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Jeux olympiques

Oscar Pistorius a fait sourire le Stade olympique

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Photo : REUTERS Oscar Pistorius a couru le 400 mètres plus tôt en journée.

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LONDRES | S’il était possible pour un stade de sourire, le Stade olympique en aurait eu un large fendu au visage samedi, tant l’excitation était palpable. 

Se tenant dans le sixième corridor, attendant sa première course olympique, écrivant l’histoire se trouvait Oscar Pistorius. Le Sud-Africain ressemblait à l’un de ces superhéros lorsqu’il écoutait les chauds applaudissements au moment où son nom a été annoncé dans le stade.

Le coureur sur lames («Blade Runner»), comme on le surnomme, et sa première présence aux Jeux olympiques étaient un moment à chérir, un moment dont on doit se rappeler.

Puis, il y a eu le coup de fusil et l’athlète qui a perdu ses jambes par amputation avant son premier anniversaire de naissance courait le 400 mètres sur la même piste que les meilleurs au monde.

Tout le monde se concentrait non pas sur ses prothèses en carbone, mais sur sa grande forme, lui qui a terminé l’épreuve en 45,44 s.

Incroyable

«Il est incroyable, a souligné Byshon Nellum, un sprinter américain. Ç’a pris beaucoup de confiance et courage à Oscar pour accomplir ce qu’il a fait. J’ai tellement de respect pour lui, tellement d’admiration.

«Je lui lève mon chapeau d’être venu ici et d’avoir compétitionner. Il procure beaucoup d’attention à notre sport.

«La première fois que je l’ai vu, j’étais comme ‘‘wow, juste wow’’. Je suis réellement inspiré par ce gars. C’est facile d’abandonner. Beaucoup de gens le font. Ce gars-là est ici et il a accompli tellement. Je crois qu’il va inspirer toute une génération à ne jamais lâcher.»

Nellum sait ce que c’est, de ne jamais abandonner. Il y a trois ans, il ne savait pas s’il pourrait marcher à nouveau, encore moins prendre part aux Olympiques. Il quittait une fête d’Halloween à bord de sa voiture à Los Angeles quand il a entendu des coups de feu : «Bang! Bang! Bang!»

Il a été atteint trois fois aux jambes et a eu besoin d’interventions chirurgicales dans chacune d’elles.

«Je peux me comparer un peu à lui, dit-il. Mais en même temps, moi, j’ai encore mes deux jambes.»

Tout ce qu’a connu Pistorius dans sa vie, ce sont ses prothèses. Dans la première vague du 400 mètres samedi matin, il a couru en 45,44 s, suffisamment vite pour se qualifier pour la prochaine ronde.

Ce fut assez pour signer le 16e temps parmi les 49 coureurs. Il n’est pas un aspirant au titre. Ce qu’il veut plus que tout, c’est appartenir à ce groupe.

Démarches légales

Il aura fallu des démarches légales pour qu’il s’y joigne. Il a remporté une bataille en cour contre l’organisme qui régit l’athlétisme. Ça ne dérange pas de quel côté vous êtes – avec ou contre lui -, il suffit de le regarder courir une fois pour vous convaincre qu’il est à sa place.

Samedi, il a couru en pensant à sa défunte mère, à sa grand-mère qui était dans les estrades, à tous ceux qui ont disputé cette épreuve avant lui.

«Ma mère était une partie tellement importante de ma vie, a-t-il déclaré. Ma famille m’a toujours appuyé. J’ai pensé beaucoup à ma maman aujourd’hui [samedi]. Elle était une femme exigeante. Elle n’acceptait jamais un «non» comme réponse.»

Sa mère lui a appris ceci : les perdants ne sont pas ceux qui donnent tout et finissent derniers. Ils sont ceux qui ne font aucun effort pour être les premiers. «C’est certain que cela m’a servi aujourd’hui», a-t-il souligné.

Son enfant, né sans fibula, a été amputé sous les genoux à 11 mois.

Il sera maintenant, et pour toujours, un Olympien. Il ne pourrait jamais oublier ou nier ce fait.

«Mes premiers Jeux paralympiques à Athènes ont été l’un des faits saillants de ma carrière. J’avais 17 ans, les cheveux bouclés, des broches et je ne savais pas à quoi m’attendre. J’étais tellement dépassé.»

Il y a quatre ans, il ne s’était pas qualifié pour Pékin. Il était toutefois des Jeux paralympiques en Chine et a gagné trois médailles d’or.

Aujourd’hui, contre toutes attentes, ceci. Un stade qui sourit. Une foule en délire. L’homme sans jambes le plus rapide au monde ne peut prédire ce qui suivra pour lui.

«La gloire ne vous fait pas courir plus vite, affirme-t-il. Le travail, oui.»

 

 

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