/entertainment/movies
Navigation
Jean-Claude Lauzon

Joyeux anniversaire Léolo

Ginette Reno salue les 20 ans de l’œuvre culte et la mémoire de l’homme qui l’a créée, Jean-Claude Lauzon

Joyeux anniversaire Léolo
photo d’archives En 1992, Ginette Reno et Maxime Collin tenaient l’affiche de Léolo, une comédie dramatique inspirée par l’enfance de son réalisateur, Jean-Claude Lauzon.

Coup d'oeil sur cet article

À l’aube du 15e anniversaire du décès de Jean-Claude Lauzon, Ginette Reno salue avec émotion la mémoire de l’homme qui l’a dirigée dans Léolo. Vingt ans après la sortie du film, la chanteuse se rappelle avec bonheur les moments passés auprès du regretté cinéaste. « C’était un être exceptionnel », dit-elle en entrevue au Journal de Montréal.

Sorti sur 8 écrans le 5 juin 1992, Léolo a rallié 110 000 spectateurs durant son passage en salles au Québec. Encore aujourd’hui, ce long-métrage continue de marquer les esprits avec sa poésie visuelle et sonore.

Inspirée de L’avalée des avalés, de Réjean Ducharme, et de l’enfance de Lauzon, Léolo brosse le portrait d’un garçon montréalais vivant dans une famille dysfonctionnelle du quartier Saint-Henri. Joué par Maxime Collin, le gamin passe ses journées à rêver pour fuir sa triste réalité.

À l’origine, Ginette Reno ne voulait pas interpréter la mère névrosée du jeune homme en raison des scènes « assez particulières » qui composaient le film. Du nombre, citons celle où elle accouche d’une tomate contaminée et l’autre où elle apparaît, culottes baissées, sur un bol de toilette.

La diva a partagé ses inquiétudes avec Jean-Claude Lauzon au début du tournage, mais ce dernier n’a pas flanché.

Léolo ne devait pas être le dernier long-métrage de Jean-Claude Lauzon. Le destin en a voulu autrement. Le réalisateur d’Un zoo la nuit a perdu la vie dans un accident d’avion le 10 août 1997 avec sa conjointe, Marie-Soleil Tougas. « Lauzon était un être marginal, dit Ginette Reno avec tendresse. Il est mort comme il a vécu. »

Souvenirs de Cannes

Léolo a reçu plusieurs honneurs durant sa carrière en salles. Épis d’or au Festival du film de Valladolid en Espagne, il a gagné trois prix Génie en plus d’être sélectionné au Festival du film de Cannes. Ginette Reno garde un excellent souvenir de son passage sur la côte d’Azur, où elle avait notamment dansé avec son « idole » de l’époque, Roy Dupuis.

« J’étais excitée comme une enfant ! s’exclame-t-elle. Je me rappelle les bateaux sur la Croisette. Et mon siège... qui avait été celui de Tom Cruise la veille ! »

« J’étais pas mal connue dans ce temps-là, dit-elle. J’avais un gros hit. Les gens m’avaient ovationnée sur le tapis rouge. Jean-Claude m’avait regardée en disant : "Comment ça, ils t’applaudissent ?  J’avais répondu :  Ici, je suis connue, moi... Pas toi ! " Ça nous avait fait rire. »

Un être « tendre et affectueux »

Coproduction Québec-France, Léolo était doté d’un budget de 5 millions $. D’une durée de 58 jours, le tournage du long-métrage s’est déroulé en 2 parties à l’automne 1991 : une première à Montréal et une deuxième en Sicile.

Ginette Reno ne se gêne pas pour vanter les qualités de Jean-Claude Lauzon sur un plateau de cinéma. « Il savait comment faire pour obtenir ce qu’il voulait, indique-t-elle. Il était très tendre et très affectueux avec moi. À la fin du tournage, il m’a dit : "Je pensais travailler très fort avec toi, mais en bout de ligne, j’ai travaillé très fort avec tout le monde sauf toi." C’est le plus beau compliment qu’il pouvait me faire. »

 

jean-claude lauzon
Réalisateur (1953-1997)
Commentaires