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Triathlon

Whitfield abandonne

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Photo REUTERS Simon Whitfield

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LONDRES – Il ne savait combien de points de suture il avait reçus. Il était trop occupé à regarder le dernier triathlon de sa carrière olympique sur un écran de télévision dans une tente médicale, au Hyde Park, pour compter.

Voilà une fin horriblement triste pour Simon Whitfield, double médaillé olympique, porte-drapeau canadien et bientôt athlète olympique retraité. Ceci a été son chant du cygne, qui ne devait certes pas se passer ainsi. Le triathlon s’est déroulé sans la présence d’un de ses anciens champions.

Le premier champion olympique de ce sport olympique a plutôt été un spectateur en douleur et un peu en colère.

«J’ai des ecchymoses à de drôles d’endroits», a indiqué Whitfield.

Pour dire la vérité, tout lui fait mal. Son gros orteil est envahi par les points de suture, dont le nombre reste un mystère, en plus de voir ses jambes et sa clavicule en bien mauvais état. Et que s’est-il passé exactement lors de sa dernière course olympique? Il ne pouvait pas vraiment le dire.

«Je ne sais vraiment pas, a affirmé Whitfield. J’ai (une bosse grosse comme) un oeuf d’oie derrière la tête.»

Mais il le savait. Il le savait en quelque sorte. Et c’est ce qui a fait cette journée si difficile, émotionnelle et dévastatrice pour lui. Il avait de besoin de la nage de sa vie pour amorcer ce triathlon pour rester dans la course. Et c’est ce que l’athlète de 37 ans a réussi. Il a ensuite enfourché son vélo avec la confiance que ce pourrait être sa journée, qu’il pourrait être dans le coup une dernière fois pour une médaille olympique.

Toutefois, tout cela n’a pas duré bien longtemps.

Il essayait de mettre ses pieds dans ses chaussures (attachées aux pédales du vélo), mais n’a pas vu la bosse mise en place pour réduire la vitesse. Il a ensuite perdu l’équilibre, accroché un rival pour s’effondrer sur le sol.

Il s’est relevé et a tenté de remonter sur son vélo.

«Je voulais continuer, mais mon vélo était en pièces et mes jambes et mon pied étaient en bien mauvais état, a-t-il souligné. J’étais dans la course. Tu t’entraînes pendant quatre ans pour ça et malheureusement, ça arrive.

«Je crois que c’est la loi de la moyenne. Éventuellement, tu auras à faire face à ce genre de performance. J’ai eu deux bonnes courses aux Olympiques, une passablement bonne et il y a eu cette course-là.»

Voilà la fin que personne ne veut.

Whitfield n’avait rien à prouver ici et n’avait pas à gagner une médaille pour faire partie des grands athlètes canadiens. Mais il voulait terminer à sa manière. Il voulait terminer cette course et voir jusqu’où son corps pouvait l’amener.

Plutôt, il a dû passer du temps avec le personnel médical, du temps avec sa femme, du temps avec sa famille, pour regrouper ses pensées. Il a porté les couleurs canadiennes fièrement durant tant d’années. Il s’est battu dans l’eau, sur le vélo et sur la piste de course.

Cette fin n’avait pas sa place. Aucun athlète ne pense à une telle catastrophe.

«C’était seulement une stupide bosse», a-t-il indiqué. Une stupide bosse qui a mis fin à sa carrière olympique.

Et sous les gradins, il a donné son premier câlin de sa nouvelle vie en tant que mari et père.

«J’ai eu une faiblesse lorsque j’ai vu ma femme, parce que je sais que Jennie contribue beaucoup à tout cela, a souligné Whitfield. Nous sommes une équipe et elle a fait beaucoup de sacrifices. C’était la partie la plus difficile.»

Sa femme l’a serré très fort contre elle et les deux ont versé une larme ou deux. «Mais tu peux toujours boire de la bière de ta main droite? lui a demandé sa femme.

«Nous avons bien ri.»

Il avait besoin de ce bon rire. Mais cela lui faisait seulement mal lorsqu’il respirait. Un mal qui ne disparaîtra pas de sitôt.

«Tu mets tout cœur dans cela», a-t-il commenté.

Et ce chapitre de sa vie, en tant qu’athlète canadien et ambassadeur souriant, méritait une meilleure fin que celle-là.

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