/opinion/blogs/columnists
Navigation

Cette femme est grosse (ben, y paraît)

Coup d'oeil sur cet article

robyn-lawley-0a

 

J’ouvre mon ordinateur ce matin. Et que vois-je? Une nouvelle étrange. Ou passionnante. Ou révélatrice. Ou les trois à la fois. Oui. J’apprends que cette femme, Robyn Lawley, est grosse. J’apprends que cette femme incroyablement belle, qui ferait rêver à peu près n’importe quel hétéro qui n’a pas fait vœu d’ascèse sensuelle, n’aurait pas normalement sa place dans l’industrie de la mode. Elle doit être classée parmi les tailles fortes. Et d’un coup, je me souviens pourquoi, quand j’ouvre un magazine de mode «féminin», avec des mannequins officiels qui semblent plaire aux «grands designers», mon commentaire récurent est le suivant: «elle n’est même pas belle!».

Oui. Quand je pense aux asperges androgynes qu’on nous présente comme icônes de beauté dans le milieu de la mode (une femme qu’on veut affamer jusqu’à l’anorexie, une femme qu’on rêve sans courbes, sans fesses, sans hanches, sans seins), quand je pense que cette industrie croit faire rêver en alignant dans les magazines des jeunes filles à peine sorties de l’enfance (j’ai parlé de tout ça dans un texte consacré au film Girl Model), je me dis qu’il ne fait pas nécessairement bon être une femme aujourd’hui. Je me dis qu’une idéologie étrange a déclaré la guerre à une bonne moitié de l’humanité occidentale.

Je le dis sans aucune spécialisation en la matière, mais j’ai tendance à croire que la société contemporaine a l’apparence d’un vaste camp de rééducation esthético-idéologique auquel on a cherché à abonner de force chaque femme. Les femmes sont soumises à une forme de conditionnement culturel permanent. Leur peur panique : devenir «grosse». L’industrie de la minceur doit s’en réjouir. Mais je me demande: à quel moment les femmes ont-elles consenties à se définir à partir de tels critères de beauté qui, j’ajoute une chose, n’ont pas grand-chose à voir avec le désir masculin? Pourquoi consentent-elles à cette tyrannie valorisée d’une anorexisation de la beauté?

Aujourd’hui, la plus simple marque de la féminité est présentée comme un symptôme d’obésité. Scénario. Un homme regarde une femme. Et la trouve belle. Elle croira pourtant qu’on scrute je ne sais quel bourrelet honteux. Oui, je généralise. Mais pas tant que ça. Il y a, dans nos sociétés qui se sont pourtant féminisées culturellement, une forme de haine du corps féminin qui est entretenue par le système de la mode (et probablement par l’industrie de la minceur, mais ici, je spécule). Ou alors, la féminité est récupérée par la pornographie. Et toutes ses marques distinctives sont exagérées jusqu’à la caricature et offertes à des crétins qui se branlent devant leur écran.

La femme est ainsi écartelée entre deux faux idéaux: la femme enfant ou l’actrice porno. Celle qui veut maigrir à en mourir, celle qui se livrera à tous les chirurgiens pour s’ajouter des implants, pour s’injecter d’étranges toxines. Celle qui jalousera un jour une fillette de quatorze ans. Celle qu’on poussera à se définir exclusivement comme un fantasme masculin barbare, et qui reproduira, ici aussi, une forme de servitude aussi archaïque, dans le rapport de domination qu’elle suggère, que postmoderne, quand on pense aux moyens par lesquels elle opère.

C’est peut-être pour cela, d’ailleurs, qu’on a donné tant d’importance au 50ème anniversaire de la mort de Marilyn Monroe. Je ne suis pas de ceux qui ne se peuvent plus quand ils la regardent. Comme qui dirait, ce n’est pas mon genre de femme. Il y en a qui aime l’Europe du Nord. D’autres la Californie ou l’Asie. J’aime la Méditerrané à m’en confesser! Mais je suis le premier à reconnaître qu’elle incarnait à sa manière quelque chose de l’éternel féminin. Je suis le premier à reconnaître que si on se souvient d’elle autant, c’est parce qu’elle représente une féminité qui ne se voile pas, qui ne se charcute pas, qui ne se mutile pas, mais qui s’assume pleinement.

