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Enfin l’arrivée!

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La fin d’une course océanique telle que la Transat Québec–Saint-Malo marque l’accomplissement d’un grand projet de l’Équipe de voile Georges Leblanc.

Qu’on se le dise! Nous, les mordus de course au large à la voile, nous avons toujours hâte de partir naviguer sur une grande course et avons aussi, il faut bien l’avouer, autant hâte de terminer, de franchir la ligne d’arrivée.

Pas perdre le plaisir

Il nous faut pour cela chercher à atteindre notre but le plus vite possible en faisant des choix, bons ou mauvais, à chaque moment de cette course. Il ne faut surtout pas y perdre le plaisir de bien naviguer, mais plutôt chercher à comprendre pourquoi telle ou telle stratégie n’a pas fonctionné.

Ça sent l’arrivée prochaine, la fin de la course, la liberté de l’équipage une fois à terre. Il y a une image dans ma tête lorsque je les imagine à terre et il me semble les voir tels des petits veaux du printemps qu’on fait sortir à l’extérieur pour la première fois; c’est un bonheur de les voir gambader, c’est un spectacle qu’il faut avoir vu au moins une fois. Revenons à nos moutons, qui ne comptaient pas de noir parmi eux, heureusement. Même si la finale est proche, il ne faut pas ménager nos efforts, la course n’est pas terminée tant que le signal de notre passage de la ligne d’arrivée n’aura pas été officiellement confirmé.

Le vent

Nous espérons rentrer à la lumière du jour et cela ne sera possible qu’à la condition que le vent souffle jusqu’à la fin du parcours. C’est une de nos inquiétudes, LE VENT! Il fait partie de la panoplie de choses qu’on ne contrôle pas; d’ailleurs, preuves à l’appui, nous ne l’avons pas eu facile avec Éole depuis le début de la course. Trop peu au début, trop fort aux trois quarts du parcours, et peut-être trop faible à l’arrivée; c’est un scénario à envisager, car il m’a déjà fait ce coup-là.

Présentement, le ciel est à moitié couvert par les wagons de nuages, quelques-uns se suivent pare-chocs à pare-chocs, d’autres laissent poindre les étoiles tout en haut et certains filtrent les rayons de lune qui donnent lieu à d’étranges ombres chinoises qui évoluent dans cet environnement clair-obscur. Le vent souffle de 15 à 18 nœuds, avec des rafales qui permettent à l’OCÉAN PHÉNIX d’afficher aux cadrans indicateurs de vitesse des pointes allant jusqu’à 20 nœuds.

Le vent aidant, c’est aux alentours de 2 h du matin que nous apercevons le phare de Ouessant, avec son feu lumineux balayant l’entrée de la Manche.

Il n’est pas aisé de distinguer la côte française par une nuit semblable. Peu importe, ce sont plutôt les cargos qui nous préoccupent, car il s’agit de ne pas se retrouver sur leur route tellement ils sont nombreux à circuler dans ces parages. Si le vent se maintient, l’arrivée se fera dimanche. Mais nous sommes présentement dimanche, il est 5 h 45 du matin, ici, en France!

Nœud : unité de mesure de vitesse en navigation. Un nœud correspond à un mille nautique parcouru en une heure.

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