argonauts de Toronto.

Plus tard, dans une autre institution, soit à l’Université Dalhousie de la Nouvelle-Écosse, il a rencontré une étudiante en médecine, D.A. Le couple s’est marié et Dick s’est déniché un emploi pour 7Up en Ontario avant d’en occuper plusieurs autres et d’aboutir au Colorado pour la brasserie Coors.

Plus de 20 ans après le début de l’union, Missy est née.

Elle est devenue nageuse et a pu opter pour la nation qu’elle représenterait même si elle n’avait que 16 ans l’an dernier.

«Mes parents, à travers les décisions importantes que j’ai eu à prendre, ont souvent pris le temps de s’asseoir avec moi pour me dire qu’ils étaient fiers et qu’ils m’aimaient, a expliqué celle qui a été couronnée lundi à la piscine olympique. Ils ont été parfaits. Absolument merveilleux.»

Pour ajouter au segment canadien de sa vie, Missy précise que son endroit favori sur la planète est le chalet de sa tante, le Dr Cathy Campbell, à Pictou en Nouvelle-Écosse. Madame Campbell –les heureux hasards de la vie- est aussi à ces Jeux de Londres... en qualité de médecin de la formation de soccer du Canada! Quand celle-ci a appris qu’il y aurait une réunion d’équipe à l’heure précise où sa nièce serait en action, Campbell a exigé qu’une télévision branchée sur les épreuves de la natation soit dans la pièce.

«C’était incroyable, tout à fait incroyable, a dit le médecin qui pratique à Toronto. J’ai dû me contenir et me ressaisir pour le reste de la réunion. Le sourire de Missy accroché à son visage à la fin de la course, je n’oublierai pas ça d’ici la fin de mes jours. Quel sourire radieux!»

C’était loin de constituer une simple médaille d’or, cette performance de Missy Franklin. La nageuse a fait davantage que l’emporter, elle a triomphé comme rarement dans l’histoire puisque 15 minutes avant cette course, elle venait de s’exécuter au 100 mètres libre.

Certains observateurs avaient qualifié la décision de prendre part aux deux spécialités était une pure folie. Aujourd’hui, on admire doublement Franklin.

«Je ne sais pas où ces filles trouvent l’énergie pour tout faire ça», a dit Michael Phelps, à ce sujet.

Missy est le genre de personnalité, intelligente, humble, qui aurait constitué un parfait modèle de la société. D’ailleurs, elle réfute le surnom de «Missile» qu’on lui accole.

«Je ne suis qu’une fille passionnée par tout ce qui lui arrive dans la vie», se contente-t-elle de lancer.

Avec un passeport canadien en poche, deux parents canadiens, nous aurions pu nous dire de Franklin qu’elle fait partie des nôtres.

 

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