Oui, je sais, c’est un mythe. Et entre le mythe et la réalité, l’écart n’est jamais que de degré, mais de nature. Je sais tout cela. Je sais aussi que cette femme a connu les malheurs les plus intimes, et qu’ils n’étaient pas sans lien avec le mythe qu’elle en était venue à incarner.  Mais je dis que ce mythe, en lui-même, parle à la culture contemporaine parce qu’il nous renvoie une image de la beauté féminine qui marque un contraste radical avec les normes esthétiques contemporaines. Il s’agit d’une femme qui ne voit pas dans sa féminité quelque chose de trop. Elle n’est pas en lutte contre elle. Mais l’assume.

Je ne suis pas nostalgique de la société dans laquelle évoluait Marilyn Monroe. Surtout pas. Si je peste souvent contre le monde moderne, je ne me choque jamais contre l’émancipation féminine (bien que je ne la confonde pas tout à fait avec la révolution féministe, mais c’est une autre question). Mais j’espère que notre modernité, qui n’arrête pas de parler d’émancipation pour tout le monde, offrira aux femmes un jour une chance: celle de se délivrer de ceux qui ont confisqué l’image qu’elles se font de leur propre corps. Celle de se réconcilier avec un corps réel. De consentir physiquement à leur féminité.

Le jour où elles cesseront de demander à un magazine de mode valorisant l’androgynie et l’anorexie si elles sont belles, et se tourneront plutôt vers les hommes qui les entourent, elles pourraient bien se sentir libérées d’un étrange fardeau. Je l’ai déjà dit ailleurs : elles pourraient miser sur le regard masculin pour s’émanciper d’une étrange industrie qui prétend les aimer et les mettre en valeur mais qui, dans les faits, travaille trop souvent à les annihiler. Les hommes, du moins la plupart d’entre eux, seront les premiers à applaudir.

27 commentaire(s)

Francois barriere dit :
7 août 2012 à 10 h 38 min

M. Bock coté,

J'ai souvent fait la remarque suivante: Vous, moi et tous les hétéros que je connais, lorsque nous regardons un magazine "d'homme", les filles ont des courbes. Et nous les trouvons généralement très belles, qu'elles soient petites ou grandes,du moment qu'elle ressemble à une femme, ça nous plait. Comment se fait-il que ces jenes filles sans corps dont on parle trop souvent se retrouvent toujours à la même plaçe, soit dans des revues de mode pour femme ou dans des défilés de créateur? Endroit où vous et moi n'iront jamais.

Ce n'est pas vraiment un débat pour homme. C'est un débat pour les matantes qui s'ennuient de leur jeunesse ou pour quelques pédophiles en mal de corps pubère.

Vous remarquerez aussi que la femme aime beaucoup plus le "vrai homme" , le Brad Pitt, le Banderas, le Djokovic, le pompier du coin, que le mannequin de Hugo Boss.

FB

Lise Ravary dit :
7 août 2012 à 10 h 56 min

Cher Mathieu, deux petites choses.

Tu as raison: Les femmes vivent dans la terreur de devenir grosses. Mais je peux comprendre pourquoi: Comment insulte-t-on une femme enrobée ? On la traite de grosse. Immanquable. C'est l'injure suprême. On aime presque mieux se faire traiter de blonde que de grosse.

Pourquoi les mannequins sont-elles si minces ? Parce qu'un mannequin c'est un cintre. Sa job, c'est de mettre un vêtement en valeur. Moins, il y a de courbes, mieux ça tombe. L'industrie de la mode se fiche bien des filles qui la représente. On veut juste qu'elles fassent vendre.

Et nous, les femmes, grosses ou maigres ou entre les deux, on aime donc ça magasiner,,.

Justine dit :
7 août 2012 à 11 h 01 min

J'aimerais qu'on retienne quelque chose : la mode est créée en très grande partie par des homosexuels qui désirent retrouver sur le podium ce qui les attire, soit des androgynes qu'ils désirent. Ceux qui désirent vraiment les femmes (hétérosexuels, lesbiennes) aiment en très grande majorité les courbes. C'est un simple constat, absolument non homophobe. On met en scène le désir, pas juste un vêtement. C'est tout.

