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Soccer féminin

L'arbitre a coulé les Canadiennes

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Photo : REUTERS Christine Sinclair a été la joueuse du match pour le Canada.

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LONDRES | Il y avait tellement d’émotions – de la colère, de la frustration, de l’animosité – chez l’équipe canadienne de soccer féminin à Old Trafford lundi soir et, dans la majeure partie, c’était justifié.

Dans un match tel qu’une demi-finale olympique, contre des adversaires archifavorites, les joueuses sont pleinement investies dans la rencontre.

Que l’issue de celle-ci se décide par une arbitre, de façon injuste, fera éclater toutes ces émotions chez les athlètes et même dans un pays qui semble s’être arrêté pendant un instant, le temps d’assister à un moment très spécial.

Toutes ces émotions sont compréhensibles.

Mais jettent-elles la lumière sur une vérité concernant le soccer féminin et même, tous les sports d’équipe féminins?

Ceux-ci constituent un phénomène relativement nouveau. Toutefois, comme il a été possible de constater avec le soccer, la qualité du jeu s’est améliorée de façon considérable au cours des dernières années.

À l’instar de la rencontre de lundi, la qualité de l’arbitrage n’a pas semblé avoir connu la même progression.

Il était perceptible, lundi soir, que les décisions prises par Christian Pedersen, de la Norvège, n’étaient pas toutes sensées.

La séquence qui a menée vers le but égalisateur des Américaines a forcé plusieurs fins connaisseurs de sport à se gratter la tête. Plusieurs décisions de l’arbitre, en fait, étaient questionnables.

Y a-t-il eu mauvaise application de la règle? Probablement pas.

Bon jugement

C’était des décisions liées au bon jugement, et Pedersen devra maintenant être tenue responsable de celles-ci.

Avec environ 10 minutes à jouer en temps réglementaire et le Canada en avance 3-2, elle a raté une main visible de la part d’une joueuse Américaine dans sa zone de réparation.

Aucune faute n’a été décernée et les États-Unis ont finalement nivelé la marque à l’autre bout du terrain.

Après que l’Américain Megan Rapinoe, qui a été la meilleure joueuse de son équipe ce soir-là, eut enroulé l’une de ses frappes proche du poteau, la gardienne canadienne Erin McLeod a attrapé le ballon et l’a conservé. Trop longtemps, apparemment.

Pedersen a appelé un coup franc pour avoir retardé le match, un fait rare au soccer. Les gardiens ont six secondes pour remettre le ballon en jeu. McLeod, qui se rappelle avoir été avisée par une juge de ligne de ne pas retarder le match, a reçu comme explication qu’elle avait conservé la balle 10 secondes.

Dans d’autres parties internationales, dans une situation semblable, l’arbitre aurait sûrement brandi un carton jaune pour avertir la gardienne. Dans ce cas-ci, Pedersen a octroyé aux Américaines un coup franc indirect, près de la zone de réparation.

Rapinoe a décoché un boulet qui a touché le bras de la joueuse canadienne Diana Matheson avant de dévier sur celui de Marie-Ève Nault.

Pedersen a appelé une faute de main. Certaines arbitres auraient pris en considération la vitesse du ballon et aurait clamé que les joueuses n’avaient pas touché à la balle avec leur main de façon volontaire. Nault n’a jamais eu le temps de réagir.

Mais Pedersen a plutôt décerné un tir de pénalité aux États-Unis et la prolifique Abby Wambach en a profité pour inscrit le 143e but de sa carrière, créant ainsi l’égalité.

Impact

Bien sûr que les décisions de Pedersen ont eu un impact sur le dénouement du match. Les choix faits par les officiels déterminent le déroulement de chaque rencontre.

C’est dans la nature même du sport.

Les Canadiennes sont fâchées et c’est compréhensible, en raison de la mise en application de quelques règles – avoir fait retarder le match, notamment – un peu inusitées.

L’affrontement de lundi sera l’un des plus mémorables à ce jour dans l’histoire du soccer féminin, et ce, pour plusieurs raisons.

Avec chance, l’une d’elles sera d’aller de l’avant et d’embaucher des arbitres dont les compétences sont au même niveau que le talent des joueuses sur le terrain.

La FIFA s’en mêle

La FIFA a confirmé qu’elle mène une enquête sur les déclarations de certaines joueuses de l’équipe canadienne au terme de leur défaite contre les États-Unis, lundi, aux Jeux de Londres.

Il est impossible de savoir si les résultats de cette enquête pourraient mener à des suspensions en vue du match pour la médaille de bronze contre l’équipe de France, qui aura lieu jeudi.

Quelques joueuses, dont la capitaine Christine Sinclair, y sont allées de déclarations incendiaires à propos du travail de l’arbitre norvégienne, Christiana Pedersen.

«On ne se sent pas comme si on avait perdu, a affirmé Sinclair, qui a marqué trois buts dans le match. On se sent comme on s’était fait enlever la victoire. C’est une honte que dans un match comme ça, l’arbitre ait décidé de l’issue du match avant qu’il ne soit commencé.»

Dans un communiqué, la FIFA a indiqué que son Comité disciplinaire analyse les incidents survenus à la fin du match.

«Des informations supplémentaires seront divulguées seulement après que le Comité aura pris possession de tous les éléments au dossier», peut-on y lire.

Cela laisse croire qu’il pourrait y avoir des sanctions. Une source chez Soccer Canada a cependant affirmé ne pas croire que des pénalités ou suspensions seront imposées à Sinclair ou à l’une de ses coéquipières pour leurs commentaires.

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