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Belle-mère lagaffe

Bloc_Eric_Duhaime

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La campagne électorale vient à peine de commencer et la première bourde majeure a déjà été commise par l'ex-chef du Bloc Québécois, Gilles Duceppe. Celui que les électeurs ont précipité à la retraite en mai 2011 y allait vendredi dernier d'une charge à fond de train contre le co-porte-parole de Québec solidaire, Amir Khadir.

Qu'on me comprenne bien: Traiter Khadir d'opportuniste et de populiste, "indigne de confiance", sonne comme de la musique à mes oreilles. Cependant, y aller d'une telle attaque ultra-partisane au jour trois de la campagne risque d'avoir un effet boomerang. Ça va juste solidariser les solidaires! C'est trop personnel, trop agressif, digne de Gérald Larose aux dernières élections fédérales qui traitait le regretté Jack Layton de "crosseur professionnel". 

Il y a aussi quelque chose de triste et pathétique de voir Duceppe tenter de régler ses comptes avec un député qui représente la circonscription dans laquelle il a lui-même mordu la poussière. L'électorat du Plateau a choisi Khadir, qu'on le veuille ou non, et jeté Duceppe dehors.

Malgré toutes ses habiletés à défrayer les manchettes, Khadir ne mérite aucunement d'être présentement la cible numéro un des plus virulentes attaques. En fait, la meilleure stratégie pour le Parti Québécois serait de l'ignorer totalement, de ne pas réveiller le député solitaire solidaire. De laisser Khadir se démener pour de l'attention, pas lui en donner gratuitement.

Montréalisation

Pourquoi les péquistes sont-ils si obsédés par Québec solidaire? Pourquoi prêtent-ils une importance aussi démesurée à un parti somme toute marginal à l'extérieur d'un rayon de quelques kilomètres autour de l'avenue du Mont-Royal?

C'est vers la Coalition Avenir Québec de François Legault que les péquistes mous et déçus risquent bientôt de se tourner. Avec la présentation officielle de la candidature de Jacques Duchesneau hier matin, la CAQ devient de facto l'alternative anti-corruption. Le PQ pourrait être surpris de l'effet dévastateur de cette nouvelle sur son électorat.

Hier après-midi, pas mieux, Pauline Marois décidait de lancer officiellement sa campagne en grande pompe, lors d'un rassemblement dans la circonscription de Gouin, là où tente de se faire élire l'autre co-porte-parole de QS, Françoise David. La présence de Marois démontre qu'elle s'attaque elle aussi au mauvais adversaire et  manque de classe en violant une règle non-écrite sur le respect des circonscriptions des chefs adverses.

Chicanes souverainistes

Le PQ est vraiment difficile à suivre. Il craint, dit-il, une division du vote souverainiste. Pour contrer ça, il choisit d'attaquer mesquinement le parti qui serait le plus propice à se joindre à une éventuelle coalition du OUI.

Les Québécois qui s'apprêtent à voter QS ne le font pas d'abord pour des raisons constitutionnelles mais bien plutôt pour un projet de société. Comme plusieurs caquistes, ils mettent la question référendaire au second plan.

Club sélect

Après avoir été déchu au Bloc et raté son putsch au PQ, Duceppe fait maintenant définitivement son entrée, par la grande porte, dans la famille des belles-mères péquistes, où il va rejoindre les Jacques Parizeau, Bernard Landry et autres ex incapables d'observer un certain devoir de réserve par respect pour leurs successeurs.

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