Monique Martin dit :
7 août 2012 à 11 h 02 min

S'en remettre au regard des hommes? C'est mieux vous croyez? Faudrait-il toujours s'en remettre à un regard extérieur pour se sentir bien? Il est bien sûr agréable de sentir le regard insistant d'un homme, mais pour l'apprécier il faut avant tout qu'on sache vraiment qui et comment nous sommes. On ne se plaira jamais tout à fait. Il s'agit d'apprendre à vivre avec nos qualités et non pas nos défauts. Nous vivons dans un monde où l'apparence prend toute la place, partout, dans tous les domaines. Alors mieux vaut s'en remettre à soi-même pour notre image et ne pas attendre l'approbation des autres, car nous ne ferons jamais l'unanimité. Toute notre vie nous courrons après des rêves et des idéaux qui sont ancrés en nous mais aussi imposés par l'environnement dans lequel on vit. Mais pendant cette course, la vie passe. Nous nous dirigeons vers de vifs regrets à la fin de notre vie où les apparences n'auront plus d'importance. Il faut aspirer à une beauté génerale et non pas seulement celle du corps imposée par les époques. Il faut s'épanouir, tout simplement. Et nous n'auront plus besoin du regard approbateur de personne.

Luc Boyer dit :
7 août 2012 à 11 h 09 min

Comment s'en surprendre. Ce milieu est noyauté par ceux que dégoûtent les caractéristiques sexuels du corps féminin.

catherine provencher dit :
7 août 2012 à 11 h 46 min

J'ajouterasi quelque chose au commentaire de Mme Ravary; quand l'opinion d'une femme dérange, on fait toujours une remarque sur son physique pour la discréditer. Je suis convaincue que c'est déjà arrivé à Mme Ravary Il me smeble que vous en aviez parlé dans votre blog). Pourtant je doute fort M. Bock-Côté que vous receviez ce genre de commentaire de la part des gens qui n'aiment pas vos opinions. Je n'ai aucune explication à ce comportement par contre...

Jo Robert dit :
7 août 2012 à 12 h 13 min

Intéressant. On ne parle jamais de la détestation que les femmes se vouent à elles-mêmes... Mais il n'est pas plus sain de se référer au regard de l'autre pour apprendre à s'aimer... De plus, si Marilyn avait si bien "assumé sa féminité" comme vous l'évoquez, elle aurait été plus heureuse. Non...?

Hélène Beaulieu dit :
7 août 2012 à 12 h 16 min

Très peu de jeunes femmes correspondent au modèle androgyne des magazines de mode.. La diversité des corps est toujours la norme.. Le milieu dans lequel évoluent les êtres humains a un impact sur l'importance donnée au paraître.

La très belle jeune femme, dont vous avez sélectionné la photo, fait partie de ces êtres d'exception dont vous traitiez dans votre chronique précédente.. Tous ne naissent pas égaux.. la providence a doté certains et certaines d'atouts intellectuels ou physiques qui les démarquent.

Il n'y a pas à s'inquiéter outre mesure.. Parmi les jeunes "intellectuelles" qui manifestaient nues dans les rues de Montréal ces dernières semaines, il y en avait peu qui correspondait au modèle anorexique des pages de mode et au modèle fantasmagorique des hommes. Elles assumaient sans complexe et sans pudeur des corps jeunes au naturel mais aucunement hors norme.

Les diktats de la mode pour les jeunes filles d'aujourd'hui n'ont d'égal que les diktats de la mode pour les jeunes filles d'hier... le port de gaine, les chevelures crêpées, le manque de souplesse des vêtements .. contre une certaine libération du corps retrouvée par la légèreté et la souplesse des tissus.. mais en même temps l'astreinte à l'épilation des parties intimes de leur corps...

A une certaine époque c'était les hommes qui portaient perruques et talons haut.. les règles esthétiques diffèrent d'une culture et d'une époque à l'autre.. L'aspect physique dont la nature nous a doté, chacun ne peut que l'exploiter dans la limite de ses moyens.. reste l'essentiel l'Être" et c'est là que souvent se retrouve la vraie beauté.

