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Une aventure sportive et humaine

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Il y a eu le grand jour du départ, la course dans des circonstances et conditions souvent changeantes et finalement l’arrivée à Saint-Malo qui marque la fin de la course, la fin de notre aventure sportive et humaine.

Effectivement, le grand moment tant attendu de tous les membres de l’équipage conclut d’une certaine manière quelques années d’effort, d’entraînement et, pour la plupart, la fin d’un grand rêve.

On peut s’imaginer comment on voudrait que soit notre arrivée, mais, en réalité, tout cela tient du mystère, car tout est inconnu : l’heure, le vent et les conditions où tout ça prendra fin.

Grand moment

Nous sentons que le grand moment de l’arrivée devient de plus en plus proche. Au petit matin, lorsque nous apercevons par tribord le phare de Ouessant, l’humeur est à son meilleur à bord, car, à la vue de la terre, le jour de l’arrivée ne fait plus de doute; il est très proche. Le vent est favorable, la météo nous annonce des vents adonnants sur toute la Manche. Pas si simple que ça! De gros nuages viennent brouiller les cartes et remettent en question toutes nos prévisions. Il est dit qu’en Bretagne, il fait beau plusieurs fois par jour, et je crois qu’il serait difficile de dire le contraire. Nous subissons les changements, les grains successifs qui nous entourent et influencent notre environnement .

À l’approche des grosses nuées sombres, le vent tombe et c’est la déconfiture à bord. Je vois l’inquiétude dans les yeux des équipiers, dans les esprits; l’arrivée semble compromise. Mais non! Nous arriverons aujourd’hui, mais peut-être dans la nuit, je ne sais pas trop à quelle heure, leur dis-je.

Au grand désarroi de tous, le scénario du vent qui nous laisse tomber se répète à maintes reprises. Nous pensons aux parents et amis qui doivent venir nous accueillir en pneumatique, en nous disant que si nous arrivons en pleine nuit, ils préféreront sûrement dormir plutôt que de se balader sur les flots en pleine obscurité.

Un peu de patience et nous sommes récompensés : les voiles se gonflent de nouveau et nous filons vers la ligne d’arrivée.

Mais non! Le vent tombe de nouveau. À l’instant où nous commençons à nous résigner, une brise se lève et nous bordons à nouveau, et l’OCÉAN PHÉNIX allonge la foulée à 10, 11 et 13 nœuds et remonte le chenal qui mène à Saint-Malo.

Euphorie

Un pneumatique vient vers nous. EH OUI! Ce sont nos amis québécois qui viennent nous accueillir. C’est l’EUPHORIE sur le pneumatique, tout comme sur l’OCÉAN PHÉNIX, où les équipiers alternent manœuvres, et bye-bye!

Enfin, nous traversons la ligne d’arrivée, nous laissons la bouée Rance Sud par bâbord. Aussitôt les voiles sont affalées, le moteur reprend du service et, en moins d’un quart d’heure, on emprunte le sas de l’écluse.

Qu’il fait bon retrouver les parents et amis au quai où nous amarrons l’OCÉAN PHÉNIX, juste en face de la porte Saint-Louis.

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