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Mon ami Jean-François

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Le prolifique stratège politique, chroniqueur, blogueur et auteur Jean-François Lisée fait finalement le saut en politique active, à titre de candidat du Parti québécois dans Rosemont.

Souverainiste ou non, gauchiste ou pas, il faut accueillir cette annonce comme une bonne nouvelle. Et contrairement à Pierre Duchesne, cette fois-ci, Jean-François a su bien gérer sa transition entre le monde des médias et celui de la politique partisane.

Qu'on l'adore ou qu'on le déteste, Jean-François laisse bien peu de gens indifférents. En politique, cette capacité de polariser peut s'avérer fort utile.

Dès le départ, je dois admettre mon biais: même si nos idées sont à des années-lumière les unes des autres, l'intellect de Lisée me stimule. Il se fait l'avocat du diable, requestionne chacune de nos certitudes. Il nous transporte sans cesse vers de nouveaux paradigmes, souvent avec une bonne dose d'humour. On sent son amour et sa loyauté première au peuple québécois. Homme de grande culture, il jouit aussi d'une plume hors du commun qu'il fait toujours bon lire. Évidemment, il verse parfois dans le style pamphlétaire, mais qui suis-je donc pour critiquer cette façon de faire...

J'ai eu la chance, ces derniers mois, de débattre avec Jean-François sur pratiquement toutes les tribunes. Chaque fois, j'avais l'impression d'affronter un véritable titan. Je pense néanmoins avoir tiré mon épingle du jeu et même remporté quelques joutes, aidé par le côté un peu chauvin de Jean-François qui peut parfois être perçu comme de la condescendance. Les Québécois n'apprécient surtout pas qu'un débatteur regarde son opposant de trop haut. Seul conseil à mon ami : fais preuve d'un peu plus d'humilité pour conquérir le cœur de tes nouveaux électeurs.

IL EST PRÊT

Jean-François bénéficie évidemment d'une expérience précieuse, ayant joué un rôle dans l'ombre bien plus puissant que la majorité des membres du conseil des ministres alors qu'il conseillait les ex-premiers ministres Jacques Parizeau et Lucien Bouchard.

Quand un homme de son calibre décide de passer à l'avant-scène, de mettre son nom sur un bulletin de vote afin d'offrir ses services à la collectivité, nous devons lui lever notre chapeau. Trop peu d'hommes et de femmes de cette envergure choisissent de tenter l'aventure politique de nos jours. Le Québec en a pourtant cruellement besoin.

Il essaiera d'ailleurs de succéder à une autre grande personnalité marquante de la politique québécoise, Louise Beaudoin, qui prendra elle une retraite méritée après une longue carrière bien remplie.

J'APPUIE LISÉE

Pis merde, je me confesse: si j'habitais Rosemont, je voterais Lisée! Pas parce que je suis en train de me métamorphoser en souverainiste-gauchiste-péquiste, ni même par vote stratégique pour bloquer Québec solidaire. Mais simplement parce que je crois que la qualité et le niveau des débats dans le salon de la race seraient grandement rehaussés avec son arrivée comme élu.

Sa grande gueule, sa notoriété et sa tête dure mettront certes Pauline Marois et le PQ dans l'embarras à l'occasion. Il s'agit néanmoins d'une addition importante qui apporte crédibilité à une équipe péquiste par ailleurs encore faible au niveau économique.

Bonne campagne électorale, Jean-François!

 

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