édith dit :
7 août 2012 à 12 h 21 min

Le milieu de la mode est malade. Cette anorexie n'existait pas avant. En réalité, c'est le surplus de poids qui est la norme. Les femmes semblent s'accomoder de leurs bourrelets qu'elles montrent.

Andrée dit :
7 août 2012 à 12 h 28 min

Merci Mme Ravary! Vous résumé ma pensée!

(M. B.-Côté. une femme qui a de très petits seins , reste une femme. Je suis faite comme cela et je n'en demeure pas moins désirable.)

Albert Kahn dit :
7 août 2012 à 13 h 20 min

Ne négligeons pas le fait qu'elle mesure 6'2 (1m89)...

le nationaliste dit :
7 août 2012 à 14 h 30 min

"Pourquoi les mannequins sont-elles si minces ? Parce qu’un mannequin c’est un cintre. Sa job, c’est de mettre un vêtement en valeur. Moins, il y a de courbes, mieux ça tombe. L’industrie de la mode se fiche bien des filles qui la représente. On veut juste qu’elles fassent vendre. "

Un cintre...très belle et parfaite image.

Moi aussi, je trouve rarement ces femmes de magazine, ces stars, ces americaines plastifiées, belles. Et je trouve assez dommage de voir des jeunes adolescentes suivrent cette mode. La propagande anti-gras et anti-sucre n'aidera en rien à réduire ce type d'image. En se modelant et se plastifiant elles perdent toute leur feminité et la vie qui les animait. Je les trouvent froides.

Yannick Roy dit :
7 août 2012 à 14 h 41 min

"Il y a, dans nos sociétés qui se sont pourtant féminisées culturellement, une forme de haine du corps féminin qui est entretenue par le système de la mode"; ce que vous présentez ici comme une restriction m'apparaît en fait comme un début d'explication: c'est parce que nos sociétés sont féminisées culturellement que la représentation du corps féminin s'est entièrement désolidarisée du regard masculin, grand absent de l'industrie de la mode, comme vous le dites d'ailleurs en toutes lettres à la fin de votre texte. Quant à votre analyse du phénomène pornographique, elle me semble un peu courte, et marquée par la lecture qu'en fait un certain féminisme; ces choses-là sont fort complexes, et se dérobent aux visions trop manichéennes. Je pense aussi "qu’il ne fait pas bon être une femme aujourd’hui"; mais d'une part il n'est pas aussi simple qu'on le croit (ou qu'on le souhaite) de trouver qui blâmer, et d'autre part il n'est pas facile non plus d'être un homme, pour autant que je puisse en juger.

andré martin dit :
7 août 2012 à 14 h 50 min

L'étrange industrie dont vous parlez est en majorité conçue... par des gais — même si administrée par des femmes, disons ''normales'' elles. Et il y a peut-être là-dedans un rapport amour-haine pas piqué des vers: genre la clientèle de la mode est essentiellement féminine, et ceux qui la font aiment les corps de gars, un peu ''petites frappes'', durs, stéréoïdés, filiformes... dont ils exigent la transposition des attributs sur les mannequins femmes.

Bref, je ne crois pas que ces designers trippent sur le corps de femmes, mais plutôt sur l'ambiance et la fantaisie qui existent dans le monde des femmes...et surtout sur le FRIC qui coule à flot dans cette industrie de l'emballage sexuel.

Ça explique peut-être qu'on finisse avec des hybrides vénusiennes, femmes inclassables, des mutantes impossibles, qui carburent à presque rien toute la journée, et qui ont à peine l'énergie de faire quelques séances de photos ou un défilé de mode avant d'aller s'étendre.

Nelson dit :
7 août 2012 à 15 h 56 min

Mathieu

'' une étrange industrie qui prétend les aimer et les mettre en valeur mais qui, dans les faits,''...NE VISE QUE FAIRE DU FRIC......

Parmi les défaults du Capitalisme ( les atouts sont bien supérieures aux défaults) est d'exploiter ''L'INDUSTRIE DE LA BEAUTÉ''.....

