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CINÉMA | controverse

Starbuck vs Spermatofolie

Starbuck vs Spermatofolie
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Est-ce que les scénaristes de Starbuck, Ken Scott et Martin Petit, se sont inspirés du roman français Spermatofolie ? Les éditeurs de l’auteur Guillaume Cochin le pensent, mais l’équipe du film québécois dit n’avoir jamais entendu parler de cette œuvre avant la semaine dernière.

Les deux histoires ont certes des similitudes : un donneur de sperme, des centaines d’enfants qui veulent connaître leur géniteur, un personnage central tourmenté aux prises avec un mal de vivre, et une finale dans les mêmes teintes. Une comparaison entre les deux œuvres (voir autre texte) permet rapidement d’identifier les similitudes. Violation des droits d’auteur ou fruit du hasard ?

Mise en demeure

Les éditions Jean-Claude Gawsewitch et l’auteur Guillaume Cochin ont envoyé mercredi dernier une mise en demeure aux producteurs et réalisateurs du film Starbuck pour contrefaçon. Ils estiment que l’idée du film est inspirée du roman Spermatofolie de Guillaume Cochin, publié en 2007.

« En effet, l’idée centrale du film, à savoir l’histoire d’un homme se retrouvant père de plusieurs centaines d’enfants à la suite d’un don de sperme, est directement issue du livre de Guillaume Cochin », martèlent les éditions JC Gawsewitch dans un communiqué.

Le producteur québécois André Rouleau nie ces accusations.

« J’ai contacté Ken [Scott] et Martin [Petit], qui m’ont dit n’avoir jamais entendu parler de ce gars-là ou de ce livre-là avant-hier, ni même de leur vie », a-t-il indiqué la semaine dernière à l’Agence QMI.

Long et coûteux

Selon Me Claude Brunet spécialisé dans les questions de droits d’auteurs, un cas comme celui de Starbuck/

Spermatofolie doit être étudié sous différents angles. Il explique que Ken Scott et Martin Petit n’ont pas eu le droit de copier une œuvre à laquelle ils ont eu accès. Mais pour ça, les avocats des éditions JC Gawsewitch doivent démontrer que les scénaristes l’avaient bel et bien lu.

« Sur le plan du droit, je dirais que même s’ils réussissent à prouver qu’il y a beaucoup de similitudes entre le livre et le film, là où ils vont avoir une grosse côte à remonter, c’est de prouver que les auteurs du film avaient lu le livre. », explique l’avocat.

« Je ne sais pas si ça va se rendre à procès, mais si les Français continuent et que les producteurs de Starbuck se défendent, ça va être un procès qui va être coûteux et qui va être long. », conclut-il.

L’affaire connaîtra-t-elle une fin heureuse comme celles de Starbuck et de Spermatofolie ?

Qu’il y ait eu ou non une violation du droit d’auteur, reste que le roman Spermatofolie (publié en 2007) et le film Starbuck (sorti en 2011) présentent beaucoup de similitudes.
Don de sperme
Pendant un an, à raison de deux fois par jour, Guillaume Bodin donne du sperme à l’hôpital Cochin. Ainsi, il donne plus de 500 fois.
Pendant près de deux ans, entre 1988 et 1990, David Wokniak donne 693 fois à la Clinique L. Lafrance.
Aide
Les enfants ont tous une anomalie génétique et Guillaume est « le seul, je dis bien le seul en mesure de les sauver ».
Chaque fois que David découvre l’existence d’un de ses enfants, il cherche d’une manière ou d’une autre à améliorer l’existence de celui-ci.
Mal de vivre
Avant d’apprendre qu’il est le géniteur de 367 jeunes, Guillaume ne sort jamais de son appartement. Son seul contact avec l’extérieur lui parvient de son téléviseur. Sa vie n’a aucun sens. Mais suite à sa rencontre avec ses enfants, son existence change complètement. Il écrit : « Je suis devenu sociable, ma vie se remplit de celle des autres. Mon âme asséchée s’imbibe d’existence. »
Au début du film, David ne va pas bien. Il a une dette de 80 000 $, son amoureuse enceinte le largue et il déçoit constamment sa famille. Par contre, lorsqu’il apprend qu’il est le géniteur de 533 enfants, il reprend petit à petit le contrôle sur sa vie. Entre autres, Valérie lui fera de nouveau une place à côté d’elle et de l’enfant à venir.
Bon donneur
La quantité de sperme qu’il fournit par séance est bien au-dessus de la moyenne. À sa première visite, l’infirmière dit à Guillaume : « (...) mon collègue qui a réceptionné votre éprouvette affirme qu’il n’y a aucun problème. Il a ajouté qu’il n’avait jamais vu ça ! Vous êtes très productif... Bravo. »
Pendant un certain temps, la clinique ne donne à ses clientes que le sperme de Starbuck. L’avocat de la clinique, Maître Chamberlan lui dit : « Vous avez un sperme de bonne qualité. »
Centaines d’enfants
Plus de 15 ans après avoir donné son sperme, Guillaume Bodin voit aux nouvelles télévisées un jeune homme qui explique qu’il a une maladie génétique rare et qu’il cherche son géniteur, le seul être qui pourrait le sauver de la cécité totale. Guillaume décide de téléphoner et de mentionner qu’il est le donneur D.A.1922.M. Les autorités finiront par lui dire que 367 adolescents ont la même anomalie génétique et que ce sont tous ses enfants.
Plus de 20 ans après avoir fréquenté la clinique L. Lafrance, David apprend par l’entremise de Maître Chamberlan qu’il est le géniteur de 533 enfants dont 142 souhaitent connaître son identité. Un regroupement de ces jeunes tente d’obtenir gain de cause devant les tribunaux.
Lieu de retraite
Guillaume et ses enfants se retrouvent « tous ensemble dans un centre hospitalier en Touraine » où ils font connaissance.
Un week-end, les enfants de Starbuck se retrouvent dans un chalet en campagne. David se joint à eux.
Fin de l’histoire
À la fin de l’histoire, Guillaume Bodin découvre l’amour. Anne met au monde Joséphine Bodin.
À la fin du film, David Wosniak demande en mariage Valérie et il est le père d’un petit garçon.
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