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La dette risque d'augmenter plus vite

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Photo Maxime Deland / Agence QMI De passage dans sa circonscription, à Sherbrooke, le premier ministre du Québec Jean Charest a annoncé différentes mesures en matière de jeunesse.

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Peu importe qui sera élu le 4 septembre, il est fort possible que la dette du Québec augmente à un rythme accéléré, en raison de coûteuses promesses faites par les trois partis ayant une chance de se faire élire, soutiennent des experts.

Pendant que la Coalition avenir Québec (CAQ) promet d'augmenter les salaires des professeurs et des omnipraticiens et de réduire les impôts pour les familles, le Parti québécois veut geler les tarifs des places en garderie à 7$, ce qui équivaut en pratique à une baisse de tarif.

La semaine dernière, les promesses de dépenses du Parti québécois atteignaient les 2,1 milliards $. Celles de la CAQ se chiffraient à 6,2 milliards $.

Plus modeste, le Parti libéral s'était déjà engagé à hauteur de 360 millions $.

Or, selon les projections budgétaires dévoilées lors du budget du Québec en mars, même en excluant toute nouvelle promesse de dépenses, la dette du Québec va augmenter dans les prochaines années.

En 2013, la dette bondira de 8 milliards $ additionnels, pour atteindre 55,3 % du PIB, ce qui confirme une tendance haussière continue observée depuis 2009.

La dette brute du Québec devrait passer de 157,6 milliards $ au début 2009 à 191,7 milliards $ en mars 2014, ce qui représente une augmentation de 14,2% sur trois ans.

Ce niveau d'endettement est de loin le plus élevé parmi toutes les provinces canadiennes.

Le service de la dette pèse d'ailleurs de plus en plus lourd dans les dépenses du gouvernement. En 2011-2012, Québec a dû verser 9,5 milliards $ au paiement des intérêts de la dette, une hausse de 6,2% par rapport à la même période l'année précédente. En 2012-2013, cette somme croîtra de 9,4 % à 10,3 milliards $, un niveau bien supérieur à la croissance moyenne des dépenses de l'État.

Hors de contrôle?

L'économiste Yves Saint-Maurice, du Mouvement Desjardins, soutient que le Québec a peu de marge de manœuvre pour maintenir la dette sous contrôle dans les prochaines années. « Si les taux d'intérêt se mettent à augmenter, le coût du service de la dette va croître rapidement », a-t-il dit.

À propos du plan de réduction progressif du ratio dette-PIB d'ici 2025, M. Saint-Maurice estime que de nombreux écueils pourraient le faire dérailler. «C'est possible de réduire l'endettement, mais il faut qu'on accepte de faire un effort», a-t-il souligné.

«Pendant des années, on s'est endetté pour payer l'épicerie», a-t-il mentionné.

Une loi sur le désendettement?

En entrevue, l'économiste à HEC Montréal Martin Coiteux soutient que les timides mesures préconisées par les trois partis pour réduire la dette ne suffiront pas à réduire le niveau d'endettement du Québec.

Le professeur souhaiterait que le Québec se dote d'une loi sur le désendettement, à l'instar de la loi sur le déficit zéro, pour limiter la tentation de piger dans le pot à bonbons.

«Je ne peux pas croire qu'après avoir réduit le déficit, nous ne sommes pas capables de nous attaquer à la dette», a-t-il ajouté.

 

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