Combien des milliards et trillions en crèmes de toute sorte, de beauté, pour maigrir, pour n'importe qui....combien des chaines de gymnases.....combien des régimes....

Industrie multimiliardaire....très perverse....parce que joue avec ''l'amour''......les besoins d'amour...les besoins affectives.....

'' J'ai besoin d'être aimée, d'être aimée, d'être aimée '' NOUS CHANTE GINETTE RENAUD...

Et baucoup des hommes sont appliqués aussi à essayer de maigrir et soigner leurs apparences.....beaucoup.....il suffit d'aller chez les coiffeurs pour voir comme les hommes sont prétenciaux, eux aussi.....et l'industrie de gymnases (un paquet se regarde sans arrêts dans les miriors) et des vêtements, marche très fort aussi....

Besoinnnnnn d'amourrrrrrr !!!!!!!!

Pascale dit :
7 août 2012 à 19 h 16 min

je pense que le fait que la norme "asperges androgynes" de la mode découle du fait que la grosse parti des designer de monde mâle sont gay et non pas les même critère de beauté en ce qui est des femmes. mais ça c'est juste mon opinion de madame tous le monde!

Jean dit :
8 août 2012 à 1 h 22 min

Il faut aussi savoir que le concept de beauté occidentale a passablement changé depuis un siècle : on est passé des aspirines blanches (être basanée au début du 20e siècle était synonyme de paysanne, et peau très blanche = poupée de salon) aux filles de plage bronzées (être blanche comme le lait, maintenant = passer son temps enfermée sous les fluorescents; être bronze maintenant = beaucoup de temps de loisir que l'on passe en plein air, sur la plage). Vers 1920, la mode était aux femmes quelque peu enrobées, mais petites poitrines; maintenant, dans notre civilisation du trop-manger, où il est très facile de devenir obèse, la mode est plutôt de réussir à résister à l'obésité... J'en conclus que si, un jour, il devient trop difficile de devenir obèse dans une civilisation donnée, les femmes obèses auront la cote...

Dominique dit :
8 août 2012 à 2 h 35 min

Si les femmes veulent protester contre ça, un boycott serait la façon la plus efficace de le faire. Sans vente de magasines, ou ventes de produits étant associé à la maigreur, les dirigeants changeront d'idées.

Le pouvoir appartient aux consommateurs.

Alors, que ferais vous finalement de ce pouvoir? C'est entre vos mains!

Hello dit :
8 août 2012 à 2 h 43 min

Allez les femmes. Arrêtez de définir votre idéal de beauté d'après les magasines, faites le plutôt d'après celui des hommes qui vous entourent... Soyez féminine selon leurs yeux.... On n'avance pas ben ben ici. Soyez en santé ou vous même ou ce que vous avez envie d'être peut-être ?

Rose Marie dit :
8 août 2012 à 5 h 00 min

Bonjour, j'ai lu votre article et cela a soulevé certaines remarques... Si on creuse un peu dans l'histoire de la mode occidentale, on s'apercevra que le corps a toujours été contraint. C'est finalement aujourd'hui que la femme est la plus confortablement installée dans son corps, ses vêtements et sa féminité. Pensez-vous vraiment qu'une femme du XIXème siècle vivait pleinement sa féminité, éternelle mineure, sanglée dans un corset qui doit la rendre plus mince, plus conforme aux exigences d'une mode qu'elle doit suivre ? Et ainsi des siècles précédents. Regardez les magazines de mode, et les mannequins, 150 ans en arrière, c'est déjà l'apologie de la beauté, de la minceur (oui, l'anorexie existait déjà, ce n'est pas seulement un mal de notre temps). Bien sûr, la féminité est mise à mal, comme elle l'a toujours été, mais les femmes aujourd'hui sont finalement moins contraintes !

Pensez-vous vraiment que les femmes ont toutes aussi peu de recul sur elles-mêmes ? Que toutes se laissent dicter l'image de la féminité par des magazines de mode ? Heureusement, non ! Nous avons d'autres modèles ! Nos mères et nos grands mères jouent sans doute là dedans un rôle bien plus grand...

