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Champagne: la date de dégorgement, une information importante

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Comme je l'avais dit dans ma chronique publiée dans CASA Québec, la semaine dernière, (CASA Montréal faisait relâche pour la dernière semaine, hier), je voulais vous parler de la mention de la date de dégorgement des bouteilles de champagne.

Une affaire qui devrait aller de soi, normalement, en 2012, non ? Eh bien non ! C’est Eric Asimov, du New York Times, qui rappelait la chose récemment.

Le dégorgement, c’est cette opération qui consiste à éliminer le dépôt accumulé dans le goulot des bouteilles de champagne, après les avoir remuées et mises sur pointe.

Pour se faire, le goulot est gelé, et sous la pression du gaz carbonique accumulée dans la bouteille, le glaçon qui contient le dépôt est expulsé, et on compense la quantité manquante par la fameuse liqueur d’expédition, un mélange de vin et de sucre dissous ; selon la quantité de sucre ajouté, le champagne sera brut, sec, demi-sec ou doux.

Or, comme le soulignait Asimov, il y a une énorme différence entre un champagne dégorgé, disons, en novembre 2010 et un autre (on parle ici du même champagne) dégorgé un an plus tard.

Dans les faits, il peut s’agir de deux champagnes complètement différents. Or, il est de pratique courante, en Champagne, de faire plusieurs dégorgements du même vin sur une période de temps plus ou moins longue (jusqu’à six fois dans une même année).

Or, si certaines maisons indiquent volontiers la date du dégorgement (Ayala, Bruno Paillard, Philipponnat le font, notamment, comme aussi Krug (via un code que l’on peut déchiffrer en allant sur le site internet de la maison (on aurait pu faire plus simple, quand même !), et Taittinger (qui l’indiquera à compter de l’an prochain). D’autres petites maisons le font également, mais de grandes maisons comme Moët et Chandon et Veuve Clicquot ne le font pas.

« Quand nous mettons nos cuvées sur le marché, cela signifie qu’elles rencontrent nos standards de qualité et que, dès lors, elles sont prêtes à être consommées. Aussi, nous ne voyons pas l’intérêt d’indiquer la date de dégorgement », disait pour sa part à Asimov le représentant de la maison Billecart-Salmon aux États-Unis.

Mais les choses risquent de changer. En effet, Antonio Galloni, qui fait la critique des champagnes pour Robert Parker, a laissé entendre cette année qu’il n’allait plus commenter les champagnes non millésimés quand la date de dégorgement n’est pas indiquée.

« Quand je donne une note à un champagne non millésimé, je veux être sûr que mes lecteurs achèteront le même vin.

«Sans la mention d’un millésime sur la bouteille, c’est la seule façon pour le consommateur de savoir si ce qu’il achète correspond à ce qu’il a lu».

Mais la Champagne, «la seule région dans le monde qui, régulièrement, fait fi de donner aux consommateurs l’information sur leurs produits, en particulier sur les vins non millésimés», pour reprendre les mots de M. Galloni, la Champagne, disais-je, est puissante et a les moyens de mener sa barque comme elle l’entend. À suivre, donc.