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François Legault : fédéraliste ?

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Quelque chose de très important vient d’arriver. Sans qu’on s’en aperçoive vraiment. La Coalition Avenir Québec de François Legault vient de se métamorphoser. En pleine campagne électorale. La chose est majeure...

Retour à l’automne 2010. François Legault fonde alors la CAQ, parce qu’il ne croit plus voir l’indépendance du Québec de son vivant. Il fallait désormais prendre la politique d’un autre côté. Par la gauche ou par la droite.

Legault croyait encore à l’idéal souverainiste. Mais le contexte ne s’y prêtait plus. C’était un point de vue compréhensible. Bien des souverainistes réalistes partageaient plus ou moins consciemment sa conviction.

Mais François Legault vient de dire toute autre chose. On lui demandait mercredi comment il voterait en cas de référendum. Sa réponse ? Il voterait Non ! Ah bon ? J’en tire la conclusion suivante : François Legault est devenu fédéraliste.

Opposition

Rappel élémentaire. Pour qu’un référendum ait lieu, le PQ doit être au pouvoir. Si le PQ tient un référendum, c’est parce qu’il se croit capable de le gagner. Cela voudrait donc dire que la souveraineté serait redevenue importante pour les Québécois.

François Legault, dans un tel scénario, serait assis sur les banquettes de l’opposition à l’Assemblée nationale. Nous dit-il que même dans un tel contexte, il voterait non ? C’est une chose de ne pas souhaiter de référendum. C’en est une autre d’y voter NON.

Je précise ma question : dans une éventuelle campagne référendaire, François Legault partagerait finalement la tribune avec Jean Charest, Justin Trudeau, Stéphane Dion et Stephen Harper plutôt qu’avec Pauline Marois, Bernard Landry, Jacques Parizeau, Gilles Duceppe et Gilles Vigneault ?

O.K., c’est noté. Est-ce que tous ses députés qui viennent du mouvement souverainiste feraient de même ? François Rebello ? Benoît Charette ? Daniel Ratthé ? Et tous les autres souverainistes qui croyaient pouvoir le suivre sans se renier ?

François Legault était un souverainiste désespéré. Comment est-il devenu un enthousiaste du fédéralisme ? Est-il d’un coup devenu un Canadien de cœur ? Ou croit-il le Québec si handicapé économiquement que l’indépendance lui ferait mal ?

À moins que François Legault fasse du zèle ? Il veut tellement récupérer le vote libéral qu’il en rajoute plus que le client en demande ? À moins que ses nouveaux amis venus d’Ottawa l’étouffent d’un amour unifolié ? Possible.

Replonger dans la joute

Mais l’essentiel est là : il y a quelques semaines encore, François Legault demandait aux nationalistes de mettre leurs convictions entre parenthèses pour dix ans. C’était le prix de la coalition. Hier, il leur a demandé de se rallier à un futur leader du camp du NON.

Règle de bonne conduite : ne pas s’essuyer les pieds sur ses convictions d’hier. Se garder une petite gêne quand vient le temps de se renier. La CAQ voulait sortir de la joute référendaire. Elle vient d’y replonger en criant Vive le Canada !

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