Comme beaucoup, je ne veux pas être grosse ! Bien sûr, je souhaite me conformer à un "idéal" esthétique commun dans le monde occidental. Mais dans une certaine mesure. Car je ne veux pas ressembler à un mannequin anorexique de 14 ans, et je ne veux pas être obèse. Entre les deux, on trouve ses propres critères de beauté. Cela contribue à l'image rêvée de soi-même et à la quête du bien-être dans ma peau de femme, mais l'épanouissement passe par bien d'autres choses...

Sans doute, peu de femmes courent aussi aveuglément après l'idéal qu'on pense nous imposer... Et celles-là ont sans doute d'autres problèmes que celui d'être mince...

Ducmascareignes dit :
8 août 2012 à 5 h 38 min

ET DIEU CRÉA LA FEMME

Soleil entre les astres, tu rayonnes sur le Monde Plantureuse beauté que les hommes aiment à regarder Ta présence inonde leurs yeux vers toute félicité Tu enivres ses Sens, son coeur en haleine succombe.

Oh! femme ton coeur aussi palpite pour qui t'aimera Tu incarne l'amour mais l'homme brût ne le sait pas L'homme est un animal, il court au mille aboies Faut-il qu'il s'agenouillasses pour qu'il te voit

Intuitive et délicate, tout compose ton Aura Qu'importe les formes, voluptueuses, ligne courbe ou ronde Tu sais tout mettre en valeur, maternité féconde Heureux l'homme perdu au jardin ou il te trouva.

Il ait des femmes merveilleuses au Banc des Nations Elles se battent pour une cause parce qu'elles ont compris celà Qui peut les vaincre si l'Amour couronne leur blason Il en ait une belle et Souveraine, Pauline c'est toi.

Il ya une femme qui n'en ait pas vraiment une Son corps est celui d'une panthère et sa face celle d'un lion Serait-ce une sorcière, personne encore ne le sait pas Son coeur est une Pierre ou naissent les Dragons.

DM, Duc de l'Archipelle Des Mascareignes

Yann dit :
8 août 2012 à 10 h 41 min

Bonjour Monsieur Bock-Côté,

Dans le titre de votre billet, vous devriez remplacer le segment « grosse (ben, y paraît) » par l'adjectif qualificatif « magnifique ». Ce serait beaucoup plus juste!

Au plaisir :-)

Champs Jarret dit :
8 août 2012 à 14 h 29 min

D'accord avec vous Mathieu, c'est souvent des femmes squelettiques, sans aucun sex appeal, et , disons le, souvent carrément moches. Et l'attitude, l'orgueil démesuré, la démarche guidoune et les visages hyper fermés et arrogants.. pff. Y'a rien de séduisant la-dedans pour un homme hétéro, je croise chaque jour mille femmes plus attirantes dans le métro ou sur la rue.

Il faut vraiment être maso pour vouloir ressembler a ça. Mesdames, flanquez tout ça a la poubelle, c'est une perte de temps.

Par contre, faut bien admettre que les femmes trop grosses ne sont pas belles non plus. C'est comme ça, et ça n'a rien a voir avec l'image véhiculée par les magasines de mode, que d'ailleurs je ne regarde jamais.

Heureusement, il y a tout de même un très large intervalle entre les deux extrêmes.

Stéphanie dit :
9 août 2012 à 0 h 37 min

Imaginons-nous quelques minutes à la place d'une adolescente d'aujourd'hui. Elle a grandit avec des dessins animés et des BD dans lesquels les personnages ont systématiquement de petits corps maigres et de grosses, elle s'est amusée avec des poupées aux lèvres hypertrophiées habillées en prostituées, on lui a offert des cosmétiques pour fillettes, on l'a abonnée à des magazines pour ados qui ne traitent que d'apparence et autres sujets superficiels, on lui a appris que le sucre et le gras sont des poisons qu'il faut éliminer de son alimentation.

Elle a vu autour d'elle des femmes (souvent sa mère en premier lieu) se maquiller même pour aller sortir les poubelle et se plaindre continuellement de leur poids même même lorsque ce dernier est normal. Elle a vu des femmes incapables d'accepter un compliment sans protester "Oui mais..." avant de pointer un défaut imaginaire qu'on aurait jamais remarqué autrement.

Elle a vu des dizaines de milliers de publicités dans lesquelles on lui apprend qu'elle ne doit pas accepter son corps au naturel, qu'elle doit chercher sans cesse à le modifier: teinture, maquillage, épilation, boucles ou lissage, bronzage, produits blanchissant pour les dents, exerciseur. En lui montrant des photos de femmes tellement modifiées numériquement qu'elle ne les reconnaîtrait pas si elles les croisaient dans la rue, ces magazines l'amènent à croire que les caractéristiques naturelles de son corps sont des difformités.

Il est difficile, voire impossible de subir un tel assaut mental durant toute sa vie et en sortir l'image corporelle indemne! L'industrie est puissante et nous la laissons entrer par la grande porte ou par la petite fenêtre numérique...

Stéphanie dit :
9 août 2012 à 0 h 38 min

Pardon je voulais écrire "...de petits corps maigres et de grosses tête".

Évelyne dit :
9 août 2012 à 10 h 51 min

Bien que je comprenne le fond de cet "article", y'a vraiment plein de choses qui m'énervent!

Premièrement, le problème n'est pas que l'idéal de beauté soit la minceur/maigreur, mais bien qu'il existe un idéal de beauté dicté par l'industrie de la mode. Le culte de la minceur est aussi absurde, selon moi, que de le dénoncer en disant simplement que les femmes rondes sont plus belles. Toutes les femmes sont belles, tous les corps ne devraient pas être enfermer dans des carcans catégorisés et ensuite classés de plus jolis à moins attirants.

Sérieusement, Bock-Côté, tu as utilisé le "Et d’un coup, je me souviens pourquoi, quand j’ouvre un magazine de mode «féminin», avec des mannequins officiels qui semblent plaire aux «grands designers», mon commentaire récurent est le suivant: «elle n’est même pas belle!»." comme argument... Tu viens de perdre le peu de crédibilité que tu avais a mes yeux. Tu as le droit de ne pas les trouver jolies, mais, gard e ça pour toi, parce que c'est un argument de merde! Ça ne prouve absolument rien, sauf le fait que tu embarques également dans le problème de l'"image parfaite", mais seulement à l'inverse.

Et encore, MBC, tu mélanges les époques en disant qu'aujourd'hui, si on parle de tant du 50eme anniversaire de décès de Marilyn Monroe, c'est sans doute parce qu'elle représentait une féminité qui s'assume et qui n'a pas été dictée par la mode. Par contre, les corps "féminins" et vendeurs de cette époque étaient des corps avec plus de courbes et de rondeur qu'aujourd'hui. On peut voir d'ailleurs de vieilles publicités qui vendent des produits pour les femmes fatiguées d'être minces et sans courbes, voir sans féminité... Est-ce que c'était mieux? Bien sûr que non!

Et, pour le paragraphe final, je ne sais même pas à quel point je suis dégoûtée :" Le jour où elles cesseront de demander à un magazine de mode valorisant l’androgynie et l’anorexie si elles sont belles, et se tourneront plutôt vers les...

Évelyne dit :
9 août 2012 à 10 h 53 min

(... plus de place plus haut) vers les hommes qui les entourent, elles pourraient bien se sentir libérées d’un étrange fardeau. Je l’ai déjà dit ailleurs : elles pourraient miser sur le regard masculin pour s’émanciper d’une étrange industrie qui prétend les aimer et les mettre en valeur mais qui, dans les faits, travaille trop souvent à les annihiler. Les hommes, du moins la plupart d’entre eux, seront les premiers à applaudir." .... Donc, selon cet argument merdique, la femme devrait se libérer en se tournant vers l'homme. Étrange. Moi qui était certaine que la libération de la femme passait d'abord et avant tout par elle-même. C'est avoir bien peu compris les combats féministes (voir simplement de l'émancipation des femmes, conduite par des féministes affirmées ou pas) que d'affirmer quelque chose du genre.

Bref, merci MBC, d'avoir prouvé l'impertinence face a ton incompréhension du problème, sur lequel tu es resté bien en